Chapitre 7

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Pdv d'Olivier
Pendant plusieurs secondes, mon esprit reste ailleurs, simplement parce qu'elle est là. Cette fille... prononcer son prénom suffit à me chavirer. Cela fait cinq bonnes années que je ressens cela. Elle est différente des autres. Je dis bien différente, car elle ne conçoit pas les choses au sens propre, mais au sens figuré. Elle est étrange, fascinante... et elle a réussi à étouffer mon cœur. Ce que je ressens pour elle me dépasse, me consume, et pourtant, cela m'inspire à parler avec éloquence. Toute cette verve que j'ai acquise vient de ce cœur désireux, anxieux, qui cherche désespérément l'amour tant attendu.
Ce matin, dans le hangar, j'ai compris que je ne pourrais jamais changer cette fille si singulière. C'est ridicule d'y penser. Elle me rend perplexe, et pourtant, j'ai laissé mon sourire illuminer mon visage, pour lui montrer que je ne lui en veux pas. Cette histoire est tortueuse pour moi. Si je continue à être persuasif, j'en souffrirai encore plus.
Je n'ai jamais eu de vraie relation amoureuse. Juste des expériences légères, amusantes, parfois attirantes. Mais ce que je ressens pour Héléna n'a rien à voir avec l'attirance : elle ne se laisse jamais remarquer comme les autres. J'aime cette fille... tellement que je l'observe sans ciller. J'hallucine parfois à l'idée qu'elle pourrait m'appartenir un jour. C'est le seul rêve que je puisse entrevoir dans ce pétrin où mon cœur m'a conduit.
— Bon, on fait quoi maintenant ?
La question est sortie avant que je ne réalise qui l'avait posée. Je l'observe depuis des secondes, sans même remarquer qu'elle a parlé. Mon humeur est lugubre, comme toujours depuis que je l'aime éperdument. Mais je garde le sourire. Je ne sais pas comment faire autrement. J'espère juste que tout s'arrangera un jour et que mon cœur cessera enfin de souffrir.
Les disputes de Jennifer et de Samuel cessent soudainement. Ils réfléchissent, sereins, à ce que nous pourrions faire maintenant. C'est notre petit rituel : après les cours, passer du temps ensemble. Je prends la parole :
— Je pense qu'on pourrait se faire un film ce soir. Pour l'instant, repos à midi, dis-je en les scrutant tous avec malice.
— Oui, c'est une excellente idée, confirme Richard. Ma tête tambourine et il me faut d'abord me reposer avant de faire quoi que ce soit.
C'est compréhensible. Moi-même, je ne pourrais rien entreprendre. Après tout ce qui s'est passé hier soir et ce matin, mon moral est au plus bas. Je me sens faible... faible parce qu'elle est là et qu'elle me méprise. Je ne supporte pas cela. J'ai perdu mon ami. Oui, je l'ai perdu à cause de ma bêtise : j'ai aimé la mauvaise personne. Et c'est naturel. L'amour apparaît naturellement, et on peut mourir pour ce mot lorsqu'on tombe éperdument amoureux de quelqu'un.
Je n'aurais jamais pensé aimer autant un jour. Maintenant que c'est arrivé, il me faut supporter, surmonter... accepter qu'elle ne m'aimera jamais.
Après avoir accepté d'un commun accord le plan de Richard, nous nous mettons tous en route pour rentrer chez nous.
Je dévale les marches lorsqu'un message anonyme attire mon attention. Ma curiosité me pousse à le lire immédiatement :
"Bonjour Olivier, c'est Marina. Je suis rentrée."
Je suis surpris, bouleversé. Marina est de retour ? Ce n'est pas possible si tôt. Elle m'avait pourtant dit qu'elle partait pour trois ans. Marina... elle avait été une perte, une tentation que je n'ai jamais totalement surmontée. Depuis le collège, j'ai toujours été attiré par les filles, mais ce que je ressens pour Héléna est différent. L'attirance sexuelle n'est pas de l'amour : c'est juste un partage d'intimité.
Maintenant que j'ai compris mes sentiments pour Héléna, je sais que rien ne pourra les effacer. Je ne peux pas lutter contre mon cœur.
J'entre dans mon appartement, totalement désordonné. Ce matin, j'avais tout retourné pour retrouver une paire de chaussures perdue. Comment une simple paire pouvait-elle disparaître ? C'est impossible... je suis maladroit. Mais il faut ranger avant que les autres n'arrivent. Nous nous retrouvons souvent chez moi pour être au calme.
Vingt minutes plus tard, tout est en ordre. Je rejoins la salle de bain pour me ressourcer avec un bain chaud. Une fois terminé, j'enroule une serviette autour de ma taille, puis me dirige vers mon dressing pour m'habiller. Enfin, je peux m'allonger et faire une courte sieste.

Pdv d'Héléna
Une fois rentrée, mon frère se précipite vers sa chambre. Je fais de même, accompagnée de Benjamin, notre petit frère de cinq ans, que je dépose auprès de sa nounou.
Dans ma chambre, je balance mon sac sur le lit et m'assois sur le tapis. Je suis furieuse, réellement en colère contre Olivier. Je pensais que sa déclaration d'hier était une coïncidence... mais non. Tout était vrai. Il n'a pas menti. Ce n'était pas un hasard. Je ne supporte pas cela.
J'ai perdu mon ami. Il n'est plus le même. Il ne sera plus jamais celui que j'ai rencontré pour la première fois à la foire, le mois dernier de mes six ans.
Je me relève et me dirige vers la salle de bain. Après une douche apaisante, je m'habille d'une simple robe moulante, qui descend jusqu'aux genoux, et m'allonge sur le lit, attendant l'heure de partir pour notre point de rendez-vous habituel.
En parlant de rendez-vous... c'est chez Olivier. Je ne continuerai pas à le fuir. Ses amis sont aussi les miens, et lui restera toujours mon ami.

Amour en philosophie ( Fin )Des histoires addictives. Découvrez maintenant