Il était là. Allongé sur son lit, fixant le plafond. Comme si il se laissait aller à la mélancolie.
Quand il entendit les pas de Riley.
Son cœur s'arrêta un instant.
Puis se remit à battre trop fort. Trop vite.
Il se redressa subitement. Il aurait pu éteindre la lumière.
Il n'y pensa même pas.
Les pas s'arrêtèrent. Puis, un coup sur la porte. Son prénom. Prononcé doucement. Et il se figea.
Il n'était pas prêt.
Pas à entendre cette voix.
Pas à affronter ce qu'il avait laissé derrière lui.
Il se força à ne pas bouger. À ne pas respirer trop fort. Comme si son immobilité pouvait rendre la scène irréelle. Mais Riley continua.
Les mots tombèrent. Hésitants. Brisés. Vrais.
Chaque phrase perçait son armure.
— Tu peux pas disparaître comme ça... parce que moi, j'y arrive pas.
Adrian serra les dents.
Il sentait la panique monter. Mais elle n'était pas violente comme d'habitude.
Elle était douloureuse. Sombre. Coupable.
Il voulait parler.
Il ouvrit la bouche. Mais aucun son ne sortit.
Puis Riley s'assit. Juste là.
De l'autre côté.
Et sa voix...
Sa voix était fatiguée. Humaine. Fragile.
— Moi non plus j'ai rien vu venir.
— Et maintenant, j'suis là.
Assis devant une porte fermée.
À parler à un mur.
À parler à... quelqu'un qui veut plus m'écouter.
Un frisson.
Un poids dans la poitrine.
Quelque chose qu'Adrian n'avait pas ressenti depuis longtemps.
De la honte.
— J'crois que je tiens à toi.
Ces mots-là.
Ils frappèrent plus fort que n'importe quel coup.
Adrian ferma les yeux. Et dans cette nouvelle obscurité, il sentit son cœur se contracter violemment.
Il le savait déjà. Il l'avait deviné. Il l'avait vu venir. Mais l'entendre...
L'entendre comme ça...
C'était trop.
Il s'approcha malgré lui. Doucement. Ses doigts glissèrent le long de la porte. Il aurait pu l'ouvrir. Il aurait dû. Mais il n'y parvenait pas.
Il était figé. Paralysé par cette idée : si je parle, je vais tout briser.
Parce que le mensonge, l'oubli, le passé...
Tout était encore là.
Et il ne méritait pas cette voix.
Pas ce lien.
Alors il resta là.
Muet. Immobile.
Et il l'écouta s'excuser.
— Désolé d'avoir cru que c'était réciproque.
Et à ce moment précis, quelque chose en lui se fissura.
Il ne versa pas de larmes.
Adrian ne pleurait pas.
Mais son regard resta vide, longtemps après que Riley se soit éloigné. Et le silence fut plus douloureux encore que tout ce qu'il avait connu jusque-là.
Maintenant, il n'était pas censé venir ici. Il avait quitté le dortoir pour fuir. Respirer. S'éloigner. Mais ses pas l'avaient mené là. Encore. Et ce qu'il vit...
Ce qu'il vit le brisa.
Riley.
Au sol.
Le visage tuméfié. Les lèvres fendues. Le souffle court.
Et au-dessus de lui... Hoshio.
Le sang dans ses veines se glaça d'un coup.
Puis explosa.
— Tu viens de faire la plus grosse connerie de ta vie.
Sa voix n'avait rien d'un cri. Elle était posée. Mais brûlante. Ses poings se serrèrent. Chaque muscle tendu à l'extrême.
Ce n'était plus de la peur.
C'était de la rage.
Pas seulement contre Hoshio.
Pas seulement contre cette scène.
Mais contre lui-même.
Parce qu'il s'était tu.
Parce qu'il avait fui.
Parce qu'il avait laissé la seule personne qui avait vu en lui quelque chose d'humain...
se retrouver à terre.
Et cette fois...
il n'y aurait pas de silence.
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SILVER
RomanceEt si l'attirance naissait dans les zones d'ombre ? Riley, 17 ans, discret et observateur, connaissait les règles du lycée : éviter les ennuis, rester dans sa bulle et ne jamais croiser le chemin des Lidows, le groupe de délinquants le plus craint d...
