Je reste abasourdie par la brutale violence et le tumulte noir qui s'empare de moi. « Au prix de la vie des recrues et de la mienne » « Au prix de la vie des recrues et de la mienne » « Au prix de la vie des recrues et de la mienne ».
Un nouveau bombardement emporte des toits de maison sur son passage et arrache des hurlements des recrues dans la panique la plus totale. Je ne cille pas, reste debout, sous le choc, assaillie par de noires visions. Livai ne cille pas non plus, il ne bouge pas d'un cheveu, comme s'il essayait tout comme moi de réaliser ce que vient de dire Erwin. Quant à lui, Erwin, regarde toujours le lointain, comme s'il s'agissait d'un ordre comme les autres, en continuant :
- Livai. Tu as tout à fait raison. On y passera sans doute presque tous. C'est même probable qu'absolument personne ne s'en sorte. Dans ce cas, autant tenter le tout pour le tout avec cette tactique. Il faut simplement que je persuade les jeunes de se sacrifier.
Ce que j'entends de la voix forte d'Erwin qui n'a jamais flanché, qui semble si autoritaire et sûre peu importe l'ordre et la bataille, ce que je vois sortir de sa bouche lorsqu'il parle aussi paisiblement de sa mort qu'il s'apprête à offrir, tout comme celle des recrues, tout comme celle de mes amis, tout comme celle de Livai, me fait l'effet d'un coup de poignard qui me transperce le cœur.
J'en reste toujours abasourdie, incapable de bouger. Les bombardements ne cessent pas, je vois toujours la masse de recrues s'agiter et mourir d'angoisse, mais je ne les entends plus, tout comme je n'entends plus les maisons s'effondrer. Je n'entends plus non plus ce qu'Erwin dit à Livai en s'asseyant sur un vieux banc contre le mur d'une maison. Je n'entends plus non plus ce que lui répond Livai, pourtant je suis juste à côté d'eux. Je refuse d'entendre quoi que ce soit de plus.
C'est impossible. Je refuse de croire à cette idée si noire et si douloureuse. Nous n'allons pas tous mourir. Je ne veux pas y croire. Surtout et avant tout, je refuse catégoriquement, inexorablement la mort d'Erwin aujourd'hui. Il est trop tôt, tellement trop tôt. Je viens à peine de le retrouver, après tant d'années, je viens à peine de me rendre compte qu'il m'est très cher grâce à nos récentes retrouvailles que ça y est, il s'apprête à disparaître. Il veut se livrer à la mort, il l'a clairement dit sans aucune hésitation.
C'est impossible. Je ne veux pas qu'il disparaisse. Je ne veux pas qu'on me l'arrache. Je refuse. Je le revois lorsque nous étions petits, sa petite tête blonde et ses yeux bleus en quête d'aventure. Je le revois adolescent, lorsque je l'aimais, se battre contre des sacs de frappe à l'agence, luisant de sueur et plein de vie, je le revois se battre contre moi, je le revois à terre, mon poing le maintenant au sol, lorsque j'ai gagné contre lui au corps à corps pour la première fois, je revois son regard pétillant d'ambition, je revois son visage grandi et fort d'aujourd'hui, de la nuit de nos retrouvailles, de cette sensation de grande amitié et de grande attention que j'ai pour lui-même s'il a disparu de ma vie pendant plus d'une dizaine d'années. Je ne veux pas, je ne veux pas le voir disparaître. Cette idée m'est trop dure. Cette idée m'est trop violente. Je ne veux pas l'accepter.
Erwin finit par se lever après sa discussion avec Livai pour sortir un long discours aux nouvelles recrues mortes d'angoisse pour les convaincre de se tuer dans cet assaut suicide destiné à faire diversion. Chaque mot, chaque syllabe qu'il dit me rappelle la mort, le sang, le danger, tout ce qu'il dit est imprégné de ces idées noires, de ces pensées morbides que je refoule le plus loin possible et qu'il déguise en sacrifice courageux. Je l'entends mais ne l'écoute pas, sidérée, parmi la masse de recrues. Lorsqu'il part trouver sa monture pour se mettre en scelle, je cours vers lui, vidée de toute émotion. Je ne veux pas y croire.
- Erwin ! Erwin ! Ne pars pas. Ce n'est pas possible. Tu ne peux pas partir comme ça. Je... Je... Je ne veux pas... Je ne suis pas d'accord... Tu n'as pas le droit de partir comme ça, je ne te laisserais pas y aller.
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Embrasse-moi gamine
Fanfiction"Embrasse-moi, gamine." "Non." "Embrasse-moi, je te dis." JVEUX PAS FAIRE LA OUF MAIS D'APRÈS LES LECTRICES C'EST LE MEILLEUR LIVAI X OC DE TOUT WATTPAD 😃 Bon résumé de l'histoire pour attiser votre feu intérieur : San est une agent secret du mu...
