Chapitre 16 - Chambre 317

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          Le couloir du dortoir était silencieux à cette heure.
Une lumière blafarde filtrait à travers les néons au plafond, rendant l'ambiance presque irréelle. Adrian avançait d'un pas lent, sa main glissant le long du mur, non pas par fatigue — il refusait de s'avouer épuisé — mais comme pour rester ancré, réel.

La bagarre, les cris, les coups... c'était derrière lui.
Et pourtant, il avait l'impression d'en porter encore l'écho sur la peau.

Il s'arrêta devant la porte de sa chambre. 317. Une étiquette à moitié arrachée. Une poignée qu'il avait déjà failli défoncer plus d'une fois. Il poussa la porte, entra.

La pièce était sombre. Rangée à sa façon : chaotique, mais précise. Des vêtements noirs empilés, un carnet gribouillé abandonné sur le bureau, un briquet posé sur l'oreiller. Rien de personnel. Rien d'accueillant. Juste un espace pour exister. Et survivre.

Il referma la porte derrière lui, lentement, comme si le simple fait d'être seul dans ce lieu réveillait quelque chose de plus profond.

Il jeta sa veste sur la chaise, se laissa tomber sur le lit, bras croisés sous sa nuque, les yeux fixés au plafond. Le bruit du combat tournait encore dans sa tête. Mais ce n'était pas ça qui l'empêchait de respirer.

C'était ce qu'il avait ressenti après.
Ce vide. Ce froid. Ce silence intérieur.
Et... ce manque.
Comme si quelque chose de vital lui avait échappé au moment même où les types avaient fui.

Il inspira lentement, ferma les yeux.

Et là, dans le noir de sa chambre, dans ce silence qu'il avait tant revendiqué...
il entendit encore le rire de Riley.

Ce foutu rire.

Ça l'agaçait.
C'était trop présent, ça le suivait. Ce n'était pas censé le toucher, et pourtant...

Il se redressa brusquement, passant une main dans ses cheveux argentés, énervé. Il se leva, fit deux pas dans la pièce. Puis s'arrêta.

Il ouvrit le tiroir de son bureau.
Ses doigts frôlèrent un vieux briquet, une photo déchirée, un carnet noir.
Il hésita. Le referma.

Il retourna au lit, s'allongea sur le dos. La gorge serrée.

Ce mec-là... il devrait pas être dans ma tête.

Mais il l'était.

Il s'était incrusté comme une lumière dans une pièce où il n'y avait jamais eu que de l'ombre.
Et maintenant que cette lumière avait existé... Adrian ne savait plus comment faire semblant de ne pas la chercher.

Il ferma les yeux plus fort. Il aurait voulu dormir. S'éteindre. Mais tout ce qu'il ressentait... C'était le goût amer d'un monde auquel il n'appartenait pas. Et le désir douloureux d'en faire partie.

Il se releva finalement, enfila ses chaussures et sorti de sa chambre, il n'arriverait pas a dormir de toute façon. Il avait besoin de se défouler, de retourner au monde auquel il appartient. 

Les rêves ne voulaient pas de lui, alors il allait retourner au cauchemar. 

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