Ils s'étaient réfugiés dans une salle de stockage rarement utilisée, à l'arrière du bâtiment d'art plastique. Une pièce étroite, aux murs tapissés d'étagères branlantes, d'objets oubliés, de toiles couvertes de poussière.
Riley avait fermé la porte derrière eux, sans bruit.
Le néon au plafond clignotait faiblement, comme hésitant à les exposer.
Le silence était presque total.
Adrian s'était assis sur un vieux tabouret, le regard obstinément fixé au mur d'en face. Ses poings, posés sur ses genoux, étaient tendus, crispés. Blessés.
Riley posa doucement une trousse de premiers secours sur une caisse.
Il ne dit rien. Pas un mot.
Comme promis.
Il s'accroupit devant lui, ouvrit la trousse, attrapa un désinfectant et du coton.
Quand ses doigts effleurèrent la première coupure, Adrian tressaillit.
Un sursaut à peine perceptible, mais réel.
Riley ne releva pas la tête. Il continua avec calme, précision. Il nettoyait les plaies une à une, sans brusquer, sans ralentir. Ses gestes étaient sûrs, maîtrisés, mais chaque contact les rapprochait, chaque frôlement laissait l'air vibrer entre eux.
Adrian baissa brièvement les yeux vers lui.
Il voyait le visage concentré de Riley. Ses lèvres serrées.
Et cette foutue expression dans ses yeux.
Pas de pitié. Pas de peur.
De la compréhension.
— Tu vas vraiment pas me poser de question ? demanda Adrian, la voix rauque, presque irritée.
Riley releva les yeux, juste une seconde.
— J'ai promis.
Un silence. Puis Adrian souffla, plus bas :
— Même si t'as déjà deviné ?
Riley ne répondit pas. Il attrapa une bande propre et commença à lui entourer les phalanges, minutieusement.
— C'est écrit sur ton visage, reprit Adrian. T'as ce regard qui cogite trop.
— Et toi t'as ces marques qui parlent à ta place, répondit doucement Riley.
Un nouveau silence.
Adrian détourna les yeux. Il sentait son agacement monter. Ce genre de calme chez Riley... ça l'ébranlait. Comme s'il ne pouvait rien lui cacher. Comme si être lu, compris, même à demi-mot, le rendait vulnérable d'une manière qu'il n'acceptait pas.
Il serra légèrement les dents. Riley continua sans broncher. Quand la dernière bande fut posée, Riley releva enfin les yeux vers lui. Un bref sourire lui échappa. Léger. Mais réel.
— Pourquoi tu souris ? lança Adrian, plus sec qu'il ne l'aurait voulu.
Riley haussa à peine les épaules, le regard encore accroché au sien.
— Je me dis juste que si ça continue, je vais finir par m'habituer à te soigner.
Un silence.
Adrian resta figé. Pas de réaction immédiate. Pas de soupir. Pas de moquerie. Juste un battement de paupière. Et un regard qui, cette fois, ne se détourna pas.
Il ne répondit rien.
Mais il ne bougea pas quand Riley rangea la trousse.
Il ne partit pas quand il aurait pu.
Et il ne cacha pas sa main quand Riley la lui tendit pour poser la dernière bande.
C'était peu.
Mais c'était déjà beaucoup.
Au final, le silence s'était installé à nouveau dans la petite salle. Mais cette fois, il n'était plus tendu. Il avait changé de nature. Riley s'était adossé au mur, jambes pliées contre lui, la trousse de soins refermée à ses côtés. Il ne regardait plus Adrian. Il le laissait respirer, digérer. Exister sans être observé.
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SILVER
RomanceEt si l'attirance naissait dans les zones d'ombre ? Riley, 17 ans, discret et observateur, connaissait les règles du lycée : éviter les ennuis, rester dans sa bulle et ne jamais croiser le chemin des Lidows, le groupe de délinquants le plus craint d...
