Chapitre 5

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Chapitre 5
— Héléna, non, ne dis pas ça, dis-je, dépité.
— Que veux-tu que je dise, Olivier ? dit-elle en mimant ses bras, se retournant pour croiser de nouveau mon regard.
— Héléna, je t'aime vraiment. C'est impossible pour moi de vivre sans toi... je ne peux t'oublier... dis-je tristement, car oui, je le suis en cet instant. Le mot « tristesse » semble bien trop faible pour ce que je ressens.
Je me retourne et fais un pas vers nos amis. Nous nous regardons calmement. Il me manque encore une chose : leur dire à quel point ils m'ont soutenu.
— Héléna, ce n'est pas de leur faute. S'il y a quelqu'un à détester et à bannir parmi tes amis, c'est bien moi. Eux, ils m'ont juste soutenu. Oui, ils m'ont soutenu, car c'est en partie grâce à eux que j'ai pu tenir le coup jusqu'à ce jour... continuai-je, en les laissant près de moi tout en scellant mes yeux aux siens.
Je t'ai avoué mes sentiments, et ce n'est pas pour que tu fasses de même, car je sais que tu ne m'aimes pas et que peut-être tu ne m'aimeras jamais. J'ai voulu te le dire, et je ne regrette rien, car c'est la pure vérité. Si tu considères que je ne suis plus ton ami après cela, je ne te forcerai pas. C'est ta décision, et je la respecterai.
— Olivier, en quoi eux t'ont-ils soutenu dans toute cette... banalité ? répond-t-elle, incrédule.
Après sa question, je reste hébété. Pour elle, toute ma déclaration n'est qu'une banalité ? Tout ce que je ressens n'est qu'une baliverne ? Est-ce réellement possible ? Mais qu'est-ce qui se passe dans sa tête ? Ce n'est pas possible...
Je m'apprête à répondre, mais son frère me devance :
— Héléna, arrête de raconter de telles âneries ! lui reproche-t-il. Si tu ne crois pas en ce mot, alors ne dis rien de méchant à ceux qui y croient...
Elle le regarde, incrédule et coléreuse.
— Je dois donc acclamer sa déclaration ? C'est ça que tu veux me faire comprendre ? Je m'en fiche que ce soit méchant ou pas, car je ne veux rien entendre à ce sujet. Il le savait pourtant... alors pourquoi m'avouer cela ?
— Héléna, nous formons une famille. Tu t'en souviens, au moins ? demande Jennifer, pantoise.
— Oui, je le sais, mais pas de cette manière, clarifie-t-elle.
— Oh, d'accord, c'est comme tu le penses, Héléna. Puisqu'il est impossible de te faire changer d'avis, ce qui est sûr, c'est que nous avons tous soutenu Olivier depuis cinq ans. Cela devenait trop, alors c'était la plus belle idée de lui laisser t'avouer ses sentiments, ce que toi tu qualifies de baliverne. On ne te reproche pas de ne pas l'aimer, loin de là, mais ce qu'on te demande, c'est d'arrêter cette méchanceté, surtout lorsqu'on évoque ce sujet. Si tu nous aimes vraiment tous ici présents, tu dois vouloir nous voir heureux. Alors, arrête enfin ces jugements morbides concernant l'amour et garde-les pour toi... conclut Éloïse en posant ses mains sur ses épaules.
— Oh, d'accord, c'est compris... dit-elle en feignant un sourire, ce qui fait sourire également sa meilleure amie.

Pdv d'Héléna
— Je m'excuse si je semble méchante sur ce sujet. Navrée, dorénavant j'apprendrai à être moins sournoise... Néanmoins, en ce qui te concerne, Olivier, j'ai entendu ce que tu as dit, mais je ne t'aime pas comme tu le prétends. Je t'aime en tant que frère et ami, dis-je, agacée par l'ampleur de notre discussion.
Oui, je dois admettre que ça m'agace, surtout lorsque l'on insiste sur ce sujet. Toutefois, Éloïse a sûrement raison : eux, ils sont pleinement heureux avec ce mot, alors je ne dois pas m'en mêler ni tenter de leur voler ce bonheur en le dénigrant. Ils ne sont pas comme moi.
Après ma clarification, Olivier s'approche et me prend dans ses bras. Je ne le repousse pas ; je me contente d'accepter son étreinte et de le serrer à mon tour.
Une fois l'étreinte terminée, il reste immobile, me regardant brièvement, ce que je n'arrive guère à comprendre. Il ouvre la bouche, et je tends l'oreille pour l'entendre :
— Héléna, je te demande pardon, dit-il tristement.
— Pourquoi me présentes-tu des excuses ? Ce n'est pas à toi de le faire, mais à moi. Je dois admettre que j'ai été trop dure avec vous, alors je vous demande à tous de m'excuser, d'accord ? dis-je, en les dévisageant tous.
— Ce n'est rien, Héléna, répondent-ils en chœur.
— Cependant, en ce qui te concerne, Olivier, je veux que tu apprennes à m'oublier. Ce que tu ressens pour moi, je ne pourrai jamais le partager. S'il te plaît, je ne veux pas te faire de mal, alors tu dois m'oublier.
— Ce que tu me demandes est impossible, Héléna, dit-il en plantant ses yeux dans les miens.
— Rien n'est impossible, Olivier. Tu verras, en essayant, cela pourrait marcher... rétorquai-je, agacée.
Après cette phrase, il reste décontenancé. Il ouvre la bouche, mais rien n'en sort. Il regarde nos amis et, après un échange de regard, dit enfin :
— On doit se rendre en cours maintenant.
Ainsi, il marche vers la sortie, suivi des autres, me laissant seule, submergée par toutes ces révélations.
Je pénètre en classe avec trente minutes de retard. Le professeur me signale de ne plus recommencer si je ne veux pas être convoquée.
La cloche retentit, je me lève, éreintée, et range mes affaires. Je constate soudainement une silhouette devant moi et lève les yeux.
Ce n'est que ma meilleure amie, me souriant de toutes ses dents comme si elle venait de gagner à un jeu.
— Qu'est-ce qu'il y a à sourire ainsi, débilement ? dis-je d'un ton enjoué.
— Eh bien, c'est parce que, pour une première fois, tu es venue en retard à un cours... et pas n'importe lequel !
— Je vois... franchement, qu'y a-t-il de drôle ? Oh, j'ai même failli oublier que c'est toi la reine du retard. Ainsi, ça te plaît que je puisse te ressembler ?
— Évidemment ! dit-elle, propulsant ses cheveux en arrière comme une reine. Nous sortons de la classe en riant toutes les deux.

Amour en philosophie ( Fin )Des histoires addictives. Découvrez maintenant