Le froid lui mordait les joues. Adrian avançait à grandes enjambées dans la nuit, sans destination claire, sans plan. Le bitume défilait sous ses pas irréguliers, et le vent lui giflait le visage. Chaque mouvement lui envoyait une vague de douleur dans les côtes, mais il s'efforçait de ne pas ralentir. S'arrêter, c'était penser. Et penser, il refusait.
Il ne savait même pas comment il avait atterri là, dans cette rue déserte à moitié éclairée par des lampadaires fatigués. Ses jambes l'avaient porté loin, guidées uniquement par une urgence qu'il ne voulait pas nommer. Fuir. Ce mot lui collait au crâne, mais il le chassait aussitôt.
Il ne fuyait pas. Il reprenait sa place. Il reprenait le contrôle.
C'est ce qu'il se répétait, encore et encore.
Mais la vérité, c'est qu'il avait sauté par cette foutue fenêtre avec le cœur qui battait trop fort. Pas de peur. Pas vraiment. Plutôt... d'instinct. Comme un animal blessé qui sent sa cage se refermer.
Il serra les dents.
Putain...
Ses côtes le lançaient, son souffle devenait plus court. Il s'arrêta enfin, le dos appuyé contre un mur humide, à l'abri entre deux bâtiments. Il s'écroula presque, glissant le long des briques jusqu'à se retrouver assis dans l'ombre, la tête penchée en avant, les cheveux collés par la sueur.
Son corps entier criait stop. Mais son esprit, lui, était en boucle. Il revoyait la pièce. Le lit. Le regard du garçon.
Riley.
Et ça l'agaçait. Non. Ça le brûlait.
Pourquoi il n'avait pas hurlé plus tôt ? Pourquoi il ne l'avait pas envoyé balader dès le début ? Pourquoi il avait... parlé ? Dit son nom ? Accepté son aide ? Pourquoi ça l'avait presque... soulagé d'être là, allongé dans un lit, au chaud, écouté sans jugement ?
Il serra les poings, furieux contre lui-même. Ce genre de faiblesse, il ne pouvait pas se le permettre.
Pas lui.
Il avait appris à se débrouiller seul. À faire mal avant d'être blessé. À ne rien attendre de personne. Parce que personne ne restait. Parce que l'aide, dans son monde, avait toujours un prix. Mais Riley... Ce mec-là n'avait rien demandé. Rien exigé. Il avait juste été là. Silencieux. Présent. Et c'est peut-être ça le pire. C'est ça qu'il n'arrivait pas à encaisser.
Adrian laissa tomber sa tête contre le mur, ferma les yeux. Il aurait voulu que tout ça n'ait jamais eu lieu. Mais il sentait encore l'odeur de la chambre. Le coton froid contre sa peau. Le regard calme de Riley. Et il savait, au fond, qu'il ne pourrait pas l'oublier.
Il frappa doucement son crâne contre le mur, comme pour se punir de s'être laissé approcher.
Ne ressens rien. N'espère rien. N'attends rien.
Il répéta ces mots en boucle, jusqu'à ce qu'ils ne veuillent plus rien dire.
Mais rien n'y faisait. Riley était entré. Pas dans sa vie — mais dans son système.
Et ça, c'était déjà trop.
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SILVER
RomansaEt si l'attirance naissait dans les zones d'ombre ? Riley, 17 ans, discret et observateur, connaissait les règles du lycée : éviter les ennuis, rester dans sa bulle et ne jamais croiser le chemin des Lidows, le groupe de délinquants le plus craint d...
