La journée avait été longue.
Chargée.
Éprouvante.
Mais quand le soleil couchant teintait le ciel de nuances dorées et mauves, Adrian et Riley s'éclipsèrent sans un mot. Comme s'ils savaient, instinctivement, où ils devaient être.
Ils montèrent en silence les escaliers de secours, leurs pas résonnant légèrement contre le métal froid. La porte du toit grinça doucement en s'ouvrant, et une bouffée d'air frais les enveloppa aussitôt.
Riley inspira profondément.
— Ça faisait longtemps.
Adrian hocha la tête, son regard perdu sur l'horizon.
— Ouais. La dernière fois qu'on était ici, j'avais envie de t'étrangler.
— Ouah, quel souvenir.
Riley éclata d'un petit rire, sincère.
Un rire que seul Adrian semblait pouvoir provoquer.
Ils s'assirent contre le muret, leurs jambes pendantes dans le vide. Un silence confortable les enveloppa.
Le vent léger jouait avec leurs cheveux, et au-dessus d'eux, les premières étoiles apparaissaient timidement.
— Alors, comment tu l'as vécu ? demanda Riley à voix basse, un sourire en coin.
Adrian plissa légèrement les yeux.
— T'es en train de me demander de faire un débrief émotionnel ?
— Exactement.
Adrian grogna doucement, mais un sourire discret trahissait sa mauvaise volonté.
— Hoshio a failli me foutre un coup de boule verbal. J'ai failli lui refaire le portrait par réflexe.
Puis... on a arrêté de faire les cons.
Un silence.
— On a parlé.
Riley le regardait, l'air attentif.
— Et toi ? lança Adrian en retour, cherchant à détourner la conversation.
— Oh, moi aussi j'ai eu droit à mon petit interrogatoire.
Un rire étouffé.
— Kyle était presque prêt à organiser un plan d'évasion.
Nora a essayé de me faire avouer que j'étais dans une relation toxique et dangereuse.
Adrian leva un sourcil, amusé.
— Ils doivent me kiffer, tes potes.
— Disons qu'ils pensent que t'es... une mauvaise influence manifeste.
Riley fit semblant de réfléchir.
— Et franchement, vu l'état de mon visage en ce moment,
j'peux pas trop leur donner tort.
Adrian éclata d'un rire bref, sincère.
Un son rare.
Un son précieux.
— T'as une sale tête, ouais.
Mais j'te trouve encore à peu près potable.
Un silence léger s'installa.
Le ciel se teinta de plus en plus d'encre.
La nuit s'installait. Et Riley, presque sans y penser, se rapprocha légèrement.
Juste assez pour que leurs épaules se frôlent.
Adrian ne bougea pas.
— Il m'a appelé Elias.
La voix d'Adrian résonna dans la nuit. Malgré tout son ton était neutre, comme une simple constatation.
Riley tourna la tête et lui lança un regard attentif.
Adrian réfléchit un instant.
— J'ai pas entendu ce prénom depuis... longtemps.
À part de toi, la dernière fois.
Un sourire discret étira ses lèvres.
— Mais tu sais quoi ?
J'le supporte mieux que j'pensais.
Riley sourit, lui aussi.
— Peut-être parce qu'il est pas aussi pourri que tu croyais.
Adrian haussa les épaules.
— Ou peut-être parce que t'es là quand j'l'entends.
Un silence.
Un aveu sans prétention.
Presque timide.
Mais lourd de sens.
Riley sentit son cœur battre un peu plus fort.
Il se tourna vers Adrian.
— Dis-moi si j'me trompe, mais...
j'ai l'impression que t'es moins froid avec moi, ces derniers jours.
Adrian ricana doucement.
— Tu t'attendais à quoi ? Que j'te colle une étiquette "relation stable" sur le front ?
— Non.
Riley rit doucement.
— Mais j'aimerais bien éviter la case "coup de poing spontané" à chaque conversation.
Adrian rit aussi.
Un rire sincère, qui vibra jusque dans son torse.
— T'as survécu à pire.
— Et j'ai survécu à toi.
Un silence.
Puis, dans un souffle plus doux :
— Et je compte bien continuer.
Le vent se leva légèrement.
Adrian baissa les yeux vers leurs mains, posées sur le béton, presque côte à côte.
Sans réfléchir, il avança la sienne.
Juste assez pour frôler les doigts de Riley.
Pas un geste grandiose. Pas un acte spectaculaire. Juste un contact. Un aveu.
Un lien.
Et sous le ciel nocturne,
sur ce toit oublié du monde,
ils se choisirent à nouveau.
Pas avec des mots.
Pas avec des promesses.
Avec le simple fait d'être là.
Ensemble.
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SILVER
RomantizmEt si l'attirance naissait dans les zones d'ombre ? Riley, 17 ans, discret et observateur, connaissait les règles du lycée : éviter les ennuis, rester dans sa bulle et ne jamais croiser le chemin des Lidows, le groupe de délinquants le plus craint d...
