Chapitre 39

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PDV d'Olivier
— Excusez-moi, où habite Monsieur Patson ? J'aimerais le rencontrer, s'il vous plaît. Je souhaiterais lui parler, je vous en prie...
— Calmez-vous, mademoiselle, et dites ce que vous cherchez. C'est un domaine privé ici, on ne fait entrer personne.
Cette femme était une fille, il y a des années. Elle a tellement changé.
Je suis le seul à entrer et sortir d'ici. Personne d'autre ne pénètre dans cette résidence.
Que fait-elle ici ? Et qui lui a montré cet endroit ?
Je dois avouer que je suis surpris. Je ne m'attendais plus à la revoir dans cette vie. J'avais perdu tout espoir.
Quelle vie, d'ailleurs ? Puisque je n'ai plus aucune raison d'espérer.
Mais si elle est là, c'est bien pour me retrouver.
Néanmoins, qui retrouvera-t-elle, alors que je ne suis plus moi-même sans elle ?
Je n'ai pas pu la conquérir, alors je n'avais plus aucune raison de vivre.
L'amour m'a détruit.
Comment ai-je fait pour l'aimer à ce point ?
Comment peut-on aimer ainsi ?
Ça arrive sans prévenir. Je l'aime tant, et cet amour a grandi jour après jour, jusqu'à ce qu'aujourd'hui, la voir se quereller avec mes gardes pour me revoir fasse gonfler mon cœur de joie.
Oh... elle est si belle qu'aucune fleur au monde n'égale sa beauté.
Elle est si belle que tous les mots merveilleux du monde ne suffiraient pas à la décrire.
Elle est si belle que même le plus amoureux des hommes ne pourrait l'aimer comme je l'aime.
Oh Héléna, ma douce Héléna...
Tu es là. Revenue pour moi.
Tu as bien fait, je t'assure. Car mes jours de disparition dans ce monde s'approchaient à grands pas.
Tu es mon oxygène. Il me restait peu de temps avant ton arrivée... mais plus maintenant.
Te revoir a rallumé en moi une flamme de vie éternelle, que ton absence avait calcinée.
Oh ma douce Héléna, que tu es belle... Je te promets de ne plus jamais te laisser repartir sans moi, car à ton départ, je mourrais aussitôt.
Tu m'as tant manqué.
Je t'ai attendue jusqu'ici.
Ne t'éloigne plus... même en pleurs, tu resteras ma dulcinée, la plus belle de toutes les femmes.
— S'il vous plaît, je suis Héléna, laissez-moi le voir une seule fois, je vous en prie... implorait-elle en larmes, quittant le domaine, suivie de près par mes gardes.
Il faut que j'intervienne.
Maintenant.
Elle ne doit pas partir. Celle que j'attends depuis si longtemps.
— Gardes, attendez !

PDV d'Héléna
À l'entente de cette voix masculine, je me retourne immédiatement.
Il est là.
Debout à l'embrasure de cette bâtisse.
Si robuste que je perds la voix.
Ses cheveux relâchés tombent sur ses épaules tel un guerrier des dieux antiques.
Olivier... est-ce réellement lui ?
— Olivier... est-ce toi ? criai-je pour être certaine qu'il m'entende.
Il ne répond pas tout de suite.
Je me détache des gardes cagoulés et m'avance lentement dans l'allée.
— Olivier... est-ce toi ? répétai-je en pleurs.
Il a tellement changé. Je ne l'avais aperçu qu'une fois, à distance, au mariage de Richard.
À cinq mètres de moi, une larme perle sur sa joue.
— Oui... c'est bien moi, Héléna. C'est moi, Olivier.
— Olivier... mon Olivier... dis-je en sanglots. Je suis désolée. Tellement désolée de t'avoir infligé tout ce mal. Pardonne-moi. Je suis là. Je suis venue te chercher. Je t'aime, Olivier... je suis enfin prête...
Il ne dit rien.
Il ouvre simplement les bras, m'invitant à m'y réfugier.
Alors je ne dis plus rien.
Je cours vers lui.
Je me jette dans ses bras.
Mon Olivier...
Je l'ai retrouvé.
— Je t'aime follement, mon Olivier. Si tu savais comme je suis désolée... pardonne-moi, soufflai-je contre son épaule, en pleurs.

PDV d'Olivier
Oh, comme elle m'a manqué...
Je dois la calmer. Elle est dans mes bras à présent, et je ne veux plus jamais la voir pleurer.
Je ne veux plus de remords.
Je n'attendais qu'elle, même si l'attente fut longue et douloureuse.
Le présent compte plus que le passé.
J'ai trop souffert de cet amour, de son absence... mais aujourd'hui, tout est apaisé.
Elle est là.
Dans mes bras.
Et je l'aime plus que jamais.
— Héléna, je t'ai pardonnée depuis longtemps. Ne pleure plus. Merci d'être venue. Tu as tenu ta promesse : tu m'as cherché... et tu m'as trouvé. Je suis heureux.
— Moi aussi... mais je ne peux pas m'arrêter de pleurer. J'ai failli te perdre.
— Mais tu ne m'as pas perdu. Je suis là. C'est bien moi.
— Oui... tu as raison. Je t'aime, Olivier. Je te rendrai heureux chaque jour à partir d'aujourd'hui. Demande-moi tout ce que tu veux...
Je la regarde dans les yeux.
Alors je m'agenouille.
— Épouse-moi, Héléna. Je ne peux plus vivre en te sachant loin de moi alors que nous nous sommes retrouvés. Épouse-moi.
Je pose les deux genoux à terre.
Cette femme mérite que je m'agenouille pour elle.
— Héléna... épouse-moi.
Elle ne répond pas.
Ses larmes coulent encore...
Mais un sourire éclaire son visage, étonnée, bouleversée.

Amour en philosophie ( Fin )Des histoires addictives. Découvrez maintenant