Chapitre 19

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— Donc toute cette histoire, ton frère ne la connaît pas ? me questionna-t-elle en essuyant mes larmes du revers de sa main.
— Non... mais il sait au moins que nos parents ont divorcé à cause de leur infidélité mutuelle, sans aucune preuve pour l'attester. Ce qui est différent pour moi... Ces images me hantent chaque jour qui passe, alors que je ne suis pas coupable de leur séparation, répondis-je entre deux sanglots.
— Oh, Héléna, ne t'inquiète pas. Je comprends maintenant ce qui te pousse à mettre l'amour de côté dans ta vie. Je compatis à ta douleur. Cependant, je garde toujours espoir qu'un jour tu rencontreras quelqu'un qui te fera changer de conception, quelqu'un qui éloignera tous ces cauchemars. Je t'aime, Héléna, je ne te laisserai pas tomber, affirma-t-elle en me regardant droit dans les yeux.
— Merci pour ta compréhension, Éloïse. Je viens de me rendre compte qu'une infime once d'espoir jaillit dans mon cœur, dis-je en réalisant que j'avais ouvert mon cœur à quelqu'un, chose que je n'avais jamais pu faire auparavant.
En réalité, ce que je viens de dire n'est pas faux. Une petite place se forme doucement dans mon cœur grâce à tous ces rêves élaborés depuis mon bas âge. Je me surprends même à sourire intérieurement, ce qui m'apaise et m'aide à essuyer de nouveau mes larmes.
Éloïse a toujours été là pour moi, toujours à me soutenir, comme si elle-même ne possédait pas de vie. Cette fille est un pilier pour moi, un soutien inébranlable, et je lui en suis profondément reconnaissante.
— Héléna, juste une chose... fais un effort pour oublier le passé et te reprendre en main. Je ne voudrais pas t'offusquer, mais tu ne dois plus t'éloigner d'Olivier de cette façon. Je sais que tu ne partages pas les mêmes sentiments, mais je t'en prie, ne l'ignore pas ainsi, s'il te plaît, me supplia-t-elle en baissant immédiatement la tête.
Olivier... Ce prénom a le don de me rendre triste. Mais je ne peux rien faire, je ne peux pas accéder à sa demande. Même en sachant que Marina n'est plus la même qu'auparavant, je dois rester sur mes gardes, ce qui est logique puisque son petit ami m'aime. Je ne veux en aucun cas semer des embûches dans notre amitié. Si je m'éloigne, c'est pour le bien de tous.
J'aimerais panser le cœur de mon ami afin qu'il ne soit plus prisonnier de cet amour, afin qu'il m'oublie pour de vrai... mais cela aussi est impossible. J'espère seulement qu'il sera heureux auprès de Marina et qu'il me pardonnera.
— Héléna ! s'exclama-t-elle, ce qui me fit sursauter.
— Éloïse, je ne peux pas faire ce que tu me demandes. J'ai déjà pris ma décision : celle de m'éloigner de lui. Tu sais pourtant qu'il m'aime, alors je le fais pour son bien. Éloïse, comprends un peu ce que je veux dire, lui expliquai-je, confuse. Oui, je le suis, car mon esprit est troublé par toute cette histoire.
— Je comprends mieux... Tu as fait ton choix. D'accord. Allez, arrête d'être triste maintenant... Oh non, il nous reste trente minutes pour nous faire belles et partir au point de rendez-vous !
— J'avais failli oublier. Heureusement que tu es là, sinon je ne serais pas partie. J'ai une migraine étrange, comme si ce n'était pas une bonne décision d'être avec vous aujourd'hui, finis-je par dire, perturbée sans raison valable.
— Ah, ça arrive couramment, il n'y a rien de mal, répondit-elle avec légèreté.
— Bon... dit-elle brusquement en tapotant ses paumes de main.
— Bon quoi ? la questionnai-je, électrisée.
— Je vais te choisir une tenue moderne aujourd'hui, et je ne veux entendre aucune riposte.
— Je peux le faire toute seule. Éloïse, tu es déjà prête, alors ce n'est pas la peine.
— Je viens de dire que je n'ai besoin d'aucune riposte. Et puis, je ne suis pas tout à fait prête, il me manque du maquillage, tu ne le constates pas ? me demanda-t-elle avec un regard malicieux.
Je ne comprendrai jamais pourquoi elle ajoute toujours une touche de maquillage alors qu'elle est belle comme une Barbie.
— Tu es parfaite sans maquillage, Éloïse, n'en rajoute pas.
— Bien sûr que si ! Il le faut. Tu sembles oublier que les garçons y seront. Alors il nous faut être doublement parfaites, comprends cela, Héléna, me reprocha-t-elle avec un sourire accroché aux lèvres.
— Oui, tu as raison... alors tu choisis la tenue parfaite.
Après une vingtaine de minutes, nous voilà prêtes. J'ai opté pour une robe vernie avec quelques contours en satin blanc, une paire de ballerines pour finir, et une légère couche de maquillage. Tout cela grâce à Éloïse, qui d'ailleurs est splendide ce soir, toujours en talons comme à son habitude.
Enfin dans la voiture, je sens que cette soirée ne sera pas comme les autres.
Une fois arrivées au parking, nous descendons pour rejoindre l'entrée centrale où nos amis nous attendent. En effet, pendant le trajet, Éloïse avait reçu un message de Samuel disant qu'il ne manquait plus que nous pour entrer. À cet instant, mon cœur bat la chamade, un sentiment encore méconnu.
Je me pose mille questions : comment se passera cette soirée ? Dois-je m'éloigner encore plus d'Olivier ou baisser les armes ?
J'espère que tout se déroulera bien. Dans le cas contraire, je préférerais faire demi-tour... mais comment savoir à l'avance ?
Pour en avoir le cœur net, il me faut rejoindre les autres.
Éloïse s'arrête soudainement et me fixe. Je fais de même, ne comprenant pas pourquoi elle s'est arrêtée.
— Héléna, est-ce que ça va ?
— Oui, ça va, répondis-je avec un sourire.
— Ok, allons-y.

