— En huit ans d'amitié, j'ai appris une chose capitale : l'amour amical est plus précieux que tout. C'est pourquoi jamais je ne te laisserai tomber. Je serai toujours là, Héléna. Je t'aime tellement que te savoir si loin de moi me brise le cœur.
J'espère supporter ce poids chaque jour de ma vie, en me rappelant que tu as été mon premier amour, sans arrière-pensée. Ne t'éloigne pas de moi, ne m'ignore pas... c'est tout ce que je te demande, en tant qu'ami, s'il te plaît, Héléna, ajoutai-je en refoulant toute mon amertume.
Je suis un homme. Je dois rester ferme, calme... même si c'est peine perdue. Elle m'a obsédé.
— Je dois rentrer, Olivier. Je ne peux pas te donner ce que tu me demandes. Ma décision reste la même. Tu dois impérativement m'oublier. Je ne veux plus te savoir souffrant à cause d'une telle banalité. On se voit à l'école demain. Passe une bonne nuit.
Sur ces mots, elle s'engouffre dans sa voiture et s'en va.
Je reste là, stoïque, brisé.
Je n'entends plus rien autour de moi alors que mes oreilles sont intactes.
Qu'est-ce qu'elle m'a fait, cette fille...
Je passe une main sur mon visage brûlant. Une larme s'échappe de mon œil droit. Puis une autre. Enfin seul, je les laisse couler, repensant à ses paroles, surtout à celle-ci :
« Je ne veux plus te voir souffrir à cause de cette banalité, Olivier. »
Comment peut-elle dire ça alors que mon cœur est en flammes ?
Comment peut-elle dire ça alors que je l'aime ?
Comment peut-elle dire ça alors que je n'ai plus d'air dans les poumons ?
Héléna... pourquoi tu me fais ça ?
Pourquoi me fais-tu ça ?
Quel mal ai-je commis pour que tu m'écartes de ta vie ?
T'aimer ?
Parce que je t'aime sans savoir pourquoi.
Je t'aime au point de pouvoir mourir pour toi.
Je pourrais crever de faim pour toi, Héléna.
Je t'aime... mais tu ne m'aimes pas.
Je retiens une seule chose : je ne suis plus rien pour toi.
Je monte dans ma voiture, colérique contre moi-même. Je suis dévasté, perdu. Mon esprit est si embrouillé que je ne vois pas la voiture qui vire sur ma droite. Par réflexe, j'appuie violemment sur le frein. Trop tard.
Ma voiture s'encastre contre un arbre.
La vitesse était si élevée que je me sens étourdi...
Puis, l'instant d'après, un trou noir engloutit mes yeux.
Pdv d'Héléna
Mon réveil sonne à neuf heures du matin, ce qui m'agace. Nous sommes en week-end, pas de cours aujourd'hui. Je devais passer la journée à faire du shopping avec mes sœurs et ma belle-mère.
Je me lève et me dirige vers la salle de bain. Arrivée devant la porte, mon téléphone vibre. Je fais demi-tour.
Je le saisis aussitôt.
Une vingtaine de messages d'Éloïse.
Des appels en absence : dix de Samuel... et dix de mon frère.
Mon frère ?
Nous vivons pourtant sous le même toit. Pourquoi m'appelle-t-il ?
Ah... ma porte était verrouillée. C'est sûrement pour ça.
Je décide d'ouvrir la messagerie, espérant qu'il n'y ait rien d'alarmant.
« Héléna, viens vite à l'hôpital central. Olivier est dans un sale état. »
Comment ça, dans un sale état ?
Non... non... comment ça ?
Oh non, Olivier... qu'est-ce qu'il t'est arrivé, bon sang ?
Je l'ai laissé seul hier soir au parking. En rentrant, je ne lui ai même pas demandé s'il était bien arrivé chez lui.
Oh mon Dieu... Olivier...
Éloïse m'a envoyé ce message une dizaine de fois. Je lui réponds aussitôt :
« J'arrive tout de suite. Désolée pour le retard. »
Je prends une douche rapide, enfile un jean, des bottes, un manteau.
Je saisis mes clés et me précipite vers l'hôpital.
À mon arrivée, tous mes amis sont là. Leurs regards me glacent.
Ils ne sont pas chaleureux... ils sont lourds.
Je regarde mon frère.
Je comprends immédiatement : ils sont en colère.
— Je suis désolée... hier, en rentrant, je me suis couchée rapidement. Je n'ai vu les messages que ce matin, dis-je en les regardant tour à tour, la gorge serrée.
— Tu me déçois amèrement, Héléna. Hier, on t'a laissée au parking avec Olivier. Qu'est-ce que tu lui as dit pour qu'il soit aussi troublé au volant ? me lance Jennifer, furieuse.
— Mais... qu'est-ce que je lui ai dit ? Il m'a demandé de ne plus l'ignorer, et j'ai simplement maintenu ma décision. Rien de plus, répondis-je, bouleversée.
— Héléna... pourquoi lui avoir dit ça ? C'est ton ami depuis si longtemps. Ce n'est pas juste, renchérit Marina, les yeux remplis de larmes.
— Olivier est dans un état critique. Ce qui nous reste à faire, c'est d'être soudés pour qu'il s'en sorte, intervient Samuel, inquiet.
— Je suis d'accord avec Samuel, ajoute Éloïse, la voix brisée. Mettons le passé de côté. Prions pour qu'Olivier s'en sorte. C'est tout ce qui compte maintenant.
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
