-Ça t'aurais coûté quoi de dire que tu voulais me parler sans faire toutes ces bêtises que tu as fait avant de t'enfermer là dedans ?
-C'était amusant et je ne veux pas te parler. Je veux qu'on aie un dialogue tous les deux. Une discussion tranquille, je te parle, tu me parle. Je ne suis pas une radio.
-Et moi pas un psychologue.
-Eh bien je vais envoyer ce mail à Dmackinou, attend, je me connecte au WiFi et-
-C'est bon, très bien, arrête de taper sur ce putain de clavier.
Un bruit sourd résonne contre la porte :
-Tu vas me le payer n'oublie pas.
-On verra bien mon petit chou.
J'abaisse l'écran et croise les bras :
-Bien, commençons.
Il grogne :
-Tu ne vas pas m'ouvrir ?
-Disons que pour la confiance on repassera hein
-Tu as peur que je te casse la gueule si je rentre ?
-Tu me feras pire que ça. Dis-moi Georges, Mofal a dit quelque chose ''comme tu l'as créé''. Explique moi un peu comment ça s'est passé.
-Pourquoi tu ne me le demande pas à moi directement ?
-Tu es Georges, Georges est toi non ?
Un silence me répond pendant au moins une heure je suppose. Au moment où je commence à m'assoupir, sa voix me réveille :
-J'avais pas encore 5 ans, je vivais chez ma grand-mère avec mes parents. Elle avait une immense maison et elle insistait pour qu'à chaque fois je l'appelle '' Gran''. Mes parents me confiaient à ses bons soins et ne revenaient parfois pas avant 1 heure du matin.
C'était bien, personne ne me dérangeait. Il y avait petit problème : Je ne sortais jamais. Ni pour jouer avec les autres enfants, ni pour le faire seul. Mes parents refusaient de me laisser dehors ne serait-ce qu'une seconde et quand à Gran, la simple idée de me voir me mélanger à d'autres personnes la répugnait. J'étais son unique petit-fils, je devais rester près d'elle et surtout je ne devais pas devenir comme ces enfants sales, riant pour un rien, criant stupidement.
Un jour, j'étais assis dans ma chambre. Je me suis demandé pourquoi je ne pouvais pas sortir. Dans ma tête une voix m'a répondu qu'il pouvait y avoir plusieurs raisons et que c'était pour mon bien, probablement.
Ce jour-là j'ai cherché Gran et je lui ai raconté qu'une petite voix m'avait parlé là-haut. Elle a rit et m'a dit que ce n'était rien et que tout le monde l'avait cette voix. Je n'étais pas très satisfait alors elle m'a dit :
-C'est absolument normal mais si tu veux la prochaine fois que la voix te parlera, parle lui en retour.
Dès ce jour, je me demandais tout et n'importe quoi et la voix là-haut elle me répondait toujours. Les jours ont passé et j'ai commencé à lui demander de faire des choses que je n'avais aucune envie de faire. Par exemple mes devoirs, je les trouvais traités dès que je fermais les yeux et me laissais aller. Je n'avais aucun souvenir de les avoir traité mais c'était bien mon écriture et c'était parfait comme ça.
Des années plus tard, vers 12 ans, j'ai remarqué que ma chambre devenait de plus en plus bordélique dès que je me laissais aller, je mettais en colère Gran ou elle me disait que je l'avais rendue triste la veille ou quelques heures plus tôt.
Bref, c'était devenu un cauchemar pour moi. Je faisais des choses sans avoir conscience de les faire, le pire c'est que vers 18 ans, mes bêtises, je m'en rappelais dès que je revenais à moi-même. Au fur et à mesure, j'ai remarqué que ça devenait plus grand en moi, et que j'étais toujours mitigé lorsqu'il fallait faire un choix, même tout simple. Je n'ai jamais aimé collectionner les femmes mais je peux te dire que des tas sont passées dans ma voiture à cette époque.
Lorsqu'un soir j'ai osé en parler devant Gran, elle m'a dit que je me faisais du souci pour rien. Mais lorsque j'ai laissé libre part à mon...autre moi devant elle, je l'ai retrouvé gisante par terre, à demi-morte en sang.
