J'avais passé plus d'une heure secoué dans ce qui ne semblait être autre chose que la remorque arrière d'un 4x4, la conduite franchement hasardeuse du pilote belottant mon corps d'un côté et de l'autre du véhicule. J'eus même cru que je passerai au-dessus du rebord et tomberais en dehors de ce 4x4, mais nos ravisseurs ne semblaient pas vouloir m'abandonner dans la neige si cela m'arrivait.
Je cherchais dans le noir complet le corps d'Amine, tâtonnant du bout des doigts le sol où j'étais à semi-allongé, effleurant d'abord le métal froid et la poussière avant de trouver la peau chaude de la main d'Amine. J'imaginais sa fièvre qui le rongeait davantage et son corps toujours autant secoué par les frissons. Je m'approchais doucement de lui, avant de caler ma tête sur mon épaule. Je sentais qu'il tremblait, à cause de la maladie, mais surtout, je savais qu'Amine avait peur. Même moi, je n'avais pas à trouver l'assurance face à cette situation qui nous tombait dessus.
— Hé, ça va aller, lui murmurai-je doucement.
— Pourquoi ils nous ont kidnappé ? On ne les connait même pas, trembla la voix grave d'Amine.
— Ne t'inquiète pas, je vais nous sortir de là, je te le jure Amine.
Je n'aimais pas faire une promesse dans être sûr de pouvoir la tenir. On était victimes d'une sorte de kidnapping par des ravisseurs inconnus, pour je ne sais quelle raison en plus. On roulait depuis des heures sous la neige et le froid polaire mordant, alors que l'homme que j'aimais était pris par une maladie ravageuse.
— Hé, ils vont arrêter de se coller les tapettes là, grogna une voix en face de moi.
— Ta gueule, répondit immédiatement en russe un autre homme. Laisse-les, tant qu'ils restent ensemble, ils ne posent pas de problèmes.
Un soupir se fit entendre. J'essayais d'analyser les voix et n'importe quel bruit qui me parvenant. Sans ma vision, c'était l'unique sens qui arrivait à me rassurer. Je ne savais pas si ces hommes savaient que je les comprenais.
— T'as pas envie de leur foutre un coup de plus quand tu les vois ? ajouta la voix du premier homme.
— On a fait la première partie de la mission, Tekhla se chargera d'eux maintenant. Puis, aies un peu pitié. Il y en a un qui est clairement mal en point.
— Hé, regarde l'autre. Son visage est tourné vers nous, tu crois qu'il nous comprend ?
— Abruti ! Fais-gaffe à ce que tu dis. Tekhla nous avait dit de nous méfier de lui. Maintenant, tais-toi, surveille-le même s'il ne peut pas partir, on en a encore pour quelques heures.
En comme il avait été dit, aucun autre mot ne fut prononcé. Je demeurais silencieux contre Amine, complètement déboussolé sans comprendre ce que je faisais ici. La situation était trop étrange, je me posais plein de questions, et la seule chose que je parvenais à faire d'autre, c'était rassurer Amine à voix basse.
Puis un bon moment après, la voiture s'arrêta complètement et le moteur se coupa. Mon corps se redressa, même si je grimaçais à cause de plusieurs courbatures dans les jambes et le dos, sans compter mes multiples hématomes qui se réveillaient à nouveau. Amine devait vraiment être encore plus mal.
Une main m'empoigna par les vêtements en me faisant glisser le long du sol du coffre ouvert, et me lâcha lorsque mon corps tomba d'un bon mètre vers le sol. J'atterris dans la neige en échappant un grognement de douleur, sous des rires gras qui résonnaient de toutes parts.
— Alors, c'est ça, notre champion ? demanda une voix.
— Le gabarit est correct, mais sa tronche... Il ne ferait pas de mal à un agneau.
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Alaska.
Science Fiction[Continuité du livre Arizona, gagnant d'un Wattys 2016] [Il est possible de lire ce livre sans avoir lu Arizona] • Série : Divided States of America. Code Pénal Russe, s'appliquant au Grand territoire de Russie et ses alliés : « Article 1 : t...
