Chapitre 32 - Rien n'est vraiment tranquille

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          Ils n'avaient pas parlé après ça. Pas tout de suite. Adrian avait quitté le couloir d'un pas lent, sans un mot, sans un regard, et Riley l'avait suivi. Il n'y avait plus besoin de s'expliquer, ce qu'ils n'avaient pas réussi à dire s'était dit entre les cris. Dans l'affrontement. Dans le silence.

Ils s'étaient réfugiés à l'extérieur, dans un coin reculé derrière le bâtiment C. Un vieux banc abîmé par le temps, surplombé par les branches d'un arbre tordu. Le genre d'endroit qui ne figure sur aucun plan, où rien ne les entend.

Adrian était assis, penché en avant, coudes sur les genoux. Riley à côté, à distance raisonnable. Mais cette distance n'avait plus rien à voir avec les barrières d'avant. Elle était confortable. Volontaire. Respectée.

Le soleil filtrait à travers les branches.
Pas de mots, d'abord. Juste un calme étrange.

Puis Adrian, sans lever les yeux :

— Tu devrais dormir, ou manger, ou faire un truc normal.
Pas traîner avec un mec qui cogne les gens dans les couloirs.

Riley sourit un peu, pencha la tête vers lui.

— Tu crois que je pourrais faire un truc normal... après tout ça ?

— Je crois que t'es encore capable de pas sombrer comme moi.

Riley le fixa un instant, sérieux.

— Et si j'ai envie de sombrer ? Et si, juste pour cette fois, je veux rester là où je t'ai trouvé, avec toi ?

Adrian tourna lentement la tête vers lui. Son regard était épuisé, mais plus doux.

— T'as une drôle de façon de dire que tu me supportes.

— C'est pas du "je te supporte", Adrian.

Un silence. Puis Adrian leva lentement les yeux au ciel.

— Bon sang... Comment t'as réussi à me foutre dans cet état-là ?

Riley esquissa un sourire, mais répondit plus doucement :

— Peut-être parce que t'avais jamais laissé quelqu'un te voir avant.

Adrian ne répondit pas.
Mais il ne nia pas.

Et ça, c'était nouveau.

Le calme s'installa à nouveau. Riley s'était laissé glisser un peu plus sur le banc, jambes allongées, regard perdu vers le ciel. Adrian, lui, restait droit, toujours un peu en tension.
Mais il n'était plus sur le point de fuir.

Et ça suffisait à Riley pour respirer un peu.

Mais ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'un peu plus loin, à l'étage du bâtiment voisin,
derrière une fenêtre à peine entrouverte,

quelqu'un écoutait.

Un regard sombre. Une mâchoire contractée.

Hoshio.

Bras croisés, adossé au mur, regard figé sur les deux silhouettes à l'extérieur.
Leur leader. Son ami. Son équilibre.

Et ce lien... 

ce truc étrange et intime qu'il voyait se tisser sous ses yeux...

Il ne l'aimait pas.
Pas du tout.

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