Le con.
Il m'évite, le con.
Je ne peux pas le prouver, bien évidemment, peut-être que je suis juste parano, mais on est revenu au point mort, celui de l'indifférence. Pas totale, mais quand même pesant comme pas possible.
Comme je ne suis pas du genre à prendre les devants et m'enquérir de la situation, j'ai laissé les choses telles quelles.
De la lâcheté ? Je préfère ne pas y penser.
L'hiver approche, et avec lui, l'imminence de la fête commerciale que je hais le plus au monde : Noël.
Je ne sais pas dans quel projet je vais encore me retrouver coincé mais il est hors de question que je passe ce jour à faire le mariole en agitant des stupides cadeaux comme prétexte. J'ai dit que j'allais faire des efforts, oui, mais ça ne veut pas dire que j'ai changé au point d'être devenu le parfait petit bourgeois de L.A.
Une autre semaine s'écoule pendant laquelle ma vie ne change pas d'un pouce, toujours plus grise et insignifiante que d'habitude.
-Des projets pour les vacances ? me demande Aave à la pause déjeuner où je décide enfin de les rejoindre, lui et le reste de son équipe.
-Non, je reste à Los Angeles. Je n'ai pas les moyens de me casser aux Bahamas, je réponds en mangeant mes lasagnes.
-Qui va aux Bahamas en plein mois d'octobre ? se moque Asher, le frère d'Aave.
-Les gosses de riches, j'imagine, lui répond ce dernier.
-Mais ton père est friqué, non ? C'est le proviseur.
Je hausse les épaules.
-Martin Goldshard n'est pas vraiment mon père, dis-je avec froideur. Et je suis émancipé depuis un bail.
-Ah oui, t'es en coloc' avec ton pote Grayson.
-Grayer.
-Ouais, ouais. Mais plus de cinq ans de cohabitation avec le même mec, c'est chaud, affirme Asher. Deviens pas gay, mec.
-Ta gueule, Asher, fais-je en le poussant du coude.
Mais il éclate quand même de rire, très content de sa blague.
-Du calme, il rigole. On sait très bien que côté fille, t'es bien fourni, Goldshard, intervient Aave.
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Ah bon ? Même...Cressida Holmes...
Oh, je savais que ça finirait par m'exploser à la figure. Ce n'est pas comme si les nouvelles ne circulaient pas à toute vitesse.
-On est potes.
-Sex-friends ?
-Quelquefois, on s'amuse, avoué-je.
Je n'avais pas spécialement envie de parler de ça, mais les deux frères ne lâchent pas facilement l'affaire.
-Et c'est un bon coup ?
Malgré moi, je réfléchis à la question. Je ne dis pas qu'elle n'assure pas au lit, mais au-delà de l'attraction qu'elle me procure, je ne sens pas une super alchimie entre nous, comme presque avec la totalité des filles avec lesquelles j'ai sauté le pas.
Il y'a de quoi se poser des questions.
Suis-je incapable de ressentir quelque chose ?
-Pas mal, je réponds.
-Regardez ce petit con évaluer les performances de sa copine, soupire Aave en faisant un clin d'œil complice à son frangin. On ne peut pas faire plus macho.
-C'est pas ma copine, idiot. Et pourquoi on ne parle que de moi ? Et toi, Aave, tu n'as pas d'anecdotes intéressantes à servir sur ta carrière de Don Juan ? le poussé-je.
Aave sourit malicieusement avant de reprendre la parole.
-Contrairement à ce que tu sembles penser, les sportifs ne sont pas tous des baiseurs insouciants.
-Ah, donc, tu es amoureux ?
-Étais.
-Ah.
Je dois avouer que je ne m'y attendais pas du tout. Aave est toujours du genre à plaisanter et ne jamais rien prendre au sérieux. Qu'il ait pu regretter une de ses relations m'intrigue. Qu'il ait pu avoir un chagrin d'amour m'intrigue. Et me fait de la peine. Je ne pensais pas qu'il aurait pu avoir un passé de ce genre. Alors je stoppe immédiatement mes sarcasmes.
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Mortal Venom
Teen FictionIl ne peut pas s'empêcher de faire du mal aux gens qui l'aiment le plus. Y compris ceux à qui il tient le plus. Sa famille, ses amis, et même la seule personne au monde pour qui il a des sentiments. Il agit toujours comme un poison, un poison mortel...