Point de vue d'Olivier
Je suis anxieux à l'idée de la revoir. Elle hante mes pensées alors qu'elle n'est même pas mon épouse. Honnêtement, j'en ai rêvé cette nuit : elle était mienne pour l'éternité. Mais je me suis encore leurré... Cette fille ne m'aime pas, alors que moi, je rêvasse chaque nuit d'elle. Quelle stupidité de ma part.
Les yeux fixés droit devant moi, j'aperçois une crinière noire s'approcher en compagnie d'Éloïse.
Estomaqué, je ne la quitte pas des yeux. Oh, qu'elle est belle... Elle ressemble à une princesse dans cette robe envoûtante.
Arrivée près de nous, Héléna salue les autres par une accolade, suivie de près par son amie. Lorsqu'elle arrive à ma hauteur, je ne peux m'empêcher de la reluquer de la tête aux pieds comme un malade. Cette fille est irrésistible, elle me fait perdre la raison. Je pourrais la complimenter sans cesse, tant que je serai en vie, car mes yeux ne me trompent pas : ce qu'ils voient est purement saint.
Oh, Héléna... si seulement tu m'aimais. Je t'aurais rendue heureuse sans difficulté. Quiconque te ferait du mal est aveugle, car il ne voit pas ce que moi je vois : ta beauté.
Oh, Héléna, je t'aime comme un fou. Ce sentiment est douloureux, terriblement douloureux. Mon cœur saigne lorsque tu n'es pas à mes côtés.
Oh, Héléna, tu es une source d'eau pure dont mes pieds ne peuvent s'éloigner.
Elle est là, me regardant intensément, et je ne trouve toujours pas les mots justes pour la saluer. J'aurais préféré la prendre dans mes bras et lui dire qu'il n'y a qu'elle dans mon cœur.
Brisant enfin le silence, elle ouvre la bouche :
— Olivier, comment vas-tu ? J'ai vu tes messages tout à l'heure, désolée, je pensais t'avoir répondu, me dit-elle en replongeant son regard dans le mien.
— Ça va... et toi ? demandai-je précipitamment.
On m'a toujours dit que lorsqu'on aime une personne, elle devient notre priorité. On la protège, on la dorlote, on l'aime de tout son cœur. C'est ce que je veux faire. C'est ce que j'apprends à faire. Je sais que cela signifie vouloir l'épouser. Et si c'est la seule perspective pour l'avoir à mes côtés, alors oui, je dirai oui un jour, si elle m'accepte. Elle serait ma femme, à moi, pour l'éternité.
Sans elle, tout est vide. Mon cœur est vide... elle me l'a volé.
Oh, Héléna...
— Je vais bien aussi, dit-elle en se rapprochant de Samuel et d'Éloïse. Marina s'approche alors de moi, sincèrement souriante. Elle sourit pendant que mes yeux sont tournés vers une autre.
Elles étaient toutes belles aujourd'hui, même Marina. Je me surprends à l'apprécier, car c'est vrai, elle est très jolie.
— Bon, fini le bavardage, allons-y maintenant, dit Samuel, tout excité, tenant la main de sa copine.
Nous étions tous accompagnés, sauf Héléna, ce qui me pince le cœur. Elle sera sûrement isolée... mais que faire ? Marina est ma petite amie désormais, je me dois d'être à ses côtés.
Une fois à l'intérieur, Héléna s'assoit près de Samuel, à gauche, et Éloïse à droite, ce qui place Samuel entre elles.
Marina, joyeuse devant ce qui se déroule à l'écran, me sourit sincèrement. Je lui rends son sourire, car elle a beaucoup changé et mérite des applaudissements. J'espère qu'elle restera ainsi, quoi qu'il advienne. Je suis sûr qu'elle est sincère.
Tous sont concentrés sur l'écran. Mais moi, je prépare déjà mon discours dans ma tête, car je souhaite m'entretenir avec Héléna en fin de soirée.

Amour en philosophie ( Fin )Des histoires addictives. Découvrez maintenant