Chapitre 12 - C'est interdit de flirter avec son major

9.6K 433 684
                                        

Je suis si concentrée pour chasser Livai de mes pensées que je ne remarque pas Erwin qui s'approche de moi, une ceinture tridimensionnelle et des sangles à la main. Je le remarque seulement quand les soldats autour de moi font le salut. Je le regarde interloquée, avant qu'il me fasse un signe de la tête pour me dire de le suivre. Je range mes lames et le rejoins d'un pas assez lent. Livai nous suit Erwin et moi du regard, de son regard de corbeau perçant.

- Tu as l'air de t'en sortir, constate Erwin avec gentillesse, détournant mon attention du caporal.

Il se met à marcher à l'écart de la cour et je lui emboîte le pas.

- Où est-ce que tu m'emmènes ?

- Tu vois cette ceinture, me dit-il en me montrant l'équipement qu'il tient. Elle appartenait à Petra, une ancienne combattante de l'escouade de Livai.

- Mhm, et donc mon lieutenant ?

- Major, rectifie-t-il en m'adressant un faux regard grave. J'aimerais que tu l'essayes. Je sais que tu as la tienne mais comme Petra était menue comme toi, peut-être qu'elle t'ira mieux que celle que tu as déjà.

J'éclate de rire.

- Menue ? Moi ? J'ai l'air d'être menue ?

Erwin s'arrête près du château, dans un angle de mur d'où nous sommes à peu près cachés de la cour, d'où seulement quelques soldats peuvent nous voir. Je ne suis pas bien grosse, j'ai juste des petites couches de gras qui couvrent mes muscles. Je ne pourrais pas être grasse de toute manière, vu comment ma vie d'agent spécial était sportive, et celle de soldate encore plus. Les muscles me donnent un corps assez bien formé, et à défaut d'être menue, j'ai un petit peu de gras dans les fesses, et un petit peu dans les hanches aussi, mais je suis quand même assez fine. Dans tous les cas, le terme « menue », la forme dont en raffolent tous ces lardons, est bien trop exagéré pour moi.

- Bien sûr que tu es menue, assure Erwin en me tendant la ceinture.

- Je suis sûre que tu fais ça uniquement pour me voir me tortiller dans un truc minuscule. Espèce de pervers.

- San, s'exaspère le blond. Dépêche-toi.

Je démêle la ceinture et commence à tenter de l'enfiler.

- Et tu l'as faite à combien de soldates du bataillon celle-là ?

Erwin me lance un regard désespéré.

- Tu vois, c'est beaucoup trop serré, je constate en peinant à attacher le haut de la ceinture.

- Je vais la desserrer, attends.

Erwin s'accroupit en face de mes cuisses.

- Une petite gâterie tant que vous y êtes mon capitaine ? je lance d'une voix espiègle, en affichant un large sourire innocent.

Erwin soupire avant de me rectifier encore une fois en grognant "major" et desserre les côtés de la ceinture. Mes cuisses sont un peu moins saucissonnées qu'avant, mais elles le sont toujours.

- Tu es irrattrapable, décrète-t-il, la tête toujours en face de mes cuisses.

- Je te manque, avoue, je dis en posant une main sur sa touffe blonde et tirant légèrement ses cheveux.

Erwin se relève en me regardant d'un air grave.

- Tu sais bien que c'est du passé. Je n'ai plus le temps pour ça maintenant.

Il prend ma main que je n'avais pas bougé et l'enlève de sa tête. Je fais semblant de faire une moue dépitée, avant de rigoler.

- Ça va, je rigole. Décoince-toi un peu. Bon ta foutue ceinture ne me va pas, je suis trop épaisse.

Embrasse-moi gamineDes histoires addictives. Découvrez maintenant