Chapitre 42.
Ma tête me fait affreusement mal, j'ai l'impression que mon sang pulse partout dans mes tempes et dans mon front. Mon visage est douloureux, tendu. Le bip incessant à côté de moi ne m'aide pas à me concentrer sur autre chose que la douleur qui pulse dans mes veines. Ça m'irrite, ça m'énerve. Ça me donne envie de tout casser tant c'est insupportable.
Je prends petit à petit conscience de mon corps. Il est lourd, douloureux, comme si un semi-remorque m'avait roulé dessus. Ma jambe gauche me fait mal, j'ai l'impression qu'elle est comprimée, compressée.
J'essaye de me concentrer sur les sensations, sur tout ce que je ressens autour de moi.
Ma main gauche est entourée de la chaleur d'une autre main. Je sens qu'on dessine des formes, du bout des doigts contre la peau de mon poignet. Un poids repose sur le haut de ma cuisse droite. C'est lourd, ça me donne chaud.
J'écoute attentivement, j'essaye d'analyser tout ce qu'il se passe. Il y a ce bip qui se répète, encore et encore. J'ai l'impression qu'il fait partie de moi tant il est ancré dans mon cerveau à force.
Minutes après minutes, tout devient plus clair autour de moi, les bruits, les sensations, les douleurs. Ma gorge me fait affreusement souffrir, je n'arrive pas à déglutir tant elle est sèche. Ça me donne l'impression d'étouffer. Le bip insupportable change de rythme. Il devient plus rapide, plus fort.
« Lou, tu m'entends ? Tout va bien. »
La main qui tient la mienne se resserre doucement et je reconnais rapidement la voix douce et rassurante de ma mère.
Mes yeux papillonnent rapidement et la lumière de la chambre me les fait refermer automatiquement tant ça me brule les pupilles.
Des pas pressés entre dans la pièce et une main inconnue se pose sur mon avant-bras.
« Louis, calmes toi, tu es à l'hôpital. Tu as eu un accident de voiture il y a cinq jours. Est-ce que tu peux serrer mes doigts ? »
La main de ma mère qui tenait la mienne se retire et une autre main se glisse contre ma paume. Je puise dans le peu de forces que j'ai pour resserrer difficilement mes doigts, comme demandé.
« Super. Bravo Louis. Est-ce que tu peux ouvrir tes yeux ? »
Je suis épuisé. Je me sens affreusement faible et je pourrais me rendormir immédiatement si les doigts qui tenaient les miens n'exerçaient pas de petites pressions pour me stimuler.
Je rassemble à nouveau toutes mes forces et papillonne à nouveau des yeux. Mes paupières s'ouvrent de quelques millimètres et j'essaye de m'habituer à la lumière qui m'agresse.
« On vient d'éteindre la lumière, tu peux y aller. »
J'ouvre un peu plus les paupières. La lumière dans la chambre est plus faible que quelques secondes avant et ça me fait moins souffrir. Il me faut encore quelques secondes pour m'habituer.
J'analyse rapidement ce qui m'entoure. Une jeune femme, brune, les cheveux attachés en queue de cheval est penchée au-dessus de moi, un doux sourire aux lèvres. C'est elle qui me parle et tient ma main. Juste derrière elle, j'aperçois ma mère. Ses yeux remplis de larmes me fixent, un sourire fend ses lèvres alors que ses cernes bleutés creusent le dessous de ses yeux.
Le poids qui repose contre le haut de ma cuisse est toujours présent. Je baisse lentement les yeux et mon cœur manque un battement. Les bips provenant du monitoring accélèrent.
Sa tête est posée sur le haut de ma cuisse, par-dessus le drap qui me recouvre. Ses boucles sont emmêlées et tombent sur son visage posé sur ma hanche, tourné dans ma direction. Sa peau est pâle, très pâle. De grosses poches bleutés creusent le dessous de ses yeux. Ses joues sont rougies, irritées par les nombreuses larmes versées ces cinq derniers jours.
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LE POIDS DES MOTS
FanfictionLouis est blessé, il a perdu toute confiance en lui suite à une relation passée. Il essaye de faire face, mais le poids des mots est bien trop dur à supporter. Il a un long travail à faire sur lui même, et la lumière qu'apporte Harry lorsqu'il entr...
