— Samuel, je ne comprends pas très bien ce que tu veux dire par là, répondis-je en le regardant bizarrement.
— C'est simple à comprendre, Olivier.
Elle a surpris sa mère avec son amant, en plein acte, dans la chambre parentale. Et il en a été de même pour son père.
Ses parents faisaient semblant de s'aimer alors qu'en réalité, ils s'étaient mariés par pure obligation.
Le père de sa mère devait une somme colossale au père de son père... voilà un peu l'histoire, finit-il par dire.
— C'est affreux... désolé Richard, je ne voulais pas rouvrir les blessures du passé.
— Je l'ai appris par Éloïse. Héléna s'est confiée à elle il y a quelques semaines.
Je ne savais pas qu'elle avait assisté à ce genre de scènes durant son enfance, mais le reste, nous l'avons appris au tribunal lors de leur divorce, vois-tu, expliqua Richard d'une voix triste.
Je le comprends. Olivier, Richard, Samuel... nous sommes liés comme des frères.
Je comprends mieux ce que tout cela a dû provoquer dans la tête d'Héléna.
Elle souffre depuis l'enfance, et je ne m'en rends compte qu'aujourd'hui.
Comment aimer sans se rappeler de ce passé aussi violent ?
Héléna... ma bien-aimée, que dois-je faire pour te guérir de cette enfance affreuse ?
Je me sens si faible.
Pourrai-je l'aider à oublier ?
À mettre de côté cette enfance brisée ?
À se libérer de cette obscurité qui la retient prisonnière ?
Comment lui dire tout cela... alors que je l'aime ?
Comment agir sans la brusquer ?
Puis-je la laisser tomber alors qu'elle souffre autant ?
Ma Héléna, je te fais la promesse de t'attendre, peu importe le temps.
Je ne suis pas prêt à t'oublier.
Je ne veux même pas y songer.
Je t'aime... et j'aime ce que je ressens pour toi.
— Je comprends, Richard. Héléna souffre tellement... et moi je ne fais que lui faire du mal.
Quel salaud je fais, dis-je en me frappant la tête avec mes mains.
— Non, tu n'as rien fait, Olivier.
Je veux que tu sois celui qui changera ma sœur.
Je suis sûr qu'un jour elle finira par t'aimer.
Je sais que tu l'aimes énormément et j'aimerais que ton amour pour elle ne cesse jamais, me dit Richard avec sincérité.
— Richard... je me sens si faible.
Mais je t'assure que je ferai de mon mieux pour l'attendre, peu importe le jour.
Je te le promets, répondis-je en le regardant droit dans les yeux.
Ce frère est si bienveillant...
Honnêtement, Héléna a énormément de chance d'avoir un entourage pareil.
Toujours là. Toujours présents. Toujours protecteurs.
Je donnerais tout pour cette fille.
Mon amour pour elle est immense, et je ne cesserai jamais de le dire.
— Merci, frérot... tu es le meilleur, répliqua Richard.
— Merci à toi aussi de me faire confiance. Je vous aime tant, dis-je en lui faisant une accolade.
Samuel se joint aussitôt à nous.
Mais comment leur dire que je partirai dans deux mois ?
Comment l'annoncer après avoir promis d'attendre Héléna, peu importe le temps ?
Une chose est sûre : je devrai leur dire avant de tout gâcher.
Je trouverai le moment adéquat.
— Sinon, comment se sont passés les cours durant ces semaines ? demandai-je.
— Très bien. Madame Grenit te réclamait tous les jours. Apparemment, ton écriture au tableau lui manquait, répondit Samuel en se dirigeant vers la cuisine.
— Oh, j'ai failli oublier ! Max demandait souvent après toi, surtout après ton accident.
Ce blondinet est bien versatile, je trouve, ajouta Richard en allumant la télévision, manette en main — fidèle à lui-même, passionné de jeux vidéo.
— Max m'a rendu visite cinq fois à l'hôpital... je comprends mieux alors, répondis-je en suivant Samuel.
— Où allez-vous ? Venez jouer une partie ! protesta Richard, déçu.
— Non, nous on préfère se préparer quelque chose à grignoter, pauvre paresseux.
J'espère que Jennifer sait cuisiner pour t'épargner cette tâche à l'avenir, lançai-je en riant depuis la cuisine.
— J'espère bien aussi ! Un tel joueur ne sait faire que ça, aucune autre spécialité ! renchérit Samuel.
— Hé ! Arrêtez de vous moquer de moi... foutez-moi la paix ! répondit Richard concentré sur Mario.
Ce qui nous fit éclater de rire.
Ils m'ont tellement manqué.
Tellement que je me sens enfin vivant hors de cet hôpital.
J'espère trouver quelque chose durant ces deux derniers mois...
Quelque chose qui fera sourire la femme que j'aime.
Peut-être le jour de son anniversaire.
Héléna... ma bien-aimée.
Tu me manques tellement.
Quand seras-tu donc mienne ?
Jusqu'à quand devrai-je t'attendre ?
Héléna, la vraie Héléna...
Je me dois de te retrouver.
Et je te le promets : je te retrouverai, peu importe le temps qu'il me faudra pour t'attendre.
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Amour en philosophie ( Fin )
RomanceJe déteste ce mot, gravé dans les méninges comme une vérité universelle, parce que ma hutte, invincible, le réfute. Je le déteste parce qu'on m'a appris à le haïr, non par choix, mais par héritage : l'amour infidèle de mes parents. Je déteste ce mot...
