Chapitre 18 - Nouvel An

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—Non, Sirius.

—Allez !!

—Non.

—S'il te plaît, Lily... il la regarda avec des yeux de chiens battus, et ses lèvres tordues vers le bas, battant des cils.

—Tu m'agaces. Souffla-t-elle en lui tendant son téléphone. Si les gens partent avant minuit, Sirius...

—Mais non !! S'exclama-t-il en fouillant dans la playlist de Lily, prêt à mettre une musique sur laquelle James et lui pourraient s'égosiller. Il embrassa Lily sur la joue, puis se mêla à la foule, enclenchant une musique qui fut accueillie par des cris joyeux, et les rires de Lily.

*

A minuit, il alla serrer Peter dans ses bras, puis partit à la recherche de James et Lily, se faufilant entre leur embrassade, les serrant fort contre lui. "Bonne année, mes amours." Glissa-t-il avant de s'éclipser.

Il se fraya un chemin parmi la foule et partit en quête de son téléphone, perdu dans la poche arrière de son pantalon en simili cuir. Une fois qu'il eut mis la main dessus, il ouvrit la baie vitrée et accueillit la fraîcheur et le silence du jardin. Il ne s'était pas rendu compte jusqu'alors qu'il régnait un véritable vacarme à l'intérieur de la maison.

Quatre sonneries retentirent avant qu'il ne décroche.

— Sirius ?

— Bonne année, frangin !! S'exclama-t-il en allumant une cigarette.

— Bonne année, Sirius. L'entendit-il souffler de l'autre côté, sa voix quelque peu étouffée par de la musique, et surtout soulagée. Regulus était, malgré tout, beaucoup trop habitué aux appels de détresse, tard dans la nuit. Comment se passe la soirée ?

— Franchement cool. La tienne ?

— Pas trop mal. T'aurais détesté.

Il rendit le signe de main que Peter lui faisait par-delà la baie vitrée, légèrement triste de le voir s'en aller juste après que minuit ait sonné. Peter était un peu leur Cendrillon à eux. Sauf qu'au lieu de retourner dans la maison familiale, il s'en allait bien trop souvent côtoyer ceux dont on ne devait pas prononcer les noms. Ces personnes qui, un jour, avaient fait partie de la vie de Sirius, de près ou de loin, mais dont il ne voulait plus entendre parler.

— T'es sûr que tu veux pas venir ici ?

— Tu es trop saoul pour venir me chercher, Sirius. Et non, je passe une bonne soirée, merci. J'arrive ! Lança-t-il à quelqu'un d'autre.

— C'était Evan ?

— Ouais.

— Dis-lui que même si c'est un connard, il a une place dans mon lit si un jour il change d'avis.

— Je vais raccrocher, Sirius. Rigola-t-il. A demain.

— A demain, Reggie.

— Fais attention à toi. Souffla-t-il avant de raccrocher.

Il expira la fumée de sa cigarette, les yeux rivés vers les épais nuages hauts dans le ciel. A l'intérieur, James avait pris le contrôle de la musique, au grand dam de Lily qui, malgré les yeux qu'elle levait au ciel, ne pouvait s'empêcher de rigoler et de se laisser emporter dans les danses que James lui imposait. Mary non loin d'eux, s'assurant de tout filmer.

— Donc, ce sont les connards qui t'intéressent...

Retenant un sourire, il tourna sa tête vers la voix.

— C'est ceux dont il est facile de se débarrasser qui m'intéressent. Donna-t-il comme réponse, annonçant là la base de ce qui pouvait bien l'attendre.

TendernessOù les histoires vivent. Découvrez maintenant