Média : Laszlo.
Assis à côté du feu, je regardais cette femme inconnue qui me guettait tout autant. Elle avait enlevé ses épaisses couches de vêtements, et ajouté au fait qu'elle ne soit pas bien grande, elle paraissait aussi frêle qu'une brindille.
Maintenant qu'elle avait le visage découvert, je le découvrais très fin et marqué de plusieurs cicatrices ainsi qu'une grande fatigue. Elle avait un très joli visage sinon, et je devinais qu'elle devait être encore plus belle avant, quand son destin de prisonnière ne lui avait pas laissé quelques séquelles physiques.
Elle semblait un peu plus âgée que moi ou que l'autre inconnu, elle devait facilement avoir plus de trente ans. Mais ces prunelles noires qui me dévisageaient avec haine me faisait comprendre que malgré tout, elle n'aurait aucune pitié pour étrangler un petit jeune de vingt-sept ans.
J'entendais quelques éclats de rires amusés provenant de la salle de bain. L'homme inconnu, qu'il avait été compliqué d'amener jusqu'ici en le portant sous chaque épaule, semblait redécouvrir la sensation de prendre une douche tiède. Cela me faisait esquisser un sourire. J'aimais la vie qui commençait à s'imprégner dans ce foyer, ou du moins de la part de l'homme.
La femme à la peau chocolat fixait la tête d'élan accrochée au mur, unique compagnie de mes deux premières semaines. J'espérais au fond de moi qu'elle ne voulait pas me réserver le même sort. Bon après tout, je lui offrais un toit, elle était allée se doucher avant son compagnon, et même si elle n'était pas aussi démonstrative de sa joie, je devinais que cela lui faisait un minimum plaisir. Surtout que grâce à moi, je leur évitais de dormir dans le grand froid, et à apprécier la douce chaleur d'un foyer.
Je me levais, provoquant un mouvement de recul de la femme, qui continua à me lorgner jusqu'à ce que j'atteigne la cuisine. Je sortis un plat afin de faire cuire un peu de viande pour mes hôtes, toujours en ligne de mire de l'inconnue. Ses prunelles sombres lui donnaient une impression de force, tout le contraire que son corps ne pouvait transmettre.
Tandis que je posais le plat sur le feu tant en guettant de ne rien faire cramer, la porte de la salle de bain s'ouvrit, et je me tournais.
Mon attention se détourna complètement du dîner de ce soir, pour me focaliser sur l'inconnu, seulement habillé de son boxer devant mes yeux. Et là, je devais avouer que ce gars savait parfaitement me perturber l'esprit, et pourtant, le pire était qu'il ne semblait pas y faire attention. Tout semblait anodin dans son geste, quasi-normal, comme peut-être dans sa vie autrefois.
Et pourtant, son torse bronzé sublimement dessiné par des muscles abdominaux ne semblait pas trahir le fait d'un pauvre prisonnier qui était perdu et affamé depuis quelques temps dans la neige. Je me rendais compte que je trouvais cet homme divinement attirant.
Et quand il posa un instant ses prunelles claires sur ma silhouette, un frisson entier me parcourut jusqu'à l'échine, avec un pincement qui semblait emprisonner mon cœur. Ce fut deux autres prunelles sombres sur moi qui me refroidirent instantanément.
« Laszlo, arrête. Cette femme ne semble pas apprécier que tu trouves son compagnon attirant ».
Je me disais juste qu'elle semblait trop opposée au niveau du caractère pour être avec lui, mais finalement, l'amour avait ses raisons que le cerveau ignorait. J'étais bien placé pour le savoir. Des cerveaux d'une nation entière ne comprenaient pas que mon cœur batte seulement pour les lèvres d'un autre homme.
Si je voulais que ces deux inconnus restent pour rendre la survie plus facile et chasser ma solitude, je comprenais que j'avais intérêt à me tenir loin de cet homme, à mon grand regret, pour le laisser à sa femme.
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Alaska.
Science Fiction[Continuité du livre Arizona, gagnant d'un Wattys 2016] [Il est possible de lire ce livre sans avoir lu Arizona] • Série : Divided States of America. Code Pénal Russe, s'appliquant au Grand territoire de Russie et ses alliés : « Article 1 : t...
