Chapitre 39. Axel

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Mercredi.

J'émerge mollement de mon sommeil en sentant de l'agitation autour de moi. J'accuse d'abord mon réveil en tâtant ma table de nuit pour l'éteindre, mais je réalise rapidement que ce sont finalement des claquements répétitifs de portes d'armoires et de tiroirs qui s'ouvrent et se referment qui en sont la cause.

-Lia ? marmonnais-je, aveuglé par la lumière de la lampe de chevet.

Mon corps coopère moyennement quand je me redresse, ankylosé par un manque de sommeil évident. Je protège ma vue pour distinguer ce qu'il se passe autour de moi, soit un foutoir sans nom.

La quasi-totalité de notre armoire est éparpillée entre le sol de notre chambre et le pied de notre lit.

-Je peux savoir ce que tu fais ? lui demandais-je en jetant un coup d'œil à mon radio-réveil. Il est quatre heure du matin Julia, tu crois vraiment que c'est l'heure pour réorganiser la penderie ?

Sans me donner de réponse, le visage inexpressif et pleinement concentré par sa tâche, elle entasse des jeans sur son avant-bras avant de les jeter au sol.

-Allo ? insistais-je, perplexe. T'entends ce que je te dis ? On est au beau milieu de la nuit Lia, à quoi tu joues ?

Toujours sans le moindre intérêt pour moi, elle s'affaire maintenant à plier soigneusement deux chemisiers avant de les envoyer voler par terre à leur tour.

Encore qu'à moitié réveillé, je cherche une logique à son raisonnement. Plier pour déplier ?

Mes souvenirs remontent doucement à la surface à mesure que j'émerge, me rappelant le come-back inespéré et surtout très certainement bouleversant pour elle de sa mère.

J'imagine que faire du tri et du rangement doit être une nouvelle façon d'extériorise sa colère, ou un défouloir pour réussir à la canaliser. Ou tout simplement pour ne plus y penser. Bien que ça m'étonnerait que ce soit aussi facile dans sa tête. A mon avis, c'est encore un plus gros bordel que celui qu'elle a foutu dans notre piaule là-dedans.

-Reviens te mettre au lit chérie...

Je me redresse pour lui tendre les bras, déterminé à la réconforter autant qu'elle en aura besoin, mais déchante à l'instant où je réalise que ce n'est pas sur notre parquet mais dans une valise que finissent la trajectoire de, non pas, nos, mais ses vêtements.

-Qu'est-ce que tu fais ? lui redemandais-je bêtement malgré que ce soit maintenant évident. Où est-ce que tu vas ?

-Chez Caro.

-Quoi ?

-Chez Caro, répète-t-elle calmement en prenant ma stupéfaction pour une simple incompréhension.

-Certainement pas ! m'emportais-je aussitôt, contrarié qu'elle ait prit une décision pareille sans me concerter et surtout, traîtreusement, pendant que je dorme. Tu te fiches de moi j'espère ?

Elle relâche un tee-shirt dans un long soupir exaspéré, me faisant halluciner.

-Alors quoi, t'allais juste faire ta valise et te tirer en pleine nuit sans me prévenir ?

-Mais non, pas du tout, souffle-t-elle en récupérant son tee-shirt pour l'envoyer dans son bagage. J'allais te prévenir.

-Une fois ta décision déjà prise et prête à t'enfuir ? Je suis qui pour toi putain ?

Comme si j'en faisais des tonnes pour pas grand-chose, elle roule des yeux et secoue blasement la tête avant de tranquillement poursuivre son tri.

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