Une nuit de plus est passée. Une nuit depuis que je l'ai laissée hanter mes rêves, alors qu'elle ne m'appartient pas.
Une nuit encore et je n'ai toujours pas pu la faire mienne.
Jusqu'à quand cela va-t-il durer ?
Jusqu'à quand me résistera-t-elle ?
Jusqu'à quand changera-t-elle de conception ?
J'ai bien compris à présent que cet amour semble impossible... et pourtant, on m'a toujours appris que tout peut être possible.
Alors, j'espère encore qu'un jour, elle sera à moi.
Nous sommes au quatrième jour des examens. Voilà quatre mois que je suis sorti de l'hôpital.
Les jours passent si vite... trop vite. L'idée de me séparer de mes amis à la fin de l'année scolaire me turlupine l'esprit.
Comment ferai-je sans la voir pendant des années, alors que je suis habitué à la croiser dès que l'envie me prend ?
J'espère tenir le coup, pauvre garçon que je suis.
— Il ne manquait plus que ça... je suis en retard de quinze minutes en ce dernier jour d'examen.
Héléna, pourquoi possèdes-tu tout mon esprit ?
Je me rappelle qu'il y a deux mois, après ma sortie de l'hôpital, j'avais annoncé que je comptais poursuivre mes études universitaires auprès de mes parents.
Leur tristesse et leur déception étaient palpables. Samuel aussi devait rejoindre son père à Lille, après avoir passé douze ans à Paris avec Jennifer et leur mère.
Je me console en me disant qu'un des nôtres sera près de moi pour me soutenir chaque fois que Héléna me manquera.
En tout cas, je pourrai les appeler à chaque instant pour ne pas perdre le fil... surtout avec Héléna.
— Olivier PATSON, vous êtes en retard ! Même ce jour, c'est pas possible ! Bon, vous pouvez entrer, déclara le surveillant.
— Merci, Monsieur, répondis-je, le cœur battant.
Je suis stressé... cet examen est décisif. Heureusement, c'est la dernière épreuve.
Midi sonne enfin, et je rejoins mon domicile. Mes amis y sont sûrement déjà, comme d'habitude.
En réalité, cela fait une semaine que je n'ai pas vu Héléna, Éloïse et Jennifer. Elles avaient promis de nous laisser seuls pour l'examen. Et ça a marché... même si Héléna hante toujours mes pensées.
— Les gars, vous êtes si ponctuels ! émis-je en entrant.
Ils sont affalés sur le fauteuil comme s'ils avaient soulevé des tonnes de ciment. Incroyable qu'une épreuve puisse les fatiguer autant.
— Olivier, tu sais qu'on a toujours eu cette habitude... mais toi, ta manie d'être en retard, elle ne te quittera jamais. Et aujourd'hui encore, tu l'étais, enchaîne Richard.
— Pas tort... dis-je en baillant. J'ai si sommeil à force de nuits blanches, ajoutai-je.
— Tu veux dire à force de penser à Héléna, autrement dit dans tes rêves, me taquine Samuel avec un sourire provocateur.
— Tu crois vraiment ? posai-je encore la question.
— Non... je veux dire que cette fille va te rendre fou mentalement. Tu devras suivre notre plan pour éviter une mort subite, éclata-t-il de rire, accompagné de Richard.
Ils se moquent de moi ?
Il est hors de question que je suive leur plan ! La dernière fois, ils m'ont presque fait perdre Héléna.
Et maintenant que je sais tout... je ne peux pas accepter.
Richard est le créateur de tout ça... il veut vraiment que je fasse ça ?
De toute façon, cela n'aidera en rien pour qu'elle m'aime.
Ils se moquent vraiment... ou font semblant.
Je suis sérieux : j'aime cette fille !
— Oh, arrêtez de rire, c'est bon les mecs ! dis-je, les coupant brusquement.
— Dans deux semaines, elle fête ses seize ans. Olivier, tu t'en vas bientôt.
Je suis sûr qu'Héléna t'aime... Je n'ai pas encore pu lui parler ni présenter mes excuses pour ce qui s'est passé il y a deux mois. Je compte le faire maintenant que je suis prêt à l'affronter sereinement, dit Richard.
— Richard... je comprends tout ça, mais je ne sais pas...
Elle ne m'aime pas comme je l'aime.
Pour elle, c'est amical... alors que moi, je veux plus.
Je suis juste un égoïste.
— Ne dis pas ça, Olivier. Si Richard le dit, c'est qu'il a raison.
Je pense qu'après ton départ, elle comprendra. Cette pauvre fille a tant souffert, c'est pourquoi elle se renferme.
Je suis sûr qu'un jour, elle changera. Laisse le temps faire son œuvre, renchérit Samuel en nous regardant tour à tour.
— Oui, je suis d'accord avec toi, Samuel. Merci, mon pote, dit Richard en l'embrassant sur l'épaule.
— Moi aussi je suis d'accord, Samuel. Merci pour tout ce que vous faites pour moi, dis-je, les serrant à mon tour.
Ce simple geste me console profondément, du plus profond de mon cœur.
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
