Chapitre 20

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J'ai bien quelque chose à lui dire. Je ne sais pas si cela doit s'appeler un discours ou une déclaration.
Je lui ai déjà fait part de mes sentiments, d'ailleurs... et si c'était à refaire, je le referais sans hésiter. Cependant, j'ai réfléchi à ma manière et j'en ai conclu qu'aujourd'hui, je lui ferai plutôt un discours.
Cette fille me pousse à faire l'impensable. Mais que faire, puisque l'amour exige parfois de souffrir ? Alors oui, je suis prêt à souffrir pour la conquérir. J'espère seulement ne pas m'épuiser un jour.
Je ne veux pas parler de Marina pour l'instant. J'ai laissé mon cœur choisir à ma place, et il m'a clairement fait comprendre que je ne dois surtout pas me lasser de tenter de conquérir le cœur de celle que j'aime, peu importe les difficultés.
Marina... ce prénom me met dans un embarras terrible. Mais je n'ai pas le choix, je dois avouer que je me suis moi-même placé dans une situation dangereuse.
Nous sommes dans une salle de cinéma, et moi, je divague sans prêter la moindre attention à la série diffusée.
Elle est assise de l'autre côté, je ne peux même pas la voir correctement, et pourtant son image me manque déjà.
Oh, elle est si belle que j'en perds mes mots... Héléna.
Oh, ma belle Héléna.
La série enfin terminée, nous nous précipitons à l'extérieur, proposant d'aller manger un bout dans le restaurant le plus proche.
— Marina, assieds-toi près de moi, s'il te plaît, propose Jennifer en s'adressant à Marina, comme si elle était devenue vitale à sa personne. Ce qui m'étonne, car auparavant Jennifer ne manquait jamais une occasion de la quereller afin de soutenir son amie Héléna.
— D'accord, me voici à tes côtés, réplique Marina, toute souriante.
Je suis assis en face d'Héléna, alors je me permets de lui lancer des coups d'œil à peine discrets.
Aujourd'hui, je crois bien être totalement envoûté par elle. Elle est magnifique dans cette robe qui dévoile ses formes à merveille. Mais je suis aussi stressé à l'idée de lui faire part de mon discours. Est-ce qu'elle l'aimera ?
Je prends un énorme risque alors qu'il ne le faudrait pas... Elle ne partage pas mes sentiments.
— En fait, j'espère que vous n'avez pas oublié mon anniversaire ? questionne Héléna, me sortant brutalement de mes pensées.
— Qui pourrait oublier l'anniversaire de cette magnifique princesse ? réplique Samuel sur un ton taquin, ce qui provoque un gloussement de rire général.
Mes yeux se posent sur les siens. Nous nous fixons longuement, ignorant totalement nos amis. Cette situation me perturbe.
M'aime-t-elle aussi sans le savoir ?
Pourquoi soutient-elle mon regard de cette manière ?
Je me fais sûrement des idées. Si elle me regarde, c'est simplement parce que je le fais aussi.
Héléna... si seulement, si seulement tu pouvais m'appartenir.
C'est trop douloureux. Je supporte de moins en moins cette situation. J'ai l'impression d'étouffer, de ne plus respirer. J'ai besoin d'un nouvel air... et cela ne serait possible que si tu m'aimais comme je t'aime.
— Olivier, ça fait deux fois que je t'appelle, lâche Richard en me pinçant le bras.
— Oui, excuse-moi, j'étais ailleurs. Que disais-tu ?
— On parlait de Monsieur Bénévol. Tu te rends compte qu'il ne nous reste que quatre mois avant l'examen ?
— Bien sûr que je le sais. Il a raison, il faut être prêts avant cette date, répondis-je.
— On doit mouiller le maillot ! Et surtout toi, Samuel, tu es trop faible en littérature, mon gars, renchérit Richard en se moquant de lui.
— Eh ! Je t'interdis de te moquer de mon petit ami, intervient Éloïse avec une mine boudeuse.
— Ah voilà, la femme a parlé ! Plus de moqueries maintenant, dit Samuel en pointant Richard avec un sourire. Heureusement que tu es là pour me défendre, mon amour, ajoute-t-il en embrassant sa copine.
L'ambiance est conviviale. En voyant mes amis joyeux, je le suis aussi, sincèrement. Richard a raison : nous devons nous donner à fond pour réussir brillamment cet examen.
Je dois donc mettre mes problèmes de côté, coûte que coûte.
Sur le chemin du retour, nous rions en évoquant notre professeur de mathématiques, tandis que les filles discutent entre elles.
Tout était parfait... mais il manquait encore une chose primordiale à faire.
— En fait, comment on fait pour rentrer ? questionne Éloïse.
— Éloïse, tu viens avec moi. Et toi aussi, Marina, puisque ta demeure se trouve à quinze minutes de la mienne, répond Samuel en nous faisant des accolades.
— Bon les mecs, il va falloir se séparer. On se voit demain à l'école, ajoute-t-il avant de s'engouffrer dans sa voiture.
— Jennifer, on y va, je te dépose chez toi, lance Richard en embrassant furtivement sa copine, sans aucune gêne.
Samuel est déjà installé dans sa voiture et n'attend plus que Marina.
Celle-ci s'approche de moi et m'embrasse à pleine bouche. J'accepte son baiser, sans réfléchir.
Mais en le rompant, je me rends compte qu'Héléna est toujours là...
Qu'est-ce que j'ai fais, putain...

Amour en philosophie ( Fin )Des histoires addictives. Découvrez maintenant