Chapitre 55 : Fallen angel

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I'll hold you when things go wrong |

Recollons les morceaux, tombons amoureux, essayons
Mais tu ne seras jamais seule
Je serai avec toi du crépuscule jusqu'à l'aube

ZAYN, Sia – Dusk till dawn 

Je n'ai jamais cru au destin

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Je n'ai jamais cru au destin. Je n'ai jamais pensé qu'un évènement se produisait parce qu'il devait se produire, que c'était écrit quelque part. Jusqu'à ce que je rencontre Honey, jusqu'à ce qu'elle débarque dans ma vie tel un boulet de canon. Elle n'a pas que chamboulé mon cœur d'une manière que je n'aurai jamais imaginé possible, elle a aussi bouleversé mes principes et mes croyances. J'étais persuadé de ne plus pouvoir aimer après Aurélia, pas autant que j'aime cette brune à l'odeur vanillée. Elle m'a poussé à croire au destin. Celui de deux personnes qui se rencontrent. Qui existent à travers la musique, qu'elle les lie. Qui se ressemblent à un tel point que ça en devient effrayant.

Je n'aurais pas dû sortir au bar, ce soir. Après une telle dispute avec ses parents, toute personne saine d'esprit aurait obéi. Il ne s'agissait ni d'une petite voix qui me soufflait à l'oreille de m'en aller, ni de ma propre volonté d'être provocateur pour obliger mon père à voir les choses en face, ni d'une force invisible qui m'y poussait. J'en ai ressenti l'envie, alors qu'il pleuvait des cordes, alors que je souffrais. Ça n'aurait pu constituer qu'un désir de boire, mais en observant le corps allongé de cette fille qui a chamboulé mon cœur dans la rue, je sais que ce n'était pas que ça. La connexion qui nous relie m'a ramené à elle, inévitablement. Peut-être pour la simple et bonne raison de lui sauver la vie, lui éviter l'hypothermie.

Il pleut moins que ce que j'ai aperçu à travers la fenêtre du bar. Mais c'est évident qu'il est hors de question que je l'abandonne ici, que je rentre chez moi comme si tout allait bien, sous prétexte qu'elle n'accepte plus que je l'approche. Si je ne veux pas qu'elle meurt par ce froid, tant pis pour l'ordre qu'elle m'a donné. Je me contenterai de la ramener chez elle.

Elle a semblé avoir réagi à mon premier appel, mais peut-être pas assez. Je m'agenouille devant elle et répète son prénom, heureux de ne pas l'avoir oublié à cause de l'alcool. Que je sois capable de tenir debout relève du miracle, quand on sait le nombre de verres que j'ai sifflé.

Honey se redresse comme si elle s'échappait d'un cauchemar. Ses yeux verts captent les miens presque instantanément et s'y accrochent pour ne pas se perdre dans le tourbillon de mauvais souvenirs qui l'assaillent. Son visage est mouillé, à cause de la pluie, mais aussi de ses larmes si j'en crois ses prunelles rougies. C'est comme si elle se trouvait encore coincée dans son rêve, comme si elle ne se rendait pas compte que je me tiens en face d'elle. J'y lis même ce que je crois être du soulagement.

— Honey, tu ne peux pas rester là. Viens, je vais te raccompagner chez toi.

Elle refuse en secouant sa tête si fort que je crains qu'elle ne se décroche.

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