Le silence régnait dans la chambre, à peine troublé par les bruits lointains de l'internat. Riley s'était assis au sol, adossé contre le mur, les genoux repliés contre sa poitrine. Il n'avait pas allumé la lumière, laissant la pénombre envelopper l'espace comme une couverture apaisante. Son regard restait fixé sur le lit. Sur lui.
Le garçon aux cheveux d'argent n'avait pas bougé. Allongé sur le côté, ses traits fermés semblaient figés par la douleur. Même endormi, il restait tendu, comme si son corps refusait de se détendre entièrement.
Riley n'arrivait pas à détourner les yeux.
Il se demandait à quoi il rêvait. Ou s'il rêvait encore. Il avait ce genre de présence qu'on n'arrivait jamais à deviner. Rien ne filtrait. Rien ne trahissait ce qu'il ressentait. Un mur. Une énigme.
Un frémissement.
Riley se redressa légèrement, sur le qui-vive. Le garçon bougea la main, d'abord lentement, comme s'il sortait d'un sommeil agité. Ses sourcils se froncèrent. Puis ses paupières battirent doucement.
Et soudain, il ouvrit les yeux.
Des yeux de cuivre.
Il cligna plusieurs fois, le regard flou, désorienté. Puis il se redressa d'un coup — ou du moins tenta de le faire. Son corps, encore douloureux, le trahit aussitôt. Il grimaça, étouffant une injure entre ses dents serrées.
— Tu es réveillé... murmura Riley.
L'autre tourna lentement la tête vers lui. Un mouvement lourd, chargé. Et dans ses yeux brillait aussitôt quelque chose de glacé, de méfiant. Son regard se durcit instantanément. Aucun remerciement. Aucune surprise. Juste... de l'hostilité pure.
Riley sentit une tension envahir la pièce. Comme si, malgré ses blessures, l'autre était prêt à bondir. À se défendre. À mordre. Il se sentait presque menacé, décrypté, comme s'il l'analysait pour déceler la moindre de ses failles. Et cela le rendait malgré lui mal à l'aise. Comme si Riley...
Était lui même la menace.
— Calme-toi, souffla-t-il doucement. Tu es dans ma chambre. Je t'ai trouvé dehors... Tu étais mal en point.
Le garçon ne répondit pas. Ses yeux, plantés dans les siens, semblaient le sonder. Chercher un mensonge. Un piège. Tout, dans son attitude, criait danger. Pas parce qu'il allait attaquer — mais parce qu'il se croyait toujours en guerre.
Il se redressa un peu, se relevant sur un coude malgré la douleur visible dans chacun de ses gestes. Riley remarqua une fine goutte de sueur glisser sur sa tempe. Mais il ne se plaignait pas. Il ne montrait rien. C'était presque dérangeant à voir, cette manière de contenir la douleur comme si elle n'existait pas.
— Je t'ai juste aidé, précisa Riley. C'est tout. Tu n'as pas à...
Le regard que lui lança l'autre le fit se taire. Un regard tranchant. Insondable. Puis, d'une voix rauque, cassée par l'effort, le garçon murmura :
— T'as pas d'ordre à me donner.
Le ton était calme, mais chaque mot était acéré. Riley ne répondit pas. Il comprenait. Il ne s'attendait pas à de la gratitude, encore moins à de la douceur. Ce n'était pas ce genre de personne.
L'autre détourna enfin les yeux. Il observa lentement la pièce, comme s'il analysait chaque détail. Chaque sortie possible. Chaque menace potentielle. Il ne faisait pas confiance. À rien. À personne. Il tenta de se redresser davantage, mais une douleur fulgurante le fit retomber contre le matelas. Il grimaça, jurant à mi-voix.
— Tu devrais rester allongé, dit doucement Riley.
L'autre serra les dents. Il n'aimait pas qu'on lui dise quoi faire. Encore moins quand il se sentait faible.
— Pourquoi t'as fait ça ? lâcha-t-il brusquement, sans le regarder.
— T'aider ? T'étais seul. Blessé. Tu pouvais à peine bouger...
— Tu crois que j'avais besoin de toi ?
Sa voix claqua, mais quelque chose en lui vibrait. Ce n'était pas juste de la colère. C'était de la honte. De la rage contenue. De la peur, peut-être, bien cachée sous des couches de violence. Riley resta silencieux un instant, puis répondit :
— Peut-être pas. Mais moi, j'ai eu besoin de te porter secours.
Un silence lourd tomba. L'autre cligna des yeux. Un battement, deux. Puis il détourna à nouveau le regard. Il ne répondit pas. Mais il ne protesta plus non plus.
Et dans cette absence de mots, Riley comprit qu'il avait franchi une ligne invisible. Il ne savait pas encore s'il venait de gagner quelque chose... ou de tout compliquer.
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SILVER
RomanceEt si l'attirance naissait dans les zones d'ombre ? Riley, 17 ans, discret et observateur, connaissait les règles du lycée : éviter les ennuis, rester dans sa bulle et ne jamais croiser le chemin des Lidows, le groupe de délinquants le plus craint d...
