De longues minutes s'écoulent depuis notre décollage. De longues minutes, qui me paraissent interminables, noyées dans nos pleurs incessants, peintes d'un noir épais, d'une tristesse épaisse. Hanji vient de nous quitter, pour toujours. Ces minutes me paraissent interminables. Elles m'étouffent. Elles me donnent envie de me jeter à l'eau et de rejoindre Hanji, et de ne plus jamais me soucier de rien. De ne plus jamais penser à ce qu'il se passe, à cette guerre affreuse qui dure depuis trop longtemps, qui n'a plus de sens aujourd'hui, qui m'a volé deux de mes amis les plus chers. Erwin et Hanji. Mes deux majors, qui m'ont accompagnée et rendue forte depuis mon entrée au bataillon.
Livai est resté complètement immobile à côté de moi, Jean et Conny ont tapé des poings sur la paroi de l'hydravion, et Armin et Mikasa se sont serrés dans leurs bras en pleurant. Je suis restée immobile à côté de Livai, à pleurer, le cœur comprimé sur une lance foudroyante. Même Onyan-Kopon, à qui nous n'avons pas accordé le bénéfice du doute et que nous avons arrêté il y a un certain moment, étouffe des sanglots.
Hanji est partie pour toujours. Nous ne reverrons plus jamais son sourire éclatant. C'est terminé. Nous devons arrêter le grand terrassement sans elle. Nous devons arrêter la guerre sans elle. Nous devons survivre sans elle, et honorer son sacrifice comme nous le devons.
Je tente de calmer mes pleurs. Je regarde Livai, dans l'espoir que voir son visage aux traits fins, son œil noir et ses petites lèvres roses me calme et m'aide à me sentir mieux. Il tourne la tête vers moi, toujours silencieux, pour me regarder d'un air que je n'arrive pas à décrypter.
Je le scrute comme je ne l'ai jamais scruté, dans ses moindres détails, en essayant de tout mon possible de ne pas penser à Hanji. Livai est encore là. Livai est encore là, lui. Son visage fin, sa mâchoire dessinée, ses deux bandages blancs et son pansement sont toujours là, son regard noir est toujours là, son sourcil fin est toujours là. Livai est toujours là.
Je parviens à calmer les sanglots qui me secouent, mais pas les larmes qui dévalent mes joues.
Nous parvenons à survoler le grand terrassement du haut de notre hydravion. Nous survolons les milliers de titans, faisant trembler le sol pour annoncer la mort imminente de tous ceux qu'ils vont écrabouiller sous leurs pieds gigantesques. Et survolant ces innombrables titans colossaux, nous découvrons, à coups d'yeux ébahis d'horreur, une espèce de squelette gigantesque auquel est attachée la tête d'Eren, qui contrôle sûrement les titans.
Nous sommes obligés de passer outre notre peine à tous pour parler stratégie. Je reste parfaitement silencieuse, les pleurs m'enserrant la gorge et m'empêchant de parler. Nous parvenons, après un long débat, après des injonctions de la part de Livai, après des argumentations de la part de mes amis, qu'il faut tuer Eren. « Il faut tuer Eren ». C'est tout ce qui ressort de notre discussion stratégie. Nous n'arriverons pas à arrêter le grand terrassement sans tuer Eren. Nous n'avons pas le choix.
Mikasa semble horrifiée à cette idée. Qu'aurais-je fait, moi, si j'avais eu à tuer Erwin ? Ou a tuer Hanji ? Ou à tuer Livai ? Non Livai n'est pas tuable, je n'aurais jamais pu le tuer, mais quand bien même j'aurais pu, en aurais-je eu le courage ?
- Et merde ! Le moteur est complètement à la ramasse ! s'écrie soudain Onyan-Kopon en s'énervant sur ses manettes de commande.
- On ferait mieux de sauter tout de suite ! crie la voix d'Armin, un peu paniquée. Viens, vite, Onyan-Kopon !
Je me lève d'un bond et aide Livai à se relever, prête à m'élancer.
Hanji ne sera pas morte pour rien. Son sacrifice ne sera pas vain. Nous allons arrêter Eren, nous allons arrêter le grand terrassement, coûte que coûte.
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Embrasse-moi gamine
Fanfiction"Embrasse-moi, gamine." "Non." "Embrasse-moi, je te dis." JVEUX PAS FAIRE LA OUF MAIS D'APRÈS LES LECTRICES C'EST LE MEILLEUR LIVAI X OC DE TOUT WATTPAD 😃 Bon résumé de l'histoire pour attiser votre feu intérieur : San est une agent secret du mu...
