PDV d'Olivier
— On se sert un verre pour réfléchir à quoi se dire, les mecs ? rouspète Samuel en brisant le silence.
— Oui, tu as sûrement raison, vas-y, réplique Richard.
Malgré que tout semble s'arranger, je me sens toujours étrangement mal. J'espère que tout se passera bien avec ma mère... la façon dont elle avait craché son venin il y a deux ans me laisse penser qu'elle n'acceptera pas Héléna comme mon épouse. Je sens que je pourrais commettre l'irréparable.
Toujours dans mes pensées, je me touche le visage, couvert de perles de sueur.
— Olivier, tout va bien ? me questionne Richard, inquiet.
— Je ne saurais le dire, Richard... je m'inquiète un peu pour ma mère.
— Je te comprends, mais n'oublie pas : on ne sépare pas deux personnes qui s'aiment. La preuve, regarde nos parents. Je suis certain qu'elle ne pourra pas empêcher ce mariage, finit-il par dire.
Je le regarde, hébété. Comment a-t-il deviné pour le mariage ? Je n'ai rien mentionné concernant Héléna et moi depuis mon arrivée...
Puis je comprends : il a deviné parce que nous allons nous marier très bientôt. Nous n'avons pas encore fixé la date car il faut tout préparer avant l'union.
— Comment sais-tu que je lui ai demandé en mariage ?
— Eh bien, le revoilà qui devient cachottier, réprimande Samuel en brandissant une bouteille de whisky.
— Non, non... c'est que je...
— Je sais quoi ? Tu te fous de notre gueule, c'est ça ? Tu crois qu'on ne te connaît pas ? Je suis sûr que c'est la première chose que tu lui as proposée dès son arrivée, renchérit Samuel, un brin moqueur.
Il n'a pas tort... Je me rappelle ce moment. Après qu'elle m'ait dit de demander tout ce que je voulais, je n'ai pas réfléchi deux fois avant de lui faire ma demande de mariage.
Quoi de mieux que de demander la main de la seule femme qui a fait chavirer mon cœur dès que l'occasion se présente ?
— C'est ça, moquez-vous de moi. Bon, vous avez raison... plus de cachotteries à partir d'aujourd'hui, répliquai-je, perdu dans la lune.
Je me rappelle encore de son sourire, de ses larmes de joie lorsque je lui ai fait ma demande. Ma douce Héléna est tellement belle, en toutes circonstances. J'aime tout chez elle : ses larmes, son sourire, ses lèvres... sa taille moyenne, tout. Tout chez elle est parfait. Et je suis si heureux qu'elle soit à moi... oui, à moi seul.
— Allez, Olivier, arrête de cogiter et raconte-nous bon sang ! lâche Richard en me sortant de mes rêveries.
— Je lui ai fait ma demande de mariage, les amis. Deux genoux à terre, une larme perlant sur ma joue. C'est fou comme je me sens mieux aujourd'hui... même si j'ai patienté tant d'années. Je suis trop joyeux ! finis-je par dire.
— Nous le sommes aussi, mon ami ! Je vois ma sœur rayonner, et grâce à ta persévérance, je vous souhaite d'être heureux. Vous avez tant souffert... Je suis fier de toi, Olivier. Ton amour pour elle est inébranlable. Depuis toutes ces années, tu l'as patientée comme un malade. Je te fais confiance pour la rendre heureuse dans tes bras.
— Merci, Richard. Tout cela grâce à ton soutien de grand frère. Je t'en suis infiniment reconnaissant, déclamai-je en lui faisant une accolade amicale.
Héléna a beaucoup de chance d'avoir un frère comme lui. Moi, je suis enfant unique, et parfois je me sens si seul. Si seulement j'avais eu des frères, tout aurait été différent...
— Mon pote, félicitations ! Je suis fier et heureux pour toi. Nous te soutiendrons, peu importe les circonstances.
— Merci Samuel, merci pour tout.
Une accolade suffit pour sceller notre amitié après tant d'années.
PDV d'Héléna
Une semaine a passé et je ne vis que dans la joie.
Il y a deux jours, après nos retrouvailles, je suis retournée à Paris pour régler certaines affaires. J'ai transporté mon cabinet d'avocat à Lille pour éviter trop de déplacements chaque semaine.
Mes parents sont très heureux pour moi et mon couple, et ils nous ont donné leur bénédiction. Il ne reste plus que la famille d'Olivier pour que notre mariage soit officiel.
Mes trois petites sœurs sont fières de mes exploits et impatientes d'assister à notre union. Moi aussi, je trépigne d'impatience de passer ma vie avec l'homme que j'aime de tout mon cœur.
J'ai été récemment affectée dans la grande université littéraire de Lille comme docteur en philosophie, et je suis très heureuse.
Après ma brillante réussite scolaire, je n'avais jamais ressenti un tel bonheur. Aujourd'hui, je suis fière de moi, mais surtout, ma vie est pleinement joyeuse grâce à l'amour que j'ai incorporé à ma philosophie quotidienne.
Je suis heureuse... vraiment heureuse.
Aimer cet homme magnifique, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, est un cadeau.
Ma seule crainte reste sa mère, qui pourrait ne pas accepter que nous soyons ensemble après toute la souffrance que j'ai infligée à son fils bien-aimé.
Il est 14 h, et je suis enfin prête à aller voir la famille d'Olivier.
Il y est allé avant moi, car j'ai reçu de nombreux colis pour l'aménagement de mon nouveau bureau à Lille.
Il m'a laissé l'adresse de ses parents, alors j'y vais pour ne pas les faire trop languir.
En réalité, trois jours après nos retrouvailles, Olivier était allé visiter ses parents seul, pour éviter de les énerver, surtout sa mère, qui le croyait mort quelque part dans le monde depuis deux ans.
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
