Debhra
Pour la énième fois, effarée je recomposai son numéro de téléphone, mais rien. Ça tombait sur sa messagerie. J'envoyai valser mon portable en y mettant toute l'angoisse qui m'accompagnait depuis que j'avais aperçu sa disparution... Mes cents pas ne me servaient à rien, mes maux de tête lapidaient ma matière grise incapable de fonctionner correctement ! J'avais sillonner tout le quartier avec Joshua le gardien en pensant que peut être il s'était perdu, j'avais appelé à Sory, Sudra et même Valérie mais rien.. Serait-il retourné dans la cité? M'aurait-il désobéi ?
Paniquée, je me remis à faire les cents pas. Stephan avait un fort caractère, fallait toujours qu'il fasse ce qui lui plait pour après découvrir qu'il avait tort. Je m'efforçai de garder mon sang froid alors qu'au fond je me répétais si jamais, il lui arrivait malheur, jamais je ne me le pardonnerai. Je vérifiai l'heure, il avançait vers les une heure du matin. Le gérant essayait tant bien que mal de calmer la pression qui obstruait mes poumons ; je me sentais incapable de respirer et encore moins d'expirer...
Son train de vie n'était plus le même, ne le voyait-il pas ? Il n'était pas assurer en allant dans ce trou de la perdition et si jamais il se faisait lapider ? Après tout c'était mon fils, j'avais perdu mon premier, je ne laisserai pas la même erreur arrivé, déjà que cette fois c'était la rue le violeur.bD'un bond je me levai et composai le numéro de Sebastian qui avait été le meilleur ami de mon fils dans son vivant... Il ne décrocha que sur la énième sonnerie d'une voix endormie...
- Allô..
Je ne pus dissimuler la panique présent dans ma voix .
- Sebastian je suis désolé de te déranger à une heure aussi tardive mais... J'ai besoin de toi...
Comme moi à son égard, Sebastian à toujours eu une affection sans borne pour moi. Il me considérait comme un membre à part entière de sa famille. Après moi, c'est lui qui avait le plus souffert du décès de mon Ludovic qu'il considérait comme son petit frère. Il me répondit d'un ton inquiétant..
- Debhra qu'est ce qui se passe ?
Je m'affolai légèrement..
- C'est le petit... c'est Stephan, Sebas. Il est parti... je crois qu'il est retourné dans la cité...et j'ai la mauvaise impression qu'il lui est arrivé quelque chose de grave...je le sens, j'angoisse ! je l'appel, je l'écris il ne répond pas...je ..j'ai peur Sebastian..
- Calme toi... j'arrive... Dit-il d'une voix plus éveillé.
Quelques attentes plus tard, les feux de sa voiture pénetrèrent dans ma résidence. Il me rejoignit des secondes après au salon où les doigts tremblants, je ne savais même plus comment réagir. Je l'expliquai toute l'histoire depuis notre dispute au Zest. Il fit de son mieux pour me calmer..
- T'inquiètes Debhra...on va le retrouver..
- Seba je suis vraiment désolé de te déranger..je sais que..
- Je sais que, tu sais que venant de toi rien ne me derange ! d'accord? Allons récupérer ton fils !!
Par prudence, nous nous accompagnames de Joshua qui n'avait pas non plus hésité à insister de venir. Avec Sebastian au volant, on roula jusqu'à la cité d'où il venait. L'heure était tardive et nous étions exposés à n'importe quelle attaque ! Peut être que je devrais attendre demain pour le récupérer pensais-je à haute voix. Sebas rétorqua..
- Non ..on a bien fait de venir ce soir...si il y sort... il verra la voiture..
- Rien ne me dit qu'il est ici ! Répétai-je inquiète.
- Ou voudrais-tu qu'il soit d'autre ?
Il se gara sur un trottoir près d'un piteux motel, puis décida de s'y aventurer de plus près. Mais changea d'idée lorsqu'on entendit les bruits de cartouches à répétitions qui nous foutus à tous, la chair de poule..
Mon rythme cardiaque s'accéléra et mes membres étaient devenus fébriles... Il n'y avait pas de doute ; il était pris au piège à l'intérieur. De là où on était, les cris agonisants et angoissants fendaient la tiédeur du soir. La peur me défigurait le visage ; j'ignorais quel saint implorer... déjà sur mes joues, mes fleuves de larmes coulaient...
- Oh mon Dieu. Soupirai-je
- Apparemment, les grosses têtes du cartel sont en guerre. Argumenta Sebastian
- Madam pito nou rantre..piti a abitye... demen maten wap wè lap tounen. Commenta Joshua lui même apeuré. [ Madame le petit est habitué à ce genre de chose, mieux vaut partir, demain matin vous verrez qu'il reviendra]
- Il est hors de question qu'on retourne à la maison sans lui ! Je ne vais pas rester sans rien faire en le laissant crever à cause de la haine de ces cœurs de pierres...Oh mon Dieu...
- Je te comprend Debhra mais faut garder ton calme. Pour l'instant on ne peut rien y faire... passer au poste de police est une perte de temps... mais on va stationner et attendre calmement. Dit Sebas.
- Gen yon ti komisarya pi wo motel lan..an al rete bó kotel o mwen ..la nap pi an sekirite.. Proposa Joshua. [Et bien il y'a un commissariat près du motel, garons nous là-bas]
Sebastian s'exécuta rapidement. Il se gara près du petit poste de police ; en échangeant quelques mots avec les trois inspecteurs présents..
- Zòn nan pa bon non...gen gwo altèkasyon nan blok yo...pito nou rete la. Expliqua l'un d'entre eux posément. [ La zone n'est pas calme ce soir, il y'a des altercations entre les grands des groupes de gangs, mieux vaut rester ici en attendant !]
Bien évidemment je dû leur amadouai avec quelques billets de milles gourdes, ce qui nous permit de stationner en "sécurité" si on pouvait l'appeler ainsi, car ça se voyait qu'à n'importe quel dérapage, ils déguerpiraient sans demander leur reste.
Sebastian interrompit le contact puis se retourna vers moi...
- Nous allons rester ici... et de temps à autre, on va essayer de l'appeler..
- Mais c'est que je fais depuis tout à l'heure ... il ne répond pas... Tu crois qu'il serait...
- Garde l'esprit positif... Tu as dis que les appels ont été rejetés. Il s'était disputé avec toi... peut-être qu'il t'en veux toujours et il ne s'est pas décidé à te répondre.
Les lèvres fébriles et le cœur affolé j'essayai de baculerde nouveau son numéro vers appels. À peine que je raccrochai à la énième sonnerie auquel il ne répondit pas, mon téléphone sonna, je décrochai épouvantée. La voix de Stephan à l'autre bout du fil me permit de relâcher toute une bouffée de ma pression accumulée...
- Stephan...t'es où... Articulai-je le coeur à bout de palpitations.
- Je..j...
D'un coup, le bruit d'une cartouche raisonna à l'autre bout du combiné. Je restai figé face à Sebastian, à Joshua et à moi même...Je n'entendais et ne voyais plus rien...le long de mes joues se mirent à couler des larmes..
Sebastian reprit mon téléphone en le portant à son oreil..
- ...Stephan ??
Le long silence qui s'en suit me fit comprendre la suite... Oui c'était à ce point que la réalité était fade et sans saveur...
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.Ti Varye.
General Fiction-Je t'........ Putain !!!!!! Lorsque j'ouvris les yeux j'étais encore là....
