Le froid finit par les rattraper. Même à travers leurs vestes, même au creux de cette bulle silencieuse.
Riley frissonna légèrement.
Rien de dramatique, mais suffisant pour qu'Adrian le remarque.
Ce dernier l'observa sans un mot avant de détourner brièvement les yeux, comme hésitant, puis finit par lâcher d'une voix rauque :
— Viens. On va pas se geler ici toute la nuit.
Riley sourit, amusé.
— Tu proposes un rencard au chaud ? Tu deviens sentimental.
— Redis quelque chose comme ça et je te laisse sur le toit.
Riley rit doucement, et, sans poser plus de questions, le suivit.
Ils traversèrent les couloirs déserts de l'internat. Leurs pas résonnaient faiblement contre les murs endormis. Tout semblait suspendu.
Arrivés devant la porte d'Adrian, ce dernier hésita une fraction de seconde avant de sortir une clé.
— Juste pour que tu sois prévenu, marmonna-t-il.
C'est pas un palace. Et c'est probablement le bordel.
— Tant que ça ressemble pas à une scène de crime...
— ... Ça te changera pas du reste de ma réputation.
Ils échangèrent un sourire complice.
La porte grinça légèrement en s'ouvrant. Riley entra le premier, curieux.
La chambre n'était pas si désordonnée.
Un lit défait.
Quelques fringues jetées sur une chaise.
Des carnets éparpillés sur un bureau,
et au mur, quelques posters défraîchis de groupes de rock alternatifs.
La lumière tamisée donnait une aura douce au lieu. Un mélange étrange de chaos maîtrisé et d'intimité brute.
Riley fit quelques pas, observant tout.
— C'est... toi, souffla-t-il.
Adrian haussa un sourcil, resté près de la porte.
— Moi ?
— Ouais. Ce genre d'endroit où t'as l'impression que quelqu'un vit vraiment, pas juste qu'il survit.
Adrian baissa légèrement les yeux, troublé par cette remarque inattendue.
Son regard balaya sa propre chambre, comme si il l'analysait. Son expression était indéchiffrable.
Un silence. Puis Riley se tourna vers lui, un sourire en coin.
— Tu sais, la dernière fois que j'étais devant ta porte, j'ai passé un moment à parler tout seul.
Adrian esquissa un rictus.
— Pas vraiment tout seul.
Riley cligna des yeux.
— Quoi ?
— J'étais là.
De l'autre côté.
Assis contre la porte.
À écouter.
Il détourna brièvement le regard, mal à l'aise.
— J'ai jamais eu le courage de t'ouvrir.
Riley sentit son cœur se serrer.
— Même sans ouvrir la porte... t'étais avec moi.
Adrian ne répondit pas. Mais son regard en disait long.
Ils s'installèrent sur le lit, côte à côte. Riley grimaça légèrement en s'asseyant, ses côtes encore douloureuses.
Adrian le remarqua.
— Faudrait peut-être que je te refasse un check-up.
Dit il avec un sourire narquois.
— T'as survécu à mon dernier traitement, après tout.
Riley éclata d'un rire étouffé.
— À ce rythme, tu vas pouvoir ouvrir ta propre clinique.
"Urgences Adrian – coups de poing et réparations incluses."
— T'aurais pas les moyens de te payer mes soins.
Ils rirent doucement, l'atmosphère devenant plus légère.
Mais rapidement, Riley se tut.
Il fixait Adrian avec une intensité inhabituelle.
Ce dernier plissa les yeux, méfiant.
— Quoi ?
Riley secoua doucement la tête.
— Tes cheveux.
Adrian leva un sourcil.
— Quoi, mes cheveux ?
— Ils sont vraiment naturels ?
Adrian soupira, résigné.
— Ouais.
Dépigmentation précoce.
Un truc génétique pourri.
J'ai eu ces foutus cheveux avant même de pouvoir dire mon premier mot.
Il esquissa un sourire amer.
— Et j'ai toujours détesté cette couleur.
Les gens regardent. Murmurent.
Comme si j'étais... bizarre.
Riley s'approcha doucement.
— Moi, j'les trouve fascinants.
Il leva une main hésitante.
Adrian le fixa, tendu, comme un animal sur le qui-vive.
Puis, sans le toucher, Riley murmura :
— Je peux ?
Un léger hochement de tête d'Adrian.
Et doucement, délicatement, Riley glissa ses doigts dans les mèches argentées.
C'était doux.
Plus soyeux qu'il ne l'avait imaginé.
Adrian ferma brièvement les yeux, sa respiration se bloquant une seconde.
— Ils brillent sous la lumière, souffla Riley, émerveillé.
Adrian rouvrit les yeux, ses pupilles capturant la lumière tamisée.
— C'est juste des cheveux, tu sais.
— Pas pour moi.
Le silence retomba.
Pas gênant.
Juste... chargé.
Les doigts de Riley glissèrent doucement.
Et Adrian, pour la première fois, ne repoussa pas ce contact.
Au contraire.
Dans un geste timide, maladroit mais sincère,
il leva une main,
posa doucement ses doigts contre la mâchoire de Riley,
comme pour l'ancrer à lui.
Comme pour lui dire "reste."
Riley sourit doucement.
Il pencha légèrement la tête dans sa paume, savourant ce geste minuscule mais gigantesque.
Leurs regards se croisèrent,
et dans cet échange silencieux,
tout fut dit sans un mot.
Ils étaient là.
Ils étaient restés.
Et surtout...
Ils avaient trouvé quelque chose que ni le passé, ni les blessures, ni la peur ne pourraient leur enlever.
Pas cette fois.
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SILVER
RomanceEt si l'attirance naissait dans les zones d'ombre ? Riley, 17 ans, discret et observateur, connaissait les règles du lycée : éviter les ennuis, rester dans sa bulle et ne jamais croiser le chemin des Lidows, le groupe de délinquants le plus craint d...
