Chapitre 44

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PDV d'Olivier
— Quoi ?! Mais maman, qu'est-ce qui te prend à la fin ? Tu veux me détruire, c'est ça ? Pour qui me prends-tu ?! m'écriai-je, hors de moi.
Comment peut-elle décider à ma place ? Me croit-elle capable d'abandonner la femme que j'aime plus que tout à cause de ses exigences absurdes ?
— Séréna, tu deviens folle ?! aboie mon père, le regard dur.
— Non, je suis très sérieuse, répond-elle froidement. Liliane, viens ici s'il te plaît.
Elle appelle la fille de son amie, qui se tient de l'autre côté du salon, accompagnée de sa mère.
Je regarde Héléna. Son regard m'implore de me calmer. Je respire profondément. Elle a raison... même si la rage bout dans mes veines, je dois garder mon sang-froid.
— Voilà cette magnifique perle, déclare ma mère avec un sourire forcé. Elle s'appelle Liliane. Elle te rendra heureux, bien plus que cette fille qui t'a tant fait souffrir.
— Je ne l'épouserai pas, mère ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas, bon sang ? Ton attitude devient insupportable. De toute façon, je ne suis pas venu discuter de mon mariage, mais vous remettre une invitation.
Je sors une carte et la tends vers elle.
— Mon mariage est prévu pour le huitième mois de l'année. Nous sommes au cinquième. Dans trois mois, je me marie avec Héléna.
À peine la carte dans ses mains, elle la déchire en mille morceaux.
Un cri d'horreur s'échappe de la gorge d'Héléna. La voir ainsi, les larmes aux yeux, fait monter en moi une colère encore plus violente.
Ma mère me déçoit profondément. Et pourtant... elle reste celle qui m'a donné la vie.
— Mon fils, dit mon père en s'avançant, je suis très heureux pour toi. Vous avez toute ma bénédiction. J'ai tant attendu ce moment. Soyez heureux.
— Merci, père.
— Héléna, ma fille, ne te sens pas offensée par ses paroles. Je lui ferai entendre raison, ajoute-t-il en la prenant dans ses bras.
— Merci, Monsieur PATSON. Je suis honorée que vous m'accordiez votre fils, répond-elle d'une voix tremblante.
— L'amour permet de surmonter tous les obstacles. On doit se marier par amour, jamais par obligation. Certains l'oublient quand il ne s'agit pas de leur propre avenir, poursuit-il en lançant un regard lourd de sens à ma mère.
— Vous avez raison... je l'ai compris trop tard dans ma jeunesse, murmure Héléna avec tristesse.
Je sais exactement de quoi elle parle : l'histoire douloureuse de ses parents, celle qui l'a enfermée pendant tant d'années. Je refuse que cette tragédie se répète.
— Olivier m'a tout expliqué, reprend mon père. Et je suis fier de toi. Fier que tu aies su accrocher le mot amour à ta philosophie de vie.
Mon père est un homme profondément bienveillant. Je suis fier d'être son fils.
Je lui fais signe qu'il vaut mieux partir, afin d'éviter que la situation ne dégénère davantage.
Main dans la main, Héléna et moi nous dirigeons vers la sortie.
Soudain...
— OLIVIER !
Nous nous retournons.
Mon sang se glace.
Ma mère se tient là, un revolver dans la main droite.
— Bon sang... qu'est-ce que tu fais ?! m'écriai-je.
— Je ne peux pas te laisser partir avec cette fille. Elle veut m'arracher mon fils, tu ne t'en rends donc pas compte ?!
— Séréna, tu es folle ?! Tu comptes tuer ton fils unique alors qu'il est venu t'inviter à son mariage ?! hurle mon père.
— Non... pas lui, réplique-t-elle. Elle. Cette fille qui n'a aucun scrupule à me le voler.
Elle pointe l'arme vers Héléna.
— Madame, je vous en prie... commence Héléna.
Un coup de feu retentit.
— NON !
Héléna s'écroule au sol.
Ma mère lâche l'arme, tremblante.
La balle a effleuré l'épaule d'Héléna. Le sang s'étend sur le sol.
— HÉLÉNA ! Ne ferme pas les yeux, je t'en supplie... tu vas t'en sortir... tiens bon !
— Mon fils... je ne voulais pas... je...
— Tais-toi ! s'en est assez ! Je ne veux plus rien entendre de toi ! hurlai-je, hors de moi.
Mon père appelle immédiatement une ambulance.
Du coin de l'œil, je vois la police embarquer ma mère. Mais je n'y prête aucune attention.
Il n'y a plus qu'Héléna.
Ma femme.
Oui... ma femme.
Jamais je n'aurais cru ma mère capable d'un acte aussi monstrueux.
Si Héléna ne s'en sort pas, je ne sais pas si je pourrai un jour lui pardonner.
Je voulais faire la paix... et me voilà plongé dans une tragédie bien plus grave.
Comment annoncer cela à ses parents, eux qui me font confiance ?
Ma mère a tiré sur la femme que j'aime.
Quelle histoire effroyable...
Je dois prévenir les amis immédiatement.

Amour en philosophie ( Fin )Des histoires addictives. Découvrez maintenant