PDV d'Héléna
La fête est réussie.
Tous mes amis sont là, et la soirée n'est pas encore terminée. Tout se passe merveilleusement bien.
Je suis sur la piste de danse avec Éloïse et Jennifer, excitée, euphorique, presque heureuse à la folie.
Tout est parfait... ou du moins, je le crois.
Ma mère est venue sans y être forcée.
Elle sourit sincèrement avec Ruth, l'épouse de mon père.
C'est si beau à voir.
Il n'y a aucun conflit entre elles, aucune dispute, alors qu'elles ont partagé un passé affreux — un passé qui a bouleversé toute mon enfance, qui a brisé mon cœur.
Et pourtant...
Elles sont sereines.
Alors que moi, je suis malheureuse.
La musique s'arrête.
Essoufflée, je rejoins ma chaise tranquillement.
Mais à peine ai-je fait quelques pas qu'une voix m'appelle derrière moi.
Je la reconnais immédiatement.
Olivier.
Je me retourne et l'aperçois à cinq mètres de moi.
Je m'avance pour être à sa hauteur, et là... je peux enfin le regarder pleinement.
Soudain, la discussion avec Richard me revient en mémoire.
Mon cœur se serre.
J'espère seulement que nous n'allons pas parler de ça ici.
Tout le monde nous observe déjà.
Et comme par magie, la musique s'est totalement arrêtée, comme si l'instant n'attendait que nous.
C'est absurde...
Que se passe-t-il ?
Olivier me regarde d'une façon étrange.
Son silence ne m'annonce rien de bon.
— Oui, Olivier ? Tu m'as appelée... tout va bien ? demandai-je en le fixant.
Son regard a le don de paralyser tout mon corps.
— Olivier... tout le monde nous regarde. Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi...
— Pardonne-moi, Héléna... mais je ne peux plus me retenir, murmure-t-il.
Il se rapproche.
Encore.
Jusqu'à ce qu'il ne reste plus que quelques centimètres entre nous.
Je veux reculer...
Mais je n'y arrive pas.
Son regard me cloue sur place.
Il m'hypnotise.
— Olivier... qu'est-ce que tu...
Je n'ai pas le temps de finir ma phrase.
Ses lèvres se posent sur les miennes.
Je devrais le repousser.
Je devrais dire non.
Mais mon corps ne m'obéit plus.
Je réponds à son baiser.
Doucement.
Trop doucement.
Puis tout mon être se fige.
Je sursaute.
Non.
Ce n'est pas possible.
— Non, Olivier... non ! dis-je avant de lui asséner une gifle.
Le bruit claque dans la salle.
Aussitôt, je réalise ce que je viens de faire.
Je m'approche à nouveau de lui, bouleversée.
— Je... je suis désolée, Olivier. Je ne voulais pas... balbutiai-je en reculant.
Autour de nous, le silence est assourdissant.
Tous les regards sont braqués sur nous.
Amis. Parents. Proches.
La honte me submerge.
Comment a-t-il pu m'embrasser ?
Et pourquoi ne l'ai-je pas repoussé immédiatement ?
Qu'est-ce que j'ai fait...
Ce n'est pas possible.
Je fais un pas pour m'enfuir.
Les larmes me montent aux yeux.
Olivier me rattrape par le bras.
— Lâche-moi ! m'énervai-je aussitôt.
— Héléna... pardonne-moi. Je n'aurais pas dû écouter, je...
— Je ne veux plus te parler, Olivier !
Comment as-tu pu m'embrasser ainsi ? Tu sais tout de moi, tu sais pourquoi je ne peux pas !
— Je sais que tu ne m'aimes pas, Héléna... mais moi je t'aime.
Je t'en prie, pardonne-moi. Je ne peux pas m'empêcher d'espérer ton amour, nuit et jour.
Je ne te force pas à m'aimer... mais laisse-moi au moins essayer.
— Tous ces yeux sont braqués sur nous et ça ne t'a pas arrêté ?
Tu oses appeler ça de l'amitié ?
Alors que tu connais mon passé, mes blessures, mon incapacité à aimer...
Si tu ne peux pas me comprendre, alors pourquoi appelles-tu ça de l'amour ? lançai-je en haussant la voix.
Je le regrette aussitôt.
L'attention devient insupportable.
Les invités se rapprochent.
Les parents nous observent avec inquiétude.
Ma mère me fait signe de me calmer.
C'est censé être mon anniversaire.
Et pourtant, tout est en train de s'effondrer.
Il m'a déçue.
Mais au fond de moi... quelque chose tremble encore.
Ce baiser m'a bouleversée.
Tout mon être vibre d'un sentiment que je ne connais pas.
— Héléna, calme-toi, je t'en prie, murmure mon frère en posant une main sur mon bras.
Souviens-toi... c'est ton anniversaire.
— Je n'ai rien fait, Richard.
Parle à ton ami.
Il a tout gâché. Il savait. Il connaissait toutes mes raisons.
— J'ai fait ça parce que je suis fou amoureux de toi ! s'emporte Olivier.
— Ne hausse pas le ton avec moi !
Je ne te permets pas ça !
Je ne t'aime pas, Olivier.
C'est ridicule... pourquoi tu ne comprends pas ? criai-je, hors de moi.
— Héléna... avertit mon frère en me lançant un regard sévère.
Je me fige.
Qu'est-ce que je viens de dire ?
Oh non...
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
