Chapitre 15. Alex

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Mercredi.   

Evidemment, l'ambiance à la maison est redevenue chaotique. Ça c'est même carrément empiré. Au lieu de faire comme si l'autre n'existait tout bonnement pas et ne pas s'adresser un mot, Julia et moi nous en jetons des tonnes à la figure à longueur de journée sous les mines effarées et décomposées des autres habitants, impuissants.  

Maxime m'a menacé de me coller une bonne raclée. Zoé m'a fait une leçon de moral d'une plombe. Caroline a essayé de me parler calmement pour trouver le fond du problème, visiblement pas mise au courant par son emmerdeuse de copine. Tandis qu'Elyott me lance simplement des regards las en secouant à chaque fois la tête, sans se prononcer.  

Mais il n'y à rien à faire, on est constamment à deux doigts de s'entretuer dès qu'on se trouve dans la même pièce. Autant dire que les repas sont devenus les moments les plus craints par tout le monde, ça vire à l'apocalypse. Entre insultes qui fusent, regards assassins, remarques cinglantes, et même cuillères et nourritures qui volent, s'en est presque ridicule.  

-Qu'est-ce que t'as le demeuré ? Tu veux ma photo ? 

Julia me fusille de ses pupilles azur quand elle regagne la maison par la véranda après une baignade, depuis laquelle j'épiais vaguement la mer avachis sur un canapé. Le canapé. 

-J'avais prié pour que tu te noies, quelle tragédie de constater que mes prières n'ont pas été entendu, rétorquais-je dans un sourire hypocrite. 

-Moi j'avais prié pour que tu t'étouffes dans ta bile en déblatérant un trop plein de conneries. Il faut croire que Dieu ne souhaite pas prendre part à cette bataille, me renvoie-elle tout aussi sèchement. 

-Je vais quand même continuer d'espérer. 

-Connard. 

-Salope. 

Elle fulmine sur place, le visage fermé et tiraillé par une colère jaillissante qui me fait sourire narquoisement.

-Douloureux ? me moquais-je. 

Je me relève d'un bond quand elle s'avance d'un pas pressé vers moi. 

-Qu'est-ce que tu vas faire Cruella, m'en coller une autre ?

-Ce n'est pas l'envie qui me manque. 

-Alors ne te gênes pas, mais ne vient pas te plaindre des conséquences. Si tu crois que je vais me laisser faire encore une fois, tu rêves. 

Sa poitrine se soulève lourdement, me faisant déraper dessus malgré moi. 

Ce serait plus facile si elle ne portait pas un maillot de bain minuscule, et que je n'avais pas perpétuellement des flashs de ma langue sur ses seins. 

-On dirait que les salopes t'attirent, me prend-elle malencontreusement sur le fait, ravie de pouvoir s'en servir contre moi. Quelques regrets de ne pas avoir saisi la seule occasion que t'avais de me sauter ? 

Son rictus mauvais s'étire quand ma mâchoire se crispe. J'essaie de feindre l'indifférence, et de masquer le trouble qui vient subitement m'habiter quand de nouvelles images repassent en boucle dans ma tête. Comme à chaque foutues secondes qui passent, à mon grand désarroi. 

-Je regrette seulement d'en avoir eu envie, mentis-je pour sauver ma peau. Heureusement, l'envie s'est envolée aussi vite que les onze secondes qu'à tenu l'un des nombreux pauvres types que tu t'es envoyé.

Bizarrement, elle sourit sans aucune fausseté. Elle s'approche dangereusement de mes lèvres alors que je déglutis, puis elle bifurque contre mon oreille en posant ses mains sur mon torse dénudé. Malgré toute ma volonté, je sens ma peau en impacter d'un frisson chaud. 

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