PDV d'Héléna
J'ouvre difficilement les yeux.
Un bruit régulier m'entoure, celui de plusieurs machines. Où suis-je ? Que se passe-t-il ?
À peine consciente, je me rends compte que je suis allongée sur un lit d'hôpital, branchée de toutes parts. Mon corps est lourd, engourdi. Pourquoi suis-je ici ?
Je ferme les yeux un instant, cherchant à rassembler mes souvenirs.
Puis tout me revient.
Madame Séréna.
Le revolver.
Le coup de feu.
Oh... je comprends maintenant. Elle a tiré. Voilà pourquoi je suis ici.
J'espère ne pas être restée longtemps dans cet état. Il faut que je la voie. Elle doit comprendre qu'Olivier et moi nous nous aimons, que rien ni personne ne pourra nous séparer.
La porte s'ouvre doucement.
Olivier entre, accompagné d'un médecin. Lorsqu'il me voit les yeux ouverts, son visage s'illumine. Il se précipite vers moi, bouleversé.
— Héléna... mon amour... tu es réveillée... murmure-t-il, les larmes aux yeux. Tu n'imagines pas à quel point tu m'as fait peur.
— Depuis combien de temps suis-je ici ? demandai-je faiblement.
— Un mois et deux semaines... Au début, on pensait que la balle n'avait fait qu'effleurer ton bras. Mais elle s'était logée bien plus loin... Tu avais perdu énormément de sang avant d'arriver à l'hôpital. Tu es tombée dans le coma... et moi, je n'ai rien pu faire. Pardonne-moi, Héléna... je n'ai pas su te protéger.
— Olivier... ne pleure pas, mon amour. Ce n'est pas ta faute. Regarde-moi... je vais bien maintenant. Assieds-toi près de moi, murmurai-je en tentant de le rassurer.
Le médecin s'avance alors.
— Je suis le docteur Renez. Votre blessure était interne, ce qui explique le coma. Votre corps n'a pas supporté le choc. Mais vous êtes hors de danger désormais, Madame Patson.
— Merci infiniment, docteur, pour tout ce que vous avez fait pour moi.
— C'est mon travail. Je vais vous laisser vous reposer. Une infirmière viendra retirer certaines perfusions.
Après son départ, des pas résonnent dans le couloir.
Eloïse et Jennifer apparaissent devant mon lit, le sourire aux lèvres, les yeux brillants.
— Tu nous as tellement manqué, dit Jennifer en déposant des baisers sur mes joues.
— On a eu si peur pour toi... Est-ce que tu as mal quelque part ? demande Éloïse, inquiète.
— Les filles, rassurez-vous, je vais bien. Et vous ? Comment vont les bébés ?
— Le mien arrive en septembre, répond Éloïse.
— Et le mien en octobre... le mois de ton mariage, ajoute Jennifer en me taquinant.
Leur énergie me fait sourire. Elles ont toujours été ainsi, pleines de vie.
Nous parlons longuement. Elles me racontent la réaction de mes parents, la peur de tous... Elles me disent aussi qu'Olivier a passé chaque nuit ici, à mes côtés.
— Ma fille... tu es enfin réveillée.
La voix de ma mère.
Elle entre, accompagnée de Redur, de mes frères et de ma belle-mère.
— Maman... Benjamin... Archa... vous m'avez tant manqué. Je vais bien maintenant.
— Je suis très fière de toi, d'avoir tenu bon, dit ma belle-mère avec un sourire ému.
— Où est papa ? demandai-je.
— Il est à l'extérieur avec vos amis, répond-elle.
La chambre est vaste, presque trop grande pour moi seule. Je comprends que c'est Olivier qui a tout organisé.
Les hommes entrent à leur tour : mon père, puis celui d'Olivier. Je pousse un soupir de soulagement en voyant que nos familles sont unies malgré tout.
Une question me brûle les lèvres.
— Où est Madame Séréna ?
Un silence lourd s'installe.
— Elle a été arrêtée il y a un mois et demi, répond Richard avec tristesse.
— La police viendra te poser des questions, ajoute Monsieur Patson.
— Non... je ne veux pas porter plainte, dis-je aussitôt en regardant Olivier. Je veux la voir. Lui parler.
— Héléna, tu n'es pas obligée... murmure Olivier.
— Si, je le veux. Je veux que cette histoire s'apaise. Pour toi. Pour nous.
Mon père s'approche et embrasse mon front.
— Je te soutiendrai quoi que tu décides, ma fille.
— À ta sortie de l'hôpital, nous t'emmènerons la voir, promet-il.
Je suis soulagée. Je veux la paix, malgré tout.
Je regarde Olivier. Il comprend immédiatement et s'approche de moi.
— Je t'aime tellement, mon Olivier.
— Je t'aime aussi, ma douce Héléna.
Il m'embrasse devant nos familles.
— Grâce à ton amour, je suis encore en vie, murmurai-je.
— Grâce au tien, je suis l'homme le plus heureux du monde.
Les applaudissements éclatent.
— Je vais t'épouser dès que tout sera terminé... et te donner plein d'enfants, dit-il en riant.
Tout le monde éclate de rire.
Il me regarde alors, sérieux, ému.
— Épouse-moi, Héléna. Encore une fois.
— Oui... bien sûr.
Une larme de joie coule sur ma joue. Il l'essuie doucement du bout des doigts.
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
