Chapitre 41

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PDV d'Olivier
— Samuel, est-ce que Richard a raison dans ce qu'il dit ? questionne Éloïse en reluquant son époux.
Je ne voulais pas les inquiéter en leur révélant tout cela il y a deux ans, mais aujourd'hui mes cachotteries ont porté de mauvais fruits.
Nous nous retrouvons à nous disputer à cause de ma disparition sans signe de vie, et je reconnais ma faute. Couper tout contact avec mes amis n'a jamais été une bonne idée.
Samuel se retrouve maintenant dans une impasse à cause de mes agissements, et je dois tout régler, même si je sais qu'ils ont énormément souffert de mon absence.
— Oui... c'est vrai. Richard a vu juste. Je savais où il se cachait pendant tout ce temps, mais... réplique Samuel avant même que je n'ouvre la bouche pour expliquer ma version.
Ce n'est pas vrai...
Éloïse va le mitrailler de reproches alors qu'il n'a absolument rien fait de mal. C'est moi qui lui avais demandé de se taire.
Je les vois tous choqués, et Éloïse s'enrage.
Comment réparer ma faute à présent ?
— Samuel, pourquoi avoir fait ça ? Je t'ai posé la question à plusieurs reprises parce que tout le monde était inquiet pour notre ami. Tu travailles avec lui, on se disait que tu savais tout... et on avait raison alors. Pourquoi nous avoir laissés dans un tel état alors que tu étais en contact avec lui ? questionne-t-elle, dubitative, en se levant brusquement de son siège.
Je dois organiser ce chaos rapidement. Éloïse est enceinte, Jennifer aussi, ce n'est pas logique qu'elles se mettent dans un tel état.
— Non, Éloïse... il n'y est pour rien. C'est de ma faute. Si vous me laissez parler, tout sera résolu, dis-je en baissant la tête.
Héléna est assise juste à mes côtés, et la savoir écouter cette histoire ne me met pas à l'aise.
En réalité, je me suis éloigné à cause de ma mère... tout ce qu'elle avait dit sur Héléna m'avait complètement retourné le cerveau.
— D'accord, nous t'écoutons, Olivier. Mais sache que tu dois être franc si tu veux qu'on te pardonne, renchérit Jennifer en se levant à son tour.
Je me demande si elles se rendent compte de leur état... faut croire que les hormones prennent le dessus, leurs réactions ne sont plus celles d'autrefois.
— Après ton mariage, Richard, je suis rentré immédiatement en ville pour gérer les affaires... et surtout pour prendre du recul. Je me sentais affaibli en vous voyant tous heureux, sauf moi. Ce n'est pas que je ne l'étais pas pour vous, loin de là, mais je souffrais d'un amour impossible...
Je m'arrête quelques secondes, observant leurs réactions.
Ce que je vois me serre le cœur : j'ai une famille merveilleuse, toujours présente dans chacune de mes peines.
Je m'en veux tellement d'être parti sans leur parler pendant deux ans.
Je remarque une larme sur le visage de ma douce Héléna et la prends aussitôt dans mes bras. Je sais qu'elle se sent coupable, mais je refuse qu'elle porte ce fardeau.
— En rentrant en ville, ma mère m'a appelé. Je l'ai rejointe. Elle m'a clairement fait comprendre qu'elle n'acceptait pas que son unique fils gâche sa vie pour une fille qui, selon elle, ne m'avait jamais aimé... Elle a traité Héléna de tous les noms. J'étais déjà brisé, et ses paroles m'ont achevé. Mon esprit était retourné... et dans un accès de colère, j'ai décidé de m'éloigner.
Je marque une pause.
— Quelques jours plus tard, j'ai appelé Samuel pour tout lui expliquer.
Je les regarde : calmes, silencieux... comme s'ils comprenaient déjà.
Ils sont merveilleux. Je suis l'homme le plus chanceux de l'univers de les avoir comme amis.
— Je lui ai demandé de ne rien dire à personne, de respecter ma décision. Il l'a fait, sans jamais me contredire. J'avais besoin de recul... je n'avais plus aucun espoir. Mais j'avais tort. Parce que je vous avais, vous.
Vous êtes plus que ma famille... sans vous, je n'aurais pas tenu.
Pardonnez-moi, je vous en prie. Je reconnais ma faute. Je veux la réparer. Je vous aime tant.
Éloïse s'approche de moi et m'assène une gifle avant de se jeter dans mes bras en pleurs, imitée aussitôt par Jennifer.
Un rire m'échappe malgré la douleur — Éloïse ne m'a vraiment pas raté.
Ces deux-là sont clairement dans un état émotionnel... appelons ça la grossesse.
— Tu nous as tellement manqué, Olivier. Ne refais plus jamais ça, rétorque Richard en souriant comme un idiot.
Il ne changera jamais.
— Je vous le promets, les amis.
À peine ai-je terminé que je vois Héléna disparaître de mon champ de vision, happée par les questions de ses amies.
Elles étaient encore dans mes bras il y a quelques secondes... comment ont-elles fait pour partir si vite ?
Je dois vraiment apprendre à contrôler mes pensées.
Nous restons seuls, entre hommes, debout, silencieux.
La vie est ainsi faite : pleine de surprises.
On a tous grandi. Richard est devenu le plus costaud, Samuel le plus musclé... et moi, le plus grand en taille.
Oui.
Tout a changé.

Amour en philosophie ( Fin )Des histoires addictives. Découvrez maintenant