Je ne vais pas m'attarder dans les détails Tina, c'est une très longue histoire mais à partir de ce jour là, Gran ne m'a plus jamais traité de la même manière qu'avant. Elle a commencé à s'éloigner de moi. Ça me renfait triste et par extension, je devenais violent à chaque fois que je la croisais. Pourtant à sa mort, elle m'a tout légué de sa fortune. Probablement parce que j'étais son seul petit-fils, le seul et l'unique. Quoiqu'il en soit, je me suis retrouvé milliardaire trop jeune et j'en ai profité du mieux que je pouvais. Excepté Mofal qui n'a toujours fait que ce qu'il voulait. J'ai toujours eu l'impression que si Gran était morte, c'est en partie à cause de moi et de mon trouble, j'ai toujours eu envie de me rattraper, de corriger tout ce que j'ai pu lui faire de mal. Je veux simplement revoir cette attention dans ses yeux, tout cet amour qu'elle me portait et que j'ai détrui-
Sa voix se brise, je pose mon front contre la porte où je me suis traînée pendant qu'il parlait, réprimant l'envie profonde de le prendre dans mes bras. Pourtant je reviens à moi-même lorsqu'une voix moqueuse retentit de l'autre côté, contrastant avec l'ancienne :
-C'est bien ça que tu voulais ? Ça te suffit ?
Je roule mes épaules pour réprimer la sensation de lourd qui m'opresse d'un coup.
-Je voulais simplement comprendre. Rien de plus.
-Tu l'ouvres cette porte maintenant ?
-Non. Je ne te parle pas à toi Mofal. Laisse le moi, simplement pour aujourd'hui.
-Et pourquoi je ferai ça ?
-Dis-toi que dans le cas contraire, tu iras dîner en tête-à-tête avec ton Dmack-
-C'est bon. Je me casse, marre d'entendre tes conneries. Me faire du chantage à moi. Désolé Tina, je n'ai pas eu le temps de m'excuser pour ce que Mofal t'a fait. Pour ce que l'ai laissé te faire. Je n'ai pas pensé aux conséquences de mon acte. Je te jure que s-
-C'est bon Georges, tu n'as pas à t'excuser. J'ai vu assez de culpabilité dans tes yeux. C'est à lui de le faire.
-Pour ça tu peux toujours creve-
-Tu le fais ou je lui demande d'envoyer ce mail à Dmack.
-Tu t'y mets toi aussi ?
-C'est toi qui ne le supporte pas, moi il ne me dérange pas plus que ça.
-Eh bien allons-y à ce foutu dîner. Je lui dirai le fond de ma pensée et basta
-Tu ne vas pas faire ça, c'est le fils du Bel du Nord si tu l'as oublié et par conséquent, c'est le futur-nouveau-Bel. Vous brouiller pour des raisons personnelles va compromettre la situation plus qu'elle ne l'est déjà.
Un mal de tête commence à se faire sentir et le poids sur mes épaules augmente d'un coup. Pourtant j'ai la force de lui demander :
-Quelle situation ?
De l'autre côté, un grognement me parvient :
-Rien qui te concerne
Je lève les yeux au ciel :
-Tu ne me parle pas comme...ça.
Le sol bascule sous mes pieds, m'empêchant de terminer ma phrase.
-Tina ?
Je ne réponds pas, trop concentrée à essayer de rester...debout. Merde qu'est-ce qui m'arrive ?
-Tina, ouvre cette porte. Tout de suite.
Je secoue la tête, comme s'il pouvait me voir.
-Je ne te ferai rien de mal, il ne te fera rien de mal, je l'en empêcherai cette fois.
-Tu...tu ne peux pas le contrôler...il me l'a d...
-Tina, qu'est-ce que tu as ? Ouvre moi bon sang. Je te promets qu'il ne te touchera pas. Laisse moi t'aider s'il-te-plaît
-Tu...
-Il ne te touchera pas Tina, fais-moi confiance pour cette fois. Je suis sensé être là pour toi. Ouvre moi Tina.
VOUS LISEZ
Mon Partie 1
General Fiction-Tu ne peux pas faire ça, tu ne vas pas me faire redoubler à cause d'une stupide envie. T'es complètement malade. -Et pourquoi pas ? -Tu ne pourras pas. -Ah oui ? Continue sur cette voie et tu verras. Il me met une petite tape sur les joues de ses...
