Le silence s'était épaissi après l'échange. Riley n'osait plus rien dire. Il avait l'impression d'avoir touché quelque chose de trop profond, trop fragile. Le nom Adrian résonnait encore dans sa tête, comme un secret chuchoté à l'oreille, presque volé.
L'autre s'était renfermé. Totalement.
Allongé sur le lit, les bras croisés, le regard rivé au plafond. Plus un mot, plus un geste.
Mais Riley savait que ce n'était pas du mépris. C'était... une défense. Un repli.
Comme si son corps tout entier criait « recule ».
Il allait justement se lever pour lui proposer une couverture quand un bruit sec résonna dans le couloir. Une voix. Une autre. Puis un coup plus net contre une porte. Pas la leur — mais proche. Trop proche.
Les deux garçons se figèrent.
— Merde, murmura Riley. Si c'est un surveillant...
Il se dirigea rapidement vers la porte, colla l'oreille contre le bois. Les voix étaient étouffées, mais il distingua quelques mots. Contrôle de chambres. Tournée de nuit. Vérification. Il pâlit.
— Ils font un tour d'étage... c'est rare, mais ça arrive.
Il se retourna vers le lit.
Mais le lit était vide.
— Attends... Adrian ? Riley balaya la pièce du regard.
Adrian était déjà debout. Penché, tendu, l'épaule appuyée contre le mur, haletant. Il avait réussi à se lever malgré la douleur, et cherchait visiblement la sortie des yeux. Il attrapa son sweat, jeté sur le dossier d'une chaise, et le remit d'un geste sec.
— Qu'est-ce que tu fous ? Tu peux à peine tenir debout ! souffla Riley, inquiet.
— Justement, répondit Adrian entre ses dents. Je tiens debout. C'est suffisant.
— Mais ils vont te croiser, c'est risqué — tu pourrais te planquer ici, juste le temps que ça passe !
Adrian le fixa. Longuement.
— Tu crois que je vais rester ici... après ça ?
Il n'avait pas besoin de préciser ce que « ça » signifiait.
La conversation. Le prénom. Le silence partagé.
Il avança jusqu'à la fenêtre entrouverte. Riley ne comprit pas tout de suite. Puis il blêmit.
— Tu comptes pas... ?
— J'ai déjà fait pire, coupa Adrian.
Il se hissa avec difficulté sur l'appui de la fenêtre. Son souffle était court, mais son regard était déterminé. Fier. Ferme.
Riley s'approcha d'un pas.
— Tu vas te blesser encore plus...
— C'est pas ton problème.
Un silence.
Puis, juste avant de passer de l'autre côté, Adrian s'arrêta.
Un instant. Suspendu.
— Oublie ce que je t'ai dit.
Et il sauta.
Riley se précipita à la fenêtre, le cœur battant à tout rompre.
Mais en bas, aucune trace. Adrian s'était fondu dans la nuit, comme un fantôme qui n'aurait jamais été là.
Et pourtant... son absence pesait comme une présence.
Riley resta un instant figé. Les dernières heures tournaient en boucle dans sa tête, tout lui semblait presque irréel.
Il soupira et se laissa tomber sur le bord de son lit, les coudes posés sur les genoux. Ses doigts passèrent machinalement dans ses cheveux noirs. Il ne savait pas exactement ce qu'il ressentait. Du vide, peut-être. Ou de la confusion. Un léger vertige, comme s'il s'était trop approché de quelque chose d'inattendu... et que ça lui avait échappé.
Mais il ne pouvait s'empêcher de repenser à la méfiance dans ses yeux. À la façon dont Adrian l'avait fixé, comme s'il n'avait jamais eu confiance en qui que ce soit — mais qu'il avait voulu croire, un instant.
À ce prénom murmuré, presque volé.
À cette tension étrange, chargée de tout ce qui n'avait pas été dit.
Il se leva, fit quelques pas dans la pièce, puis s'arrêta net. Sur le rebord de la fenêtre, à moitié dissimulé derrière le rideau, une trace de poussière grattée. La preuve qu'il n'avait pas imaginé ce qu'il s'était passé hier. Une marque discrète. Infime. Mais bien réelle.
Riley sourit doucement, malgré lui. Pas un sourire joyeux. Un sourire court, mélangé d'amertume et d'inquiétude.
— T'as vraiment sauté, hein... idiot.
Il resta là, les doigts frôlant le rebord de la fenêtre. Il ne savait pas où Adrian était allé. Ni quand — ou si — il reviendrait. Mais il avait senti quelque chose passer entre eux. Rien de clair. Rien de simple. Mais quelque chose de vrai.
Et ça, Riley en était sûr :
On ne fuit pas éternellement ce genre de chose.
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SILVER
RomanceEt si l'attirance naissait dans les zones d'ombre ? Riley, 17 ans, discret et observateur, connaissait les règles du lycée : éviter les ennuis, rester dans sa bulle et ne jamais croiser le chemin des Lidows, le groupe de délinquants le plus craint d...
