Chapitre 15

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PDV d'Olivier
Loin de nos amis, je l'ai emmenée dans ma chambre. Il nous faut une discussion sérieuse. Je ne veux plus m'aventurer dans ce genre de relations ; c'en est trop. J'ai besoin de tranquillité pour apaiser les blessures de mon cœur, blessures causées par l'amour.
Je comprends mieux pourquoi Héléna déteste ce mot : il renferme parfois plus de maux que la vie elle-même.
Je dois éclaircir certains points avec Marina. Peu importe son changement, je ne peux pas l'aimer. Je souffre déjà assez pour ouvrir mon cœur à une autre. C'est hors de question. Je ne veux même pas y penser.
— Olivier, ça fait dix minutes que tu m'as emmenée dans ta chambre et tu ne dis rien. Est-ce que tu vas bien ?
Sa voix me tire de mes pensées.
— Marina, à quoi tu joues ? Hier encore tu l'as attaquée violemment, et aujourd'hui tu veux instaurer la paix ? Qu'est-ce que tu caches ? Dis-le-moi avant que je m'énerve, dis-je, à bout.
— Olivier, je t'aime. Je t'ai toujours aimé, depuis le début. Tu ne vois pas que je fais tout pour être à tes côtés ?
— Je m'en fiche, Marina. Je ne peux pas te donner ce que tu demandes, et tu le sais. Je t'avais prévenue : nos moments intimes ne signifiaient rien pour moi, à part assouvir mes désirs. Tu t'en souviens, au moins ?
— Si, je le sais. Mais je ne peux pas faire autrement. Tu dois le comprendre... Nous sommes dans le même cas : on aime la mauvaise personne, dit-elle tristement.
Pour une fois, je la sens sincère. Ai-je raté quelque chose ? Certainement, surtout en manquant les cours aujourd'hui.
Elle voudrait me faire croire que tout ce qu'elle a fait par le passé était dû à la jalousie ? Est-ce possible, une jalousie aussi dangereuse ?
Héléna, elle, n'a jamais laissé un garçon s'approcher d'elle.
Marina, malgré sa petite taille, est dangereuse... et elle a réussi à me faire perdre la tête.
En réalité, Héléna et moi avons deux ans d'écart. Cette année, j'aurai dix-huit ans.
Quand je suis passé au lycée, mes parents ont été affectés à Lille. Une autre ville, un autre monde. Je n'ai pas pu les suivre. C'était inimaginable pour moi de tout quitter du jour au lendemain, de laisser mes amis derrière moi. J'ai supplié mes parents de me laisser ici. Ils ont fini par céder aux pleurs de leur unique enfant.
Ma vie avec eux a toujours été belle. L'amour qu'ils se portaient m'a toujours ému.
Si je n'ai jamais réussi à être fidèle dans une relation, c'est à cause de ce que je ressens pour Héléna. Je savais dès le départ qu'elle ne m'aimerait jamais comme je l'aime. Alors, pour l'oublier, j'ai enchaîné les relations insignifiantes, jusqu'à Marina.
Marina est belle, physiquement. Une taille fine, des hanches pleines et sublimes. Dommage que ce ne soit pas elle que mon cœur ait choisie.
Mon cœur a choisi une autre fille. Une fille au cœur dur comme la roche.
— Marina... de quoi tu parles exactement ? dis-je après un moment.
— Olivier, je sais que tu es éperdument amoureux d'Héléna. Je le sais depuis longtemps. Quand on aime quelqu'un, on reconnaît facilement l'admiration dans son regard. Tu l'aimes, ça crève les yeux. Et je sais aussi que je ne peux rien faire pour t'en empêcher. Malgré tes sentiments pour elle, je ne peux pas te lâcher... parce que je t'aime.
Nous sommes assis sur le lit, face à face.
Je comprends qu'elle ne partira pas. Elle m'aime vraiment, je le vois dans ses yeux. Mais que faire ? Être avec elle... ou lui demander de m'oublier ?
— Marina, je ne veux pas te faire de mal. Tu comprends ça ? demandai-je.
— Je sais dans quoi je m'engage, Olivier. Mais je veux essayer. Et je te promets que si je n'y arrive pas, je te laisserai tranquille. Ne m'empêche pas de t'aimer. Laisse-moi essayer, s'il te plaît...
— D'accord. Mais je ne veux plus de querelles, Marina. Je n'en peux plus.
— D'accord, Olivier. Je te le promets. Tout ça est fini.
Je me lève aussitôt, et elle m'imite. Elle se blottit contre moi comme si je lui avais manqué. C'est étonnant... mais je n'ai plus la force d'analyser. Tout le monde a droit de changer.
J'accepte son étreinte et je l'embrasse, pour tenter d'oublier celle dont l'image ne cesse de bondir dans ma tête. Je ne sais pas comment réagir. La seule chose à faire est de donner une chance à Marina. Au moins, elle est sincère avec moi.
Si Héléna ne peut rien ressentir pour moi, je dois continuer à avancer. Cette fois, loin de cette attirance charnelle vide de sens. Je veux me poser.
J'espère que cette relation avec Marina me fera oublier celle dont je suis fou amoureux.
Après le baiser, je la regarde droit dans les yeux.
— Je veux essayer cette relation. Même si j'en aime une autre, je te promets de faire de mon mieux, de te respecter et de t'accorder l'attention dont tu as besoin. Mais promets-moi une chose : respecte mon entourage. D'accord, Marina ?
— Oui, Olivier. Je te le promets, mon amour. Je ferai tout pour réparer ton gros cœur, dit-elle en appuyant sur le mot cœur avec un geste qui me fait sourire.
Pour la première fois de la journée, un sourire sincère se dessine sur mon visage.
Je suis sûr d'une chose : cette fille m'aime réellement.
Comment est-ce possible que tout s'inverse ainsi ?
Celle que j'aime de tout mon cœur ne m'aime pas. Et celle que je n'aime pas... m'aime.
Héléna a peut-être raison. L'amour est ridicule.
— Allons rejoindre les autres avant qu'ils ne se posent trop de questions, dit Marina en se détachant de moi.
De retour au salon, je m'assois sur le canapé avec mes potes. Les filles sont en face.
Et là, je peux la regarder. Celle que j'aime.
Je ne peux pas m'en empêcher, même en sachant que Marina est là, brûlant intérieurement de jalousie. C'est le prix à payer lorsqu'on se met avec quelqu'un de déjà brisé par un autre amour.
Héléna ne m'accorde aucune attention. Pourtant, je la détaille de haut en bas.
Cette fille ne se rend-elle pas compte de sa beauté dévastatrice ?
Seize ans, et une grâce à couper le souffle.
Ses fossettes creusent ses joues quand elle sourit. Ses longs cheveux noirs, presque asiatiques, glissent jusqu'au haut de ses fesses. Elle déteste sa taille, je le sais, je les entends souvent parler... mais moi, j'en fantasme depuis des années.
Elle est mince, oui, mais ses hanches la rendent incroyablement voluptueuse.
Il faudrait que son frère lui dise à quel point elle est belle. Moi, je n'ai plus ce droit. Elle me prendrait pour un dragueur.
Seigneur...
Il faut vraiment que je détourne les yeux, sinon je vais finir par faire une énorme connerie.

Amour en philosophie ( Fin )Des histoires addictives. Découvrez maintenant