Chapitre 8. Julia

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Mercredi.

Ça devient plus que ridicule. Depuis deux jours, Axel et moi nous évitons le plus qu'il nous est possible de le faire en vivant dans la même maison. On en est arrivés au stade où on baisse la tête quand on se croise au détour d'une pièce, et où on détourne brusquement le regard quand on capte involontairement celui de l'autre.

Je passe mes journées à lire ou bronzer exclusivement dans le jardin, évitant précautionnèrent la plage quand je sais qu'Axel y est avec Louise. En plus d'éviter toutes les activités de groupe ou les tentatives désespérées de Zoé, quand elle me demande si je veux l'accompagner en ville faire des emplettes dans le seul but de me passer au crible. Ainsi que les essaies ratés de Caroline à discuter avec moi. Je lui répète constamment qu'il n'y a rien à en dire et que tout va bien. Mais elle comme moi, on sait que c'est un mensonge.

Le comportement égoïste d'Axel ruine les premières vacances que je m'autorise depuis six ans, et sûrement les dernières avant un bon bout de temps. Alors non, tout ne va pas bien.

-Il faut que vous parliez, me surprend Elyott, alors que j'observais la plage depuis la terrasse.

-Quoi ?

-Toi et Axel.

Je soupire un grognement en m'allongeant plus confortablement sur mon transat, puis ferme les yeux en espérant qu'il comprenne que ça veut dire que le sujet est clos. Mais apparemment non, puisqu'il poursuit :

-Je ne veux pas m'immiscer dans vos histoires, ça ne regarde que vous. Mais ça commence sérieusement à impacter sur l'ambiance générale et ça, c'est pas cool.

Je sais qu'il a raison, et ça m'attriste tout autant que ça a l'air d'être le cas de tout le monde. Ils se figent tous en statues de cire muettes dès qu'Axel et moi sommes réunis, ce qui n'arrive plus que pendant les repas, et paraissent beaucoup moins enthousiastes que la première semaine à cause du climat tendu qu'on leur impose.

Je réalise subitement qu'il n'y pas seulement que mes vacances qui sont en jeu, mais les leurs aussi. Et je refuse de laisser ça arriver par notre faute.

Enfin, la sienne en l'occurrence. Mais visiblement, il n'a pas l'air d'être entrain à faire le premier pas pour arranger les choses alors je vais devoir m'y coller.

-Ça va, j'ai compris, je vais voir ce que je peux faire, concédais-je mollement en me relevant. Il est où cet imbécile ?

-Salle de jeux, me sourit pleinement Ely, fier de m'avoir convaincu.

Je roule des yeux avant de monter à l'étage, non sans voir le sourire en coin de Caroline depuis la cuisine, qui est très probablement à l'origine de la réclamation de son petit-ami. Même si en soi, il n'était probablement autre que le porte-parole de l'assemblée.

J'inspire profondément devant la porte de la salle de jeux, hésitant une seconde à faire machine arrière en me rappelant que c'est bien Axel, et non moi, qui ait décidé de jouer avec les sentiments de l'autre pour combler un vide. Puis entre finalement au nom de la paix collective.

Il est assit par terre, adossé contre le mur sous la fenêtre, jouant avec les cheveux de sa nièce qui dessine paisiblement, installée entre ses jambes.

-Lia ! s'écrie-t-elle gaiement. Tu veux faire un dessin avec moi ? J'ai fait un chien avec des ailes, regardes !

Je croise les pupilles sombres d'Axel, qui me sondent sans dire un mot, ayant l'air de comprendre que c'est l'heure de passer aux explications.

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