Adrian retrouva Eiger dans le vieux hangar abandonné, à la sortie de la ville. Leur repaire, quand le silence devenait trop lourd. Il entra, salua d'un hochement de tête. Eiger était assis sur une poutre métallique, son carnet sur les genoux, un stylo à la bouche.
— T'as pas cours ? demanda-t-il, sans lever les yeux.
— Non.
Mensonge évident, mais Eiger ne le releva pas.
Un silence confortable s'installa. Puis Adrian le brisa, rare.
— T'as déjà perdu le contrôle de toi avec quelqu'un ?
Eiger releva enfin les yeux, sans se moquer. Juste... attentif.
— Tu veux dire perdre le contrôle ou lâcher prise ?
Adrian grimaça.
— Y a une différence ?
— Ouais. L'un te fait péter un mur. L'autre te fait baisser ta garde.
Adrian ne répondit pas. Eiger reprit, toujours posé :
— C'est à propos de Riley ?
Un battement.
Puis Adrian soupira.
— Comment tu sais ?
— J'suis pas aveugle. Et je te connais.
Un silence. Adrian s'assit à côté de lui, sans le regarder.
— J'veux juste retrouver le contrôle. Me remettre dans la position où je décide de ce que je ressens.
Eiger esquissa un sourire sans moquerie.
— Tu l'as jamais vraiment eue, cette position. T'as juste appris à faire croire que tu l'avais.
Un souffle agacé.
— T'as un don pour dire des trucs chiants avec calme, tu sais ça ?
— C'est mon rôle.
Il rangea son carnet, puis, plus doucement :
— Avec certaines personnes, t'as pas le contrôle. Tu peux juste choisir jusqu'où tu laisses faire. Si je peux te donner un conseil, n'essaye pas de contrôler ce qui n'a pas besoin de l'être. Laisse toi aller, pour une fois.
Adrian grogna. Un murmure lui échappa :
— Merci...
Eiger se tourna vers lui, les yeux ronds.
— Attends... attends... tu viens de dire merci ?
— C'est rien, laisse tomber.
— Non, non, pas si vite. J'te connais depuis quoi, quatre ans ? Et c'est la première fois que t'utilises ce mot. T'as de la fièvre ?
— Tu veux que j'te foute dans une benne ? parce que c'est ce qui t'attend si tu continues.
— Là, oui. Voilà l'Adrian que je connais. Re-bienvenue.
Adrian se releva en grognant et Eiger lui lança un sourire en coin, sans rien ajouter. Il quitta le bâtiment et prit une grande inspiration. Cette conversation l'avait aidé... d'un côté. Mais savoir ce qu'il doit faire et être capable de lâcher prise sont deux choses différentes.
Suite à cette cela, Adrian marcha longtemps dans la ville. Il en avait besoin, une fois de plus. Les rues étaient vides, les nuages bas. Les gens pressaient le pas sur les trottoirs humides. Tout semblait trop calme pour ce qu'il ressentait. Il passa devant un arrêt de bus abandonné, fit une boucle vers les quais. Le béton, l'odeur de la pluie, le froid mordant contre ses poignets... Tout le ramenait à lui-même.
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SILVER
RomanceEt si l'attirance naissait dans les zones d'ombre ? Riley, 17 ans, discret et observateur, connaissait les règles du lycée : éviter les ennuis, rester dans sa bulle et ne jamais croiser le chemin des Lidows, le groupe de délinquants le plus craint d...
