People Help the People - Birdy
Les ronces et la brume ont laissé place à la faim. Vide tiraillant son estomac.
Il cligne des yeux plusieurs fois, s'éveillant de sa torpeur. Dans sa main, des restes de son voyage. Il jette son joint consumé dans la corbeille, avant d'observer sa chambre.
Les détails ne sont pas encore bien nets. À son chevet, la lampe est toujours allumée. Il l'éteint. Économies d'énergie, pour protéger la planète qu'il aime tant – celle sur laquelle vit la belle rose. Derrière lui, la fenêtre est toujours ouverte.
L'air est lourd. Odeur d'étoiles, et de rêves abîmés. Noirceur.
Péniblement, il se lève. Ses jambes sont en coton, mais parviennent à le maintenir debout. Un pantin fragile, prêt à s'écrouler à tout instant. Sa main s'agrippe à sa chaise, au bureau, aux murs qu'il ne voit pas.
Une porte.
Il l'ouvre,
Couloir noir.
À tâtons, il avance le long des murs, jusqu'aux escaliers. Il descend lentement les marches, les deux mains agrippées à la rampe. En bas, le salon est vide. Les autres dorment. Il ignore l'heure qu'il est – tard, sans doute.
Il cherche l'interrupteur. Lumière.
L'éclat de l'ampoule agresse sa rétine. Soleil électrique.
Il avance jusqu'à la table du salon, somnolent. Son regard fatigué parcourt les restes de la veille. Son ventre crie famine. Quelques rouleaux de printemps sont encore intacts. Il s'empresse d'en manger un, affamé. Ravissement des papilles. Il en mange un deuxième, puis un troisième.
Il n'a plus faim. La fraîcheur des légumes l'a apaisé.
Son attention se porte sur les bouteilles vides. Soif.
Alors il s'éloigne vers la cuisine, se rue sur l'évier, et ouvre le robinet. Ses bras s'appuient sur le rebord, et il se penche, buvant autant d'eau qu'il le peut.
Fraîcheur salvatrice.
Il pourrait se noyer dans ce ruisseau qui coule sur sa bouche,
Dans sa gorge sèche,
Dans sa nuque,
Et ses épaules si frêles.
Baiser de l'onde.
Ses mains traversent le filet transparent, cascade qui s'écoule le long de ses doigts. Ses paumes récoltent l'eau claire, créant un lac artificiel sur sa peau. S'il éclairait la pièce, il pourrait presque se voir dans la surface transparente.
Le temps se suspend,
Douce contemplation.
Et puis des pas,
Une silhouette
Qui ne comprend pas.
"Mais tu fous quoi, bordel..?"
Son créateur est réveillé. Insomnie, comme tous les soirs. La vision du rêveur est encore trouble, mais il distingue les cernes creusant son visage. Fatigue.
Dans ses mains, l'eau continue de ruisseler.
Source de vie qui coule sur sa peau,
Celle qui garde la belle rose pleine d'éclat.
Mathieu détaille son visage trempé, les gouttes coulant dans son cou, sur son tee-shirt beige.
"Pourquoi tu..."
Soupir.
Il coupe l'eau du robinet, et emmène le prince des étoiles dans le salon. Avec douceur, il le fait s'installer dans le canapé. Sa main attrape quelques serviettes en papier, odeur de nems. Il essuie son visage, prenant garde à ne pas le brusquer.
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𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 é𝐭𝐨𝐢𝐥𝐞𝐬 - 𝐒𝐋𝐆
FanfictionLe prince des étoiles sourit - pourquoi ne le ferait-il pas ? C'est ce qu'on attend de lui : être la figure lumineuse, l'âme bienveillante. Le prince des étoiles ne réfléchit pas assez pour pouvoir souffrir. Le prince des étoiles a envie d'hurler.
