PARTIE 2

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Avant de lire ce qui va suivre, vous devez avoir lu les 4 premiers chapitres de ''Ma''. Sinon vous ne comprendrez pas grand chose. Ce sont deux livres différents pour des personnes totalement différentes, aux ressentis opposés.

Bien. Commençons.

































Je suis dehors, entourée de gens, normaux. Je me fonds dans la masse et me dirige vers le centre-ville. Ce qu'il m'a fait m'a ouvert les yeux. J'aurais dû faire ça depuis des mois. Je marche avec précaution. Je ne sais pas s'il a des gardes du corps mais j'en doute.

Je serre les quelques billets qui me restent dans ma main, hèle un taxi avant de monter. Je lui donne mon ancienne adresse et lisse mon pantalon quand la voiture commence à rouler. Une angoisse sourde m'etreint le cœur. L'éclair de lucidité qui m'a poussée à partir est entrain de s'éteindre. Je commence à avoir envie de retourner dans ses bras. Je commence à avoir envie de retourner dans cette maison avec lui. Pour être près de lui, sentir son odeur épicé, ce regard gourmand, cette étincelle qui ne s'allume que pour moi. J'ai l'impression que là maintenant il est là, il me regarde. J'ai l'impression que où que j'aille, il sera là, il me ramènera avec lui. Je secoue la tête.

Non.

Il a voulu me faire croire tout cela. Il a profité de l'effet qu'il me fait pour me faire faire ce qu'il veut, et moi, comme une parfaite idiote, je me suis laissée aller à ses caresses. J'ai l'impression d'être un animal qu'il manipule à sa guise, une chienne qu'il nourrit quand bon lui semble, j'ai l'impression d'avoir une laisse au cou, j'ai l'impression d'être marquée au fer rouge. Mais c'est terminé maintenant. Je vais aller loin de lui. Changer de nom, de nationalité et de pays. Je ferai ce qu'il faudra.

Je hoquète lorsque la voiture freine brusquement dans un crissement. Le chauffeur peste, pendant qu'un homme se tourne vers moi, me regardant avec un sourire en coin. C'est lui. Il est revenu me chercher. Il va m'amener avec lui et m'enfermer. Ses yeux sont froids et sombres contrastant avec sa bouche qui s'étire en un sourire moqueur, joueur. Il me regarde à travers le pare-brise et je suis statufiée. Lorsque je me rend compte que je manque d'air, je ferme les yeux.

Un coup de klaxon fait que je les rouvre et je vois l'homme en train de s'en aller, le chauffeur peste de nouveau et redémarre.

Je respire. J'expire profondément. Il n'est pas là. Il n'est pas venu me chercher. Il ne sait même pas que je suis partie, trop occupé à se laver. Quand j'ai entendu l'eau se couper, j'ai failli abandonner et retourner m'enfouir dans le lit. Heureusement, il n'a rien senti et s'est remis à se laver.

J'ai envie de dormir, je me sens épuisée. Mais j'ai la sensation qu'il me manque quelque chose d'important. D'essentiel. Je commence à penser à Georges, à tout ce qu'il ne me fera plus. Il ne me regardera plus comme si j'étais un diamant brillant de mille feux. Il ne me fera pas venir simplement pour me contempler comme il dit. Je n'aurai plus droit à ses baisers, ses coups de reins, ses mains sur mon corps, ses lèvres sur mes seins ou entre mes cuisses, sa manière de me pé-

Je secoue la tête, ce qui fait ramener mes cheveux sur mon visage. Je les caresse, comme il le faisait et je me rappelle de ce jour où il m'a avoué ne pas aimer mes tresses. Il préférerait quand je les lâche, comme maintenant pour qu'il puisse mieux les sentir dans ses mains quand il me prend par derrière comme il disait.

Ce simple souvenir me fait mouiller. Bordel mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Qu'est-ce qu'il m'a fait ?

Je me demande comment j'en suis arrivée là. À un tel état de dépendance. Pourquoi je n'ai rien vu venir ? Ce qui me tue le plus, c'est que je sens qu'il dit vrai lorsqu'il dit m'aimer, mais je sens aussi qu'il dit vrai lorsqu'il a dit ne pas m'aimer. Cet homme est tellement contradictoire. Parfois il dépose ses affaires quelque part avant de commencer à râler après lui-même pour les avoir déposés là. Il est à la fois bordélique et très maniaque, il est brutal et doux, il est monstrueux et il sait aimer. Il sait m'aimer. Il savait m'aimer. À sa façon. Je suppose que tout dépendait de son humeur au réveil.

Je dois arrêter de penser à lui. Il le faut. Je ne vais jamais retourner avec ce malade. Je vais taire mes sentiments insensés et retourner à une vie normale. Normale oui. Normale.

Mon  Partie 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant