Chapitre 17

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Point de vue d'Olivier
— Je suis perdu, les amis. Honnêtement, je ne sais plus ce que signifie le verbe "décider".
D'un côté, il y a Marina. De l'autre, Héléna. Marina a changé, elle m'aime, je le sais... mais moi, je ne peux pas lui donner ce qu'elle attend, dis-je en les regardant tour à tour.
— Je comprends ta situation, répond Samuel en posant une main rassurante sur mon épaule. Aucun d'entre nous n'a vécu exactement ce que tu traverses, mais sache que nous formons une famille. Notre devoir est de te soutenir et de t'aider à garder la tête froide.
— Tu dois rester fort, comme tu l'as toujours été, ajoute Richard d'une voix plus grave. Laisse le temps répondre à tes questions. Même si Héléna s'éloigne, n'en tiens pas compte. Sois toujours là pour elle. Ne t'éloigne pas... Peut-être qu'un jour elle finira par comprendre. Je prie juste qu'il ne soit pas trop tard, conclut-il en me regardant tristement.
— Vous avez raison. Trop se précipiter en amour n'est jamais bon. Je suivrai votre conseil. Je ne m'éloigne pas d'elle. Je l'aime, et ça ne changera pas tant que je vivrai, répondis-je avec sincérité.
Rien n'est plus merveilleux que d'avoir des personnes qui te soutiennent dans la détresse. J'ai cette chance immense de les avoir à mes côtés, et je dois en tirer profit en écoutant leurs conseils pour avancer.
— En parlant du loup... les voilà, lance Samuel en souriant.
Je dois avouer que j'ai toujours aimé ce gars. Son humour a ce don étrange d'apaiser les tensions. Sans eux, je ne sais pas si j'aurais supporté de rester dans cette ville plus longtemps.
— Oh, vous êtes là depuis un moment, n'est-ce pas ? demande Jennifer en arrivant à notre hauteur.
— Oui, assez longtemps, répondons-nous en chœur.
— Désolée les gars, Jennifer avait vraiment faim, explique Éloïse en mimant un ventre vide comme une enfant. On est retournées à la cantine pour la faire taire.
Je souris malgré moi. J'adore cette famille fraternelle, même avec cet ajout inattendu.
Mon regard se pose sur Marina, timide, presque méconnaissable. Elle a tellement changé que je peine à reconnaître la Marina d'autrefois.
Pendant que mes amis câlinent leurs copines, je reste figé. Devant moi se tiennent deux filles :
ma petite amie... et celle que j'aime réellement.
— Marina, approche s'il te plaît, lui dis-je après avoir salué Héléna d'un baiser sur la joue.
Ce baiser fut bref. Elle s'est aussitôt détachée en remarquant mon regard trop appuyé.
Je dois me reprendre, de peur de commettre une erreur.
Ses yeux de biche ont failli me faire perdre la tête. Cela fait sept jours que je n'avais pas croisé son regard, tant elle les évitait. Et aujourd'hui, à la moindre occasion, je me suis laissé emporter. Cette fille va finir par me rendre fou... alors je préfère reporter mon attention sur Marina, qui m'a même apporté un sandwich.
— Merci pour le sandwich, j'avais vraiment faim. Comment se sont passés tes cours aujourd'hui ?
— Ça va mieux. Je me réintègre peu à peu. Avec Jennifer, je ne m'ennuie pas. Et toi, comment ça a été ? dit-elle avec un sourire qui m'arrache le mien.
Marina est belle, je dois l'admettre. Même si je ne l'aime pas, je ressens quelque chose de doux lorsqu'elle est près de moi. Depuis son changement, je me sens plus à l'aise à ses côtés. Elle me fait sourire, même lorsque je suis perdu, triste ou en colère contre mes pensées.
En si peu de temps, elle m'a prouvé qu'elle est une bonne personne. Voilà pourquoi je ne peux pas lui faire de mal, au risque de le regretter amèrement.
Ma mère m'a toujours dit de donner une seconde chance à ceux qui veulent changer.
Marina s'est éloignée du mal, alors je me dois de la soutenir dans ce chemin, malgré les circonstances.
Héléna est assise à ma droite, près de Samuel. Ils rient aux éclats, comme si sa vie à elle était parfaite.
Évidemment qu'elle l'est... alors que moi, je suis en feu intérieurement, incapable de savoir à qui accorder mon attention.
— Tout s'est bien passé, finis-je par répondre à Marina après quelques secondes d'absence.
— Alors, quel est le programme d'aujourd'hui ? demande Éloïse avec enthousiasme.
Nous échangeons un regard complice entre garçons. Je comprends aussitôt : ils n'ont pas changé d'avis. L'anniversaire d'Héléna approche, et même s'il est encore loin, je veux organiser une surprise. Ce sera ma seule façon de lui dire que je l'aimerai toujours.
— Je pensais à une soirée cinéma. Un film d'horreur est sorti la semaine dernière, non ? propose Richard.
Samuel et moi éclatons de rire. Il sait pourtant que les filles détestent les films d'horreur.
— Vous vous moquez de nos peurs maintenant ? réplique Héléna en pinçant le nez de Samuel et de Richard.
Ce geste me serre le cœur. Pourquoi pas moi ?
Pourquoi fait-elle ça ?
Je garde mes questions pour moi. Je suis jaloux, oui. Je l'ai compris le jour où je l'ai vue avec Max.
Max... ce garçon qui craque pour elle depuis la rentrée. Il ne s'en cache même pas.
Je me rends compte que je me suis trompé. Héléna ne remplacerait jamais notre amitié par une autre. Elle s'est sûrement arrêtée pour lui parler, rien de plus.
Je suis vraiment idiot.
— Bon, si vous maintenez ce programme, je me retire, boude Jennifer.
— On plaisante ! rit Samuel. On se retrouve plutôt à 19 heures pour un film romantique. Ça vous va, les filles ?
— Alors rentrons. Rendez-vous à 19 heures devant le cinéma. Soyez magnifiques, ajoute Richard avec un clin d'œil à Jennifer, qui rougit sous le regard surpris d'Héléna.
Mon esprit est en ébullition.
Héléna aime les romans d'amour, alors qu'elle ne croit pas en l'amour. Comment est-ce possible ?
Cette fille cache quelque chose, j'en suis sûr. Quelque chose de lourd, enfoui au fond de son cœur, que même son frère ignore. Malgré toute notre enfance partagée, elle demeure un mystère.
Mes yeux ne peuvent se détacher d'elle. Elle est si belle que les mots me manquent.
Si j'avais été bon en littérature, je lui aurais écrit mille poèmes pour lui prouver mon amour.
Enfin rentré chez moi, une pensée me traverse : lui écrire, simplement pour savoir si elle est bien rentrée.
Cela fait une semaine que nous ne nous parlons plus.
— Salut, bien rentrée ? écrivis-je.
Dix minutes. Aucune réponse.
Je m'allonge sur mon lit, le cœur serré.
— Héléna, s'il te plaît, ne m'ignore pas... Ne suis-je plus ton ami ? Je veux juste savoir si tu vas bien.
Les minutes passent.
Toujours rien.
Et cette absence de réponse me brise un peu plus.

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