Le couloir semblait plus long que d'habitude. Ou peut-être que c'était lui, qui traînait les pieds.
Riley avançait lentement. Son flanc le lançait à chaque pas. Un bandage lui serrait la cage thoracique. Mais rien n'était aussi douloureux que ce vide dans sa poitrine.
Adrian était parti. Comme s'il s'était dissout dans l'air.
Et pourtant...
il le sentait encore partout.
Il s'arrêta un instant près d'un mur. Son souffle court. Son regard un peu perdu.
— Où est-ce que t'es allé...
Il n'avait pas de piste. Aucun indice. Aucune certitude. Mais quelque chose dans son ventre — un instinct, un appel, une sorte d'écho intérieur — le poussait à continuer.
Il traversa les couloirs. Passa devant les salles de repos, les escaliers de secours. Les néons bourdonnaient au-dessus de lui. Et peu à peu, la foule disparut. Il atteignit une aile plus calme. Plus vide. Le genre d'endroit où on allait pour fuir les regards. Pour ne plus être entendu. Pour ne plus être vu.
Exactement là où Adrian aurait pu aller.
Il descendit un dernier escalier, hésita devant une double porte vitrée. Et là. Dans ce couloir d'ombre et de silence...
Il le vit.
Assis par terre.
Dos contre le mur.
Les genoux relevés.
Les bras ballants.
Et le regard...
vide.
Pas en colère. Pas sur la défensive. Pas fermé comme à son habitude. Juste...
brisé.
Riley s'arrêta net. Ses mains tremblaient légèrement. Il ne savait pas s'il devait parler. Ou même s'approcher. Mais une chose était sûre : Il n'avait jamais vu Adrian comme ça.
Pas même lors de leur toute première rencontre.
Pas même lorsqu'il l'avait soigné.
Pas même lorsqu'il l'avait trouvé blessé et à terre.
Et cette vision, de ce regard éteint, fuyant... ça le transperça.
Il avança. Doucement. Pas à pas. Ses chaussures faisaient à peine du bruit. Adrian ne leva même pas les yeux.
Quand Riley arriva à quelques mètres,
il s'arrêta.
Comme pour laisser une chance à Adrian de réagir.
De s'enfuir.
Mais il ne bougea pas.
Alors Riley prit une inspiration.
— Je t'ai cherché.
Pas de réponse.
— J'ai rien préparé. Rien à dire. J'suis même pas sûr de comprendre ce que je ressens, là, tout de suite.
Toujours rien. Mais Riley n'attendait pas une réponse.
Il s'accroupit lentement à côté de lui, grimaçant légèrement à cause de ses côtes.
Il ne le toucha pas. Il ne le força pas. Il était juste là, avec lui. Et le silence, pour la première fois, n'était pas un mur.
C'était un lien.
Adrian cligna lentement des yeux.
Sa gorge se contracta.
Ses mains restèrent inertes.
Mais enfin, très lentement, il tourna la tête vers lui.
Leurs regards se croisèrent.
Et tout ce qui n'était pas dit était là, entre eux. Un échange silencieux, suspendu au bord du vide. Riley avait l'impression d'être devant un mur. Un Adrian qu'il ne reconnaissait plus. Et pourtant, plus vrai que jamais.
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SILVER
RomanceEt si l'attirance naissait dans les zones d'ombre ? Riley, 17 ans, discret et observateur, connaissait les règles du lycée : éviter les ennuis, rester dans sa bulle et ne jamais croiser le chemin des Lidows, le groupe de délinquants le plus craint d...
