— Chéri, on se voit demain, d'accord ?
— Euh... oui, à demain, répondis-je, éberlué.
— Héléna, ajoute-t-elle en lui faisant une accolade amicale.
— À demain, Marina, réplique Héléna.
Enfin seuls.
Je débute la conversation sans vraiment savoir comment nos amis ont deviné que je voulais lui parler.
À croire qu'ils sont tous d'accord avec cela. Et Marina... comment peut-elle me laisser seul avec l'amour de ma vie, sans la moindre jalousie ? Je ne sais pas ce qui se trame dans son esprit, mais je dois aussi avouer que ça me plaît qu'elle s'entende parfaitement avec mes amis, et plus encore avec Héléna.
J'espère qu'ils ne me cachent rien. J'ai l'impression qu'ils me poussent tous dans les bras d'Héléna, même en sachant qu'elle n'en veut pas.
Bon... j'y penserai plus tard. Pour l'instant, je dois me concentrer sur elle.
— Héléna, je voudrais te parler, s'il te plaît, écoute-moi...
Elle a eu la témérité de me couper.
— On n'a plus rien à se dire, Olivier. On devrait plutôt rentrer, tous nos amis sont déjà partis. S'il te plaît, je ne veux pas entendre la même chose. Je ne suis pas prête à t'écouter, surtout pas sur ce sujet, réplique-t-elle en me regardant droit dans les yeux.
— Héléna, ce n'est pas uniquement de ça qu'il s'agit. Je t'en prie, ne sois pas si incrédule. Tu ne l'as jamais été, alors ne le deviens pas aujourd'hui.
— Si je le suis aujourd'hui, c'est à cause de toi, Olivier. Tu sais pourtant bien que je ne suis pas comme ces filles. Alors pourquoi m'avoir fait cette déclaration ? Tu ne sais pas à quel point cela m'a dégoûtée, riposte-t-elle avec hargne.
La voir ainsi, remplie de fureur, me dérange profondément. J'aimerais lire dans ses pensées, mais j'en suis incapable. Le simple fait de la voir si proche me fait perdre tous mes moyens. Ses cheveux en désordre lorsqu'elle me parle me donnent une seule envie : les adorer, les effleurer, comme une mélodie sensuelle.
Oh Héléna... qu'est-ce que tu m'as fait.
— Héléna, je ne peux pas te forcer à m'aimer. La seule chose que je te demande, c'est de ne pas t'éloigner de moi. On a toujours été si proches... te voir si loin me brise le cœur. Ne fais pas ça, Héléna.
— Olivier, ne rends pas les choses plus difficiles, s'il te plaît. Si je le fais, c'est pour ton bien, et tu le sais.
— Non, je ne le sais pas ! répondis-je à haute voix.
Elle sursaute brusquement.
Qu'est-ce que je fais, bon sang... je lui ai fait peur.
— Je... je m'excuse, Héléna... je... dis-je en m'approchant d'elle.
— Ne t'approche pas davantage, Olivier. Je te l'interdis. Est-ce clair ?
— Pardonne-moi. Je n'aurais pas dû hausser le ton. Je veux juste que tu ne m'ignores plus, s'il te plaît.
— Je te comprends, mais vois-tu, c'est ma décision. Que tu le veuilles ou non, rien ne changera, répond-t-elle en faisant un pas en arrière pour regagner sa voiture.
— Héléna, attends, s'il te plaît, dis-je en la retenant par le bras.
— Je t'en prie, je ne supporte pas de te savoir si loin de moi. Je te demande seulement de ne plus t'éloigner ainsi.
— Olivier, on ne va pas encore débattre de ça. Ma décision est déjà prise. Et je t'ai pourtant prévenu de ne pas me toucher, somme-t-elle avec une hargne qui me perturbe.
A-t-elle rejeté notre amitié au point de me parler ainsi ?
— Héléna, ne pars pas comme ça. Tu ne sais pas à quel point j'ai mal, dis-je, blessé, anéanti de l'intérieur.
Je n'en peux plus. Même en tant qu'homme, je ne supporte plus ce poids dans mon cœur, devenu douloureux, presque mortel.
Je l'aime, putain.
Si je veux la faire mienne, il me faut comprendre ce qui la ronge depuis l'enfance. Il y a forcément quelque chose. Je me fais la promesse de le découvrir. Mais avant tout, je dois mettre mon ego d'homme de côté.
L'amour n'est pas que douleur. Il y a aussi le bonheur, le soutien, la force partagée.
— Olivier, c'est pour cette raison que nous ne devons plus nous fréquenter comme avant, ni être aussi proches. Je ne comprends peut-être pas ce que tu ressens, mais je veux bien faire les choses et ne plus t'infliger ce mal. Comprends mes raisons, s'il te plaît, argue-t-elle.
Elle est déjà près de sa voiture. Elle ouvre la portière.
Et moi, je reste là, stoïque, incapable d'ajouter quoi que ce soit. Je ne peux pas la laisser partir ainsi. Mon cœur brûle. Je suis inquiet, dévasté. Je dois être fort, même si je ne sais plus avec quelle force tenir.
Je ne peux pas la laisser s'en aller sans lui dire ce que j'ai à dire.
— Héléna, attends...
Son prénom sort de ma bouche sans émotion. À force d'être blessé, le cœur devient vide.
— Olivier, dit-elle en restant figée devant sa portière.
— Héléna, je ne sais pas ce que tu caches dans ton cœur, ce qui te rend si méfiante face à l'amour. Mais peu importe ce que c'est, je te fais la promesse de le découvrir. Parce que je t'aime d'une manière exceptionnelle, qu'aucune parole, qu'aucune distance ne peut ébranler.
Notre amitié compte énormément pour moi, et c'est pour elle qu'aujourd'hui je te promets de t'aimer. De t'aimer chaque jour, même si tu ne ressens rien pour moi. J'ai l'espoir qu'un jour ta conception changera, et que tu trouveras le bonheur, avec moi... ou avec quelqu'un d'autre, finis-je par dire.
Je m'avance vers elle, la fixant longuement. Mon cœur est sur le point de lâcher.
Oui, je suis obstiné. Parce qu'elle est devenue ma lumière.
— Olivier... je ne peux pas t'aimer. Continue ton chemin sans moi, afin de m'oublier, réplique-t-elle en plongeant ses yeux dans les miens.
Et ces mots...
me brisent le cœur.
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
