PDV d'Héléna
— Te voir ici me rappelle l'ancienne époque, lorsque nous formions une famille à quatre, lâche mon père à mon arrivée.
Je suis venue avec mon frère, car je veux qu'il soit inclus, et que toute cette histoire soit enfin enterrée. J'étais sur le point de gâcher ma vie à cause des infidélités de nos parents.
— Non... une fausse famille secrète... J'étais jeune, et cela a bouleversé ma jeunesse, père.
— Je sais de quoi tu parles. Évidemment que vous êtes au courant de cette affaire. Nous n'avons jamais voulu en parler, mais avec le tribunal, vous avez tout entendu, renchérit mon père, le regard triste.
— Je comprends ce que cela a provoqué psychologiquement en vous. Vous étiez très jeunes à l'époque et nous ne pouvions pas vous en parler, les enfants. C'était aussi douloureux pour nous, d'avoir été forcés à nous unir pour des raisons matérielles. Mais tout est fini, et j'en suis soulagée, réplique mère avec un sourire triste.
— Oui, vous avez raison. Nous ne vous en voulons de rien, car le cœur a ses raisons que la raison ignore. Mais celle qui a le plus souffert de tout ce passé, c'est Héléna. Elle a failli tout perdre à cause de cette peur qui s'était installée en elle, argumente mon frère en posant sa main sur la mienne.
— Et c'est normal, Richard. Tout enfant serait déboussolé après tout ce qui s'est passé au tribunal, dit père d'un ton interrogateur.
— Non, ce n'est pas normal de surprendre son père avec son amante sur le lit conjugal, et de voir sa mère s'amouracher avec son amant. J'ai été détruite en ces deux jours consécutifs. Quel destin ! Lâchai-je, en me levant rageusement. J'étais faible, et j'ai laissé ce secret enfoui en moi pendant des années, à ne le dire à personne. Voilà pourquoi j'ai repoussé les hommes... et pourquoi je l'ai repoussé chaque fois qu'il voulait faire plus que son ami. Comprenez-vous ?
— Oh, ma fille... je... je suis tellement navrée pour cela, balbutie mère en se levant pour me prendre dans ses bras.
— Ma fille, tu as raison... c'est souffrant et anormal tout ce que tu viens de dire. « Honteux » est le mot approprié. Pardonne tes parents, lâche père en baissant le visage.
— Je t'en supplie, ne nous en veux pas, ma fille. Je comprends et soutiens le point de vue de ton père : c'est anormal.
— Je vous ai déjà pardonné il y a tant d'années... mais je dois avouer qu'aujourd'hui, je suis sûre de l'avoir fait. Vous m'avez donné l'occasion de comprendre vos vraies intentions. Maintenant, je comprends mieux pourquoi on ne doit jamais empêcher deux amoureux de s'unir. Sinon, les conséquences sont catastrophiques... et je suis la preuve concrète. Comme je le disais : je vous pardonne, et je laisse toute cette histoire derrière moi.
— On est fiers de toi, si fiers de toi Héléna ! Tu as un grand cœur, tu as supporté... alors nous te souhaitons un bonheur absolu avec ton cher époux, ajoute mère en me serrant dans ses bras.
Père me tend son bras et je cours me blottir contre lui.
— Ma fille, dit-il, as-tu trouvé le bonheur avec Olivier ? Je serai toujours protecteur et je peux voir cette flamme qui brûle dans vos yeux, mais je veux l'entendre de ta bouche pour être rassuré... sinon je chercherai tes affaires sur le champ ! Son ton sérieux me fait sourire.
— Je suis plus qu'heureuse avec Olivier. Je l'aime tant, père.
— Et moi aussi, je t'aime tant, ma douce Héléna, renchérit une voix derrière moi. C'est celle de mon époux. Son regard brûlant se pose lourdement sur moi... je l'aime, c'est indéniable.
— Comment vas-tu, mon fils ? questionne père en lui tendant la main.
— Je vais bien... mieux depuis que votre fille est proche de moi. Et ce, pour l'éternité.
— Je suis heureux de vous savoir aussi amoureux. Nous avons tous attendu cela pendant des années, rajoute père en souriant.
— Je vous promets de prendre soin de votre fille et de ne jamais lui faire de mal, affirme Olivier.
— Et je suis totalement rassuré. Oui, totalement. Elle est à toi... soyez heureux. Je bénis votre couple, termine-t-il, nous regardant tour à tour.
— Merci, papa, je vous en remercie. Merci aussi maman... et à toi, Richard, pour tout ce que tu as fait et continues de faire pour moi.
— De rien, petite sœur, c'est tout à fait normal, sourit mon frère.
Encore une journée en famille. Demain matin, nous prendrons l'avion pour passer la soirée ensemble.
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
