PDV d'Héléna
Depuis qu'Olivier a rencontré sa mère l'autre fois, il demeure troublé, et c'est mon devoir de le rassurer autant que je peux.
Il est déçu du comportement de sa mère à propos de notre relation et de notre mariage. Je ne sais pas si la femme d'il y a vingt ans a changé, mais d'après ce qu'Olivier nous a raconté avec les amis, je pense que oui, elle a changé.
Je me rappelle de notre complicité à l'époque, alors que je n'avais que quelques années... Mais la savoir me traiter de tous les noms me meurtrit à chaque minute, à chaque heure.
Comment réagira-t-elle en apprenant que j'ai déjà regagné la maison de son fils ? Évidemment, Olivier ne m'a pas lâchée et nous vivons désormais sous le même toit. Au début, je voulais louer un appartement pour patienter avant le mariage, mais lui n'était pas du même avis. Il a eu raison : son appartement, en plein centre-ville, est parfait pour nous.
Maintenant, je suis devant le grand portail du domaine de ses parents et j'hésite à entrer.
Qu'est-ce qui va se passer ?
J'espère qu'Olivier a réussi à raisonner sa mère, la seule qui ne semble pas heureuse pour notre couple.
Je ne comprends pas pourquoi elle s'accroche au passé et non au présent. Ne voit-elle pas combien son fils m'aime ? Le séparer de moi serait cruel.
Je refuse de l'accepter. Olivier et moi méritons d'être heureux, et je ferai tout ce qui est nécessaire pour qu'il ne souffre plus à cause de moi.
PDV d'Olivier
Elle est là... Je viens de recevoir son message. Quelle malchance que ce jour tombe ainsi ! Qu'est-ce que ma mère trame en me présentant à la fille de son amie ?
J'espère qu'Héléna comprendra en voyant tout ce cirque à la maison.
En voulant la prendre pour la présenter à ma famille, je la vois déjà arriver, timidement, mais avec cette posture si élégante et flamboyante.
— Oh Héléna... ma fille, que tu as grandi ! s'exclame mon père en la remarquant.
— Bonsoir, Monsieur PATSON, je suis très heureuse de vous revoir après tant d'années, répond-elle avec courtoisie.
— Nous t'avons assez longtemps attendue, viens prendre place et sois la bienvenue, ajoute mon père.
Je m'approche d'elle et dépose un léger baiser sur ses lèvres, pour marquer mon territoire. Je veux montrer à ma mère et à ses invités qu'il n'y a que cette femme dans ma vie et personne d'autre.
— Allons, ma chère Héléna, comment va ton nouveau cabinet ? demande mon père pour engager la conversation.
— Très bien, il est ouvert depuis deux jours et le coin me plaît beaucoup, répond-elle.
— Ce qui est normal, puisque Olivier habite en ville. C'est un milieu chic et très fréquenté.
— Exact, c'est pour cela que j'ai accepté cet emplacement, afin de ne pas souffrir pour y arriver quand je suis à la maison.
— De quelle maison parles-tu ? résonne soudain la voix de ma mère.
Pourquoi fallait-il qu'elle intervienne maintenant ? Je sens la tension monter...
— Séréna, je te présente ta belle-fille, Héléna MASSAU, celle que tu as tant aimée depuis des années, réplique mon père.
Depuis quand ma mère est-elle devenue si... bipolaire ? Je peine à comprendre ce qui l'a changée en si peu de temps.
— Pas besoin de me rafraîchir la mémoire, je la connais bien, c'est la même Héléna qui m'a volé mon unique fils et l'a fait souffrir pendant tant d'années ! vocifère ma mère, son visage sévère.
Que dois-je faire maintenant ?
— Mère, s'il te plaît... elle n'est pas là pour écouter des reproches sur le passé, et ce n'est pas vrai. Je suis toujours Olivier, ton fils unique, dis-je en contournant cette discussion absurde.
Je vois Héléna se cambrer dans son fauteuil. Les paroles de ma mère l'ont visiblement touchée. Je ne veux pas qu'elle sème le trouble dans notre couple après toutes ces longues années de retrouvailles. Je ne le permettrai pas.
— Séréna, écoute ton fils et fais preuve de bon sens ! Je ne tolère plus ce ton que tu emploies depuis deux ans. Qu'est-ce qui te prend ? argue mon père, très en colère.
— Alors tu t'énerves contre moi parce que je veux protéger notre fils contre cette fille qui a réussi à bouleverser sa vie pendant des années ? réplique ma mère.
— Cette fille est ta belle-fille, mère, et je ne changerai pas de décision. Elle s'appelle Héléna. C'est ma femme, est-ce clair ? Lâchai-je, perdant mon calme.
Je la vois se lever et s'approcher de moi, posant ses fines mains sur mon bras. Je la regarde tendrement, et mon cœur se serre : oh Héléna, ma tendre Héléna, si tu savais combien je suis désolé pour ce que ma mère t'a infligé... mais que faire ?
— Comment oses-tu me parler ainsi, Olivier ? Je suis ta mère ! Et cette fille ne sera jamais ta femme ! Je ne te laisserai pas l'épouser... elle t'a éloigné de moi, est-ce que tu m'entends ?
— Mère, ne dis pas ça. Elle n'a rien tenté. C'est elle que je veux. Pourquoi ne comprends-tu pas ?
— Je t'ai déjà trouvé une femme... une bonne épouse que tu devrais courtiser et avec qui faire ta vie ! renchérit-elle en me regardant droit dans les yeux.
Non... ce n'est pas possible... Que va penser Héléna maintenant, après avoir entendu cela ?
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
