— Je vais devoir partir, Richard, émet Marina en s'effaçant de mon étreinte.
Mon frère la regarde aussitôt.
— Merci, Marina. Je peux t'accompagner si tu veux...
— Non, ce n'est pas la peine. J'y vais, parlez entre vous, dit-elle en le coupant.
Elle passe alors ses bras autour des autres pour une dernière étreinte.
Arrivée au tour d'Olivier, elle se place devant lui. Il se lève pour la regarder dans les yeux, un léger sourire attendri sur les lèvres.
— Marina, je ne sais pas quoi te dire... commence-t-il doucement.
Un simple merci. Je ne t'en veux pas. Bon voyage.
On reste en contact, et si jamais tu as besoin de nous, on sera toujours là.
Olivier est un bel homme. Une fille rêverait d'avoir quelqu'un comme lui.
Ses cheveux longs, puissants, tombent en cascade sur son dos. Son teint bronzé, ses yeux fins et expressifs, tout chez lui dégage un charme naturel.
Même en admirant sa beauté, ma gorge se serre. Je me sens bloquée, incapable de formuler un mot.
— De rien, Olivier. J'ai beaucoup appris grâce à vous tous.
C'est grâce à vous que j'ai changé.
Je vous ferai signe dès mon arrivée, dit-elle avant de s'éloigner.
Après son départ, le silence tombe sur la pièce.
Je les dévisage, encore choquée, la boule au fond de la gorge.
— Bon... qu'est-ce que je fais maintenant ? me demande-je à voix basse.
Je ne sais même pas quoi leur dire. Je suis déçue.
— Héléna, tu ne nous as encore rien dit, commence Éloïse...
— Ça ne sert à rien. Marina a déjà parlé pour vous, la coupe-je.
Je ne veux plus revenir sur ce sujet.
Il appartient au passé.
Ce n'est pas de votre faute.
Mais je suis déçue de ce que vous avez fait derrière mon dos.
Et je vous le dis : ne le refaites plus. Je ne crois pas en ce que vous croyez, d'accord ?
— Héléna, il faut... commence Samuel.
— Non. Je ne veux plus en parler, l'interrompis-je.
J'ai posé ma question. À vous de répondre.
— D'accord, si c'est ce que tu veux... dit Éloïse.
Mais sache que tout ce que nous avons fait, c'était pour ton bonheur. Nous ne voulions en aucun cas ton malheur.
— Je comprends ta peine, Héléna. Et je ne suis pas si naïve que toi, réplique Jennifer.
— Jennifer, ça ne sert à rien, intervint Richard.
— Laisse-la finir, dit-il finalement.
— Attend... j'ai bien entendu ? m'exclamai-je intérieurement.
À cause de cette banalité, elle me pense naïve ? Moi, naïve ?
Alors que j'essaie juste de me protéger...
— Héléna, je suis désolée. Je ne voulais pas te blesser, dit Jennifer en s'approchant.
Je m'inquiète sincèrement pour toi, ne le prends pas mal.
— Je sais que tu t'inquiètes, mais ce n'est pas nécessaire.
Je vais bien, Jennifer.
Je ne suis pas comme vous.
Tu aimes mon frère et lui t'aime, mais moi... je n'ai jamais aimé. Et je ne veux jamais aimer.
Ce n'est pas dans ma conception.
Comprends-tu ?
— D'accord, je comprends, dit-elle, déçue.
Je ne comprends pas pourquoi ils insistent sur ce sujet.
Je voudrais qu'ils acceptent que ma conception de l'amour est différente.
— D'accord, Héléna, on comprend, ajoute Samuel, le regard plein de déception.
— D'accord, Héléna, dit Éloïse en touchant mon épaule.
Je croise son regard inquiet, et je me demande encore pourquoi.
— D'accord, Héléna, promet mon frère, me regardant droit dans les yeux.
— D'accord, Héléna, ajoute une voix derrière moi.
C'est Olivier.
Sa voix, calme et profonde, me fait suffoquer de l'intérieur.
Je me lève. Les autres m'imitent. Tous debout dans le salon.
Olivier s'approche et saisit ma main pour la poser sur la sienne.
Mon cœur s'emballe. Il est si proche.
— Héléna, tu as toujours été ma meilleure amie, malgré l'écart d'âge entre nous.
Je ne veux pas te perdre pour ce que tu appelles banalité.
Oublions tout cela.
Tu es d'accord ?
Ses yeux sont accrochés aux miens.
Et pour la première fois depuis longtemps, je sens une chaleur douce envahir mon cœur.
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
