Pdv d'Olivier :
Trois semaines sont déjà passées, et je suis toujours allongé sur ce lit. Heureusement, mes amis viennent me voir sans cesse. Sans eux, je me serais enfui depuis longtemps. Cet endroit m'étouffe.
Et justement... les voilà qui entrent dans la chambre. Ils me manquent tellement que je me fais la promesse de profiter de chaque instant avec eux avant la fin de la rentrée scolaire.
Mes parents ont dû repartir après deux semaines passées à l'hôpital. Ils étaient si inquiets qu'ils m'ont annoncé cette triste nouvelle, difficile à digérer. Comment annoncer à mes amis que je poursuivrai mes études universitaires hors de cette ville ? Cette ville où nous avons grandi, où nous avons construit notre famille... ils vont me manquer, surtout cette fille... celle qui vient de s'asseoir sur le lit.
Oh Héléna... sache que je ne t'oublierai jamais. Tu resteras gravée dans mon cœur. Chaque jour passé sans toi à mes côtés me rend malade. J'ai tellement envie de te prendre dans mes bras, de te murmurer des mots doux. Je voudrais te protéger pour toujours.
Oh Héléna... tout cela parce que je suis devenu fou de toi. Mon cœur crie ton prénom, alors qu'il ne l'a jamais fait avant. Tu as changé le fonctionnement de tout mon être, à croire que je suis devenu un extra-terrestre.
— Olivier, comment ça avance ? Le plâtre a été enlevé, mais que ressens-tu ? me demande Richard, me tirant de mes pensées.
— Ça va pour le mieux. Je tiens le coup. Il me reste un mois avant que la plaie à l'abdomen se cicatrise.
— D'accord... ça ira, répond-il, fuyant mon regard. Depuis leur arrivée, personne ne me regarde vraiment dans les yeux. Que me cachent-ils ? Mes parents leur ont-ils parlé de mon départ pour l'université ? Non... comment auraient-ils pu le faire ? J'ai laissé cette tâche à moi seul. Il y a forcément quelque chose.
Seule Héléna me fixe depuis son entrée.
— Richard, qu'y a-t-il ? Y a-t-il un problème ? Et où est Marina ? Cela fait trois jours que je ne l'ai pas vue. Avez-vous de ses nouvelles ?
— C'est une longue histoire. Nous te raconterons tout lorsque tu seras rétabli, plus fort qu'avant. Et nous avons de ses nouvelles... mais nous avons préféré attendre ton rétablissement, ne t'inquiète pas, répond Samuel.
— Vous m'inquiétez... mieux vaut que je garde ma curiosité pour moi, trop savoir peut nuire.
— Qu'est-ce qui vous rend si préoccupés depuis une semaine maintenant ? demande Héléna, me tirant à nouveau de mes pensées.
— Même réponse que pour Olivier, explique Samuel. Après ton rétablissement, nous vous raconterons tout. Alors patience.
— En fait, Olivier, ton prof de maths, Mr. BENEVOL, ne cesse de te réclamer. Il faudra que tu quittes ce lit plus vite, sinon il viendra te chercher lui-même ! assure Jennifer, éclatant de rire. Sa calvitie me donne la chair de poule, finit-elle par ajouter. Nous rions tous en chœur.
Cette atmosphère conviviale me rend plus fort chaque jour, me faisant presque oublier que mon cœur est en émoi pour Héléna.
Oh, personne ne sait ce que je ressens. Peut-être l'ont-ils ressenti différemment, mais ce sentiment est inexplicable. Il me rend vulnérable... et pourtant, je suis un homme fort et déterminé.
Pdv de Richard :
Olivier est un ami de longue date. Je l'ai toujours vu près de ma sœur, sans jamais imaginer qu'un jour il tomberait fou amoureux d'elle.
Héléna est ma sœur. Je sais qu'elle ne laisserait personne découvrir ce qu'elle sait déjà de l'amour. Elle a toujours été si ferme... qu'un jour, j'ai compris qu'elle me cachait quelque chose. Mais après de nombreuses recherches, je n'ai rien trouvé de concret.
Cette année, je comprends qu'elle cache quelque chose de lourd, un passé qui l'a profondément marquée.
Peu importe ce que c'est : celui qui enferme son cœur dans une pénombre si profonde doit être compris, avant qu'elle ne perde à jamais sa chance de bonheur.
Je sais ce que je dis. L'amour vrai a toujours ses exceptions.
Olivier, mon ami de longue date devenu mon frère, est l'unique capable de l'aimer et de la guérir.
Son amour est sincère. J'espère qu'Héléna ne laissera pas passer cette chance à cause de sa philosophie.
Je ferai tout pour le soutenir et lui raconter l'histoire de Marina, qui a été d'une grande aide pour nous tous.
VOUS LISEZ
Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
