Chapitre 57 - Plus rien ne fait peur

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Le jour filtrait à peine à travers les rideaux.
La lumière du matin dessinait de fines lignes dorées sur les draps.
La pièce était calme. Trop calme, peut-être, pour ceux qui avaient connu le fracas.

Et pourtant, pour une fois, cette absence de bruit apaisait.

Riley était réveillé depuis un moment déjà. Mais il n'avait pas bougé. Il était resté là, allongé sur le côté, le visage tourné vers Adrian.

Le voir dormir.
Pour de vrai.

Sans froncer les sourcils.
Sans se débattre dans des cauchemars.

Simplement... en paix.

Riley sourit.

Quand Adrian ouvrit enfin les yeux, il les cligna plusieurs fois, un peu perdu.
Il mit quelques secondes à comprendre où il était.
Ce qu'il faisait là.
Et surtout... qui le regardait.

— Tu me fixes depuis combien de temps ? murmura-t-il, la voix encore rauque.

— Pas si longtemps, mentit Riley avec un demi-sourire.

Il caressa distraitement les cheveux éparpillés sur le front d'Adrian.

— C'est la première fois que je te vois dormir sans avoir l'air de te battre contre le monde entier.

Adrian détourna les yeux.

— Génial... maintenant tu sais à quoi je ressemble quand j'ai pas l'air menaçant.

Riley rit doucement.

— Comment tu te sens ?
Ta respiration... ton cœur... ça va mieux ?

Adrian inspira profondément.
Il réfléchit.
Puis hocha la tête.

— C'est calme.
Là-dedans.

Il désigna sa poitrine du bout des doigts.

Mais après un instant, son expression changea.
Moins paisible.
Plus... tendue.

— Je me souviens de tout, dit-il.

Riley ne répondit pas.
Il attendit.

— J'étais... pathétique, avoua Adrian, le ton bas, presque coupable.
J'ai paniqué.
Je t'ai montré la pire version de moi.

— Non.

Riley se redressa légèrement, appuyant un bras sur le matelas pour mieux le regarder.

— Tu m'as montré la plus vraie version. Et c'est celle que je voulais voir.

Adrian détourna les yeux, presque gêné.

— Tu comprends pas. J'ai été faible. Dépendant. Je...

— Adrian.

Riley posa une main sur sa joue.

— Tu n'as pas été faible. Tu as été humain.
Et si tu penses une seconde que ça change ce que je ressens, alors tu ne me connais pas encore aussi bien que tu crois.

Un long silence suivit.

Adrian, les lèvres entrouvertes, semblait vouloir dire quelque chose.
Mais les mots ne sortaient pas.

— D'ailleurs, ajouta Riley avec un sourire doux,
ce que tu m'as dit hier...
Je suppose que c'était pas juste les nerfs ?

Adrian le fixa, pris au piège.
Une rougeur discrète aux joues.

— Non.
C'était pas les nerfs.

— Alors... tu ne regrettes pas ?

— Non.
Mais...

Il inspira.

— J'ai peur d'avoir mis une pression sur toi.
Comme si je t'avais forcé la main avec une déclaration trop... brutale.

Riley fronça les sourcils.
Puis il se mit à rire doucement.

— Tu plaisantes ?

Il s'approcha un peu plus.
Leur front se frôlait presque.

— Adrian, je suis tombé amoureux de toi... bien avant que tu te rendes compte de tes propres sentiments.

Un battement de cœur.

— Et j'ai pas attendu tes mots pour le savoir.
Mais je suis content que tu les aies dits.

Un silence.
Puis le murmure le plus simple, le plus désarmant :

— Je t'aime, Adrian.

Et ce fut là, ce simple mot,
posé doucement dans l'air du matin,
qui fit fondre la dernière barrière.

Adrian rougit franchement.
Il détourna les yeux, mais un sourire involontaire lui échappa.

— Putain... tu pourrais prévenir, souffla-t-il.

Riley haussa un sourcil, amusé.

— Quoi ? Tu sais pas gérer une déclaration mignonne ?

Adrian grommela quelque chose d'inaudible.

— J'ai entendu. Chantonna Riley.

— Menteur.

— T'as dit que j'étais insupportablement parfait.

— J'ai dit que t'étais insupportablement chiant.

— Ah. Autant pour moi.

Ils rirent. Enfin.
Sans douleur.
Sans peur.

Puis, comme une évidence,
Riley se pencha,
et Adrian ne recula pas.

Leur baiser fut lent.
Timide au départ.
Puis plus sûr.
Plus présent.

Les mains de Riley glissèrent contre la nuque d'Adrian,
les siennes se refermèrent doucement sur son t-shirt.

Et dans ce moment suspendu,
il n'y avait plus ni passé, ni blessures, ni guerre.

Juste eux.
Le présent.
Et un début, enfin.

Le baiser s'acheva dans un souffle.

Adrian ferma les yeux, encore un peu surpris de sa propre paix.

Riley, le front contre le sien, murmura :

— T'es à moi maintenant.

— Je l'ai toujours été.

Et dans le silence doré de cette chambre,
plus rien n'avait besoin d'être dit.

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