Mais Bertrand ne va-t-il donc ne jamais laisser Delph tranquille ? Après s'être attaqué à elle, il s'en prend à Léandre. Pourquoi la déteste-t-il autant ? Delph a sa petite idée, c'est un enquêteur, il ne peut donc pas ignorer son passé et ce n'est pas la première fois qu'elle vivrait une discrimination en raison de sa santé mentale. Mais Léandre n'a pas à souffrir lui aussi de ses a priori.
— Ce n'est pas lui, il n'a rien fait donc laissez-nous tranquille maintenant.
La mâchoire de Delph reste crispée pendant qu'elle prononce ces quelques mots, ses poings se serrent mais elle parvient à rester calme, du moins en apparence.
— Oh tu as l'air bien sûre de toi, tu dois être informée alors... Donc tu sais ce qu'il a fait hier soir ?
— Hier soir ? Répète Delph tel un perroquet.
Elle ne comprend pas pourquoi Bertrand parle de la veille, ce serait-il passé quelque chose ? Soudain les craintes viennent assaillir la pauvre jeune femme.
— Lou va bien ? L'avez-vous retrouvée ? Où est-elle ?
Ce flot de questions vient faire froncer les sourcils de Bertrand et ses yeux se perdent sur l'étrange créature face à lui.
— Hein ? Mais de qui tu parles ?
Ses ongles s'enfoncent encore plus dans les paumes de Delph, la colère devient difficile à contenir. Comment Bertrand ne peut-il ne pas se souvenir de Lou ? Il l'a déjà oublié malgré le scandale qu'elle a provoqué il y a quelques heures à peine. Mais Delph ne doit pas s'énerver, elle sait qu'à la moindre saute d'humeur sa liberté sera en danger.
— Lou, mon amie qui a disparu. Je vous en ai parlé hier.
— Ah le travelo ? Mais on s'en fout de lui. Ce qui s'est passé est bien plus grave. Ton petit ami va aller en prison pour le restant de sa vie. Et ne compte pas sur nous pour le traiter avec bienveillance. Il aura ce qu'il mérite.
— Mais que c'est-il passé à la fin ?
Le ton de Delph monte dans les aigus, son exaspération ne peut plus se cacher derrière les apparences. Mais elle se ressaisit immédiatement, toujours dans le contrôle, dans l'attente d'une réponse qui tarde à venir.
— Notre...
Les larmes montent aux yeux de Bertrand, il tapote donc sur l'épaule d'un policier inconnu de Delph et lui indique d'un geste de la main Delph.
— Tiens explique, lui, à ma place, je n'ai pas de temps à perdre avec elle.
Delph se retrouve donc face à un homme inconnu qui la regarde les yeux pleins de haine à son égard. Ils ne se connaissent pas, ils ne se sont jamais parlé, ils ne se sont jamais croisés, mais il la déteste quand même. Elle ne mérite pas cela. Il lui lance alors ces paroles tel un cobra crache son venin.
— Il a tué Arthur cette nuit.
Le cœur de Delph s'arrête. Elle ne sait pas ce qui la choque le plus, l'annonce de la mort d'Arthur ou bien qu'elle ait pu croire, lors d'une milliseconde, que Léandre ait pu en être capable. C'est vrai qu'il était hors de lui hier, c'est vrai qu'il a disparu. Mais c'est impossible qu'il ait pu réaliser un acte aussi horrible.
Delph connaît Léandre depuis si longtemps, elle sait qu'il n'est pas comme ça. Il n'a jamais été violent, il n'a même jamais crié sur elle. Il peut lui arriver d'être énervé, mais sa colère est toujours froide et se calme d'elle-même avec le temps.
Mais c'est aussi la première fois qu'elle a vu Léandre dans un tel état. Il n'avait jamais été aussi déçu de Delph, il n'avait jamais disparu toute une nuit, il n'avait jamais demandé à Delph de ne pas lui parler.
Mais il a cru que sa petite amie le trompait, n'est-ce donc pas une réaction légitime ? N'importe qui aurait pu souhaiter prendre du temps pour soi. D'autant plus qu'il a lui aussi vécu une journée riche en émotion avec la disparition de Lou et son altercation avec Arthur. Il a eu besoin de se reposer, c'est tout et cela est totalement normal. Mais jamais il ne ferait de mal à qui que ce soit