Samedi. (Un mois plus tard)
Comme je n'arrive plus à m'arrêter de le faire chaque jour, je contemple mon ventre toujours aussi plat qu'il y a un mois dans le miroir en pied de mon armoire qu'on a enfin ramener de Port-Avenue avec le reste de mes affaires. Et quand je dis « on », je veux dire Axel et Maxime, puisque j'ai préféré ne pas participer à ce déménagement, certaine que faire mes adieux définitifs à la ville qui m'a accueilli quand je n'avais rien et dans laquelle mon père a vécu jusqu'à son départ m'aurait été pénible. Même si je ne regrette et regretterai très probablement jamais ma décision.
-T'es prête mon ange ? me rejoint Axel en jouant avec le trousseau de clé.
J'abaisse mon top blanc quand son regard croise le mien dans le reflet de la glace.
-Tu sais que ce n'est pas parce que tu l'admires à tout bout de champs qu'il va pousser plus vite ? me charrie-t-il en venant m'enlacer, posant ses mains sur mon ventre. C'est bizarre de dire ça, mais j'ai super hâte de te voir gonfler comme un ballon de baudruche chérie.
Je pouffe face à son sourire niaiseux en calant ma tête contre son épaule, glissant mes doigts entre les siens sans me détacher de l'image qu'on renvoie.
Je ne me suis jamais vue, ni sentie d'ailleurs, aussi heureuse que ces dernières semaines. Je me sens tout bonnement sereine, confiante. Et ça, entièrement, pour la première fois de ma vie. Même mes appréhensions sur cette grossesse et mes craintes sur la maternité me semblent plus faciles à gérer. Du moins, y penser ne me fait plus rentrer dans une crise de panique ou d'hystérie ingérable comme au début. Sûrement grâce à Zoé qui, étant déjà passée par là et me comprenant mieux que quiconque en ce moment, se montre d'un soutien sans faille et extrêmement rassurante quand mes doutes ressurgissent
-Je sais que ça t'angoisse, mais c'est l'heure d'y aller mon cœur, reprend tendrement Axel, gâchant toute la plénitude de l'instant.
Je rechigne comme une gamine tandis qu'il ricane sarcastiquement en récupérant mon gilet sur le bord du lit, me le plante sur les épaules malgré les températures toujours aussi étouffantes, puis claque des doigts avant de désigner la sortie de la chambre quand je secoue négativement la tête.
-Allez Lia, insiste-t-il en penchant doucement la tête. Mes parents vont t'adorer, je te l'ai répété mille fois. Ça fait un mois qu'on reporte le moment où on va devoir le leur annoncer, on ne peut plus repousser.
-Ils vont nous en vouloir à mort de ne pas le leur avoir dit plus tôt.
-La faute à qui ? riposte-t-il en plissant les yeux vers moi. Si ça tenait qu'à moi, on l'aurait fait depuis des semaines, c'est toi qui décale perpétuellement ce dîner en prétextant des excuses bidons.
-Des excuses bidons ? Je te rappelle que tu m'as mise en cloque le demeuré, ce qui implique des nausées qui sont parfaitement acceptables comme excuse !
Même si j'avoue qu'il m'ait honteusement arrivé de faire semblant d'être malade pour annuler. Une fois ou deux, seulement.
-D'accord, d'accord, me concède-t-il en plaçant ses paumes entre nous, m'intimant de ne pas entamer une dispute avant une soirée qui va probablement être déjà assez mouvementée comme ça. Peu importe, maintenant, il est plus que temps de leur dire alors enfile tes chaussures qu'on puisse décoller. La dernière chose dont on a besoin, c'est bien de faire une première mauvaise impression en arrivant en retard. Alors compte jusqu'à cinq, respire un bon coup et détend-toi un peu, ok ? Tout va très bien se passer, je te le promet.
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Holidays
RomanceIls méritaient bien quelques jours de vacances. Elle venait de perdre son travail. Il venait de se faire larguer par celle avec qui il s'imaginait faire sa vie. Quoi de mieux qu'une maison en bord de mer pour se remonter le moral ? Ce qu'ils igno...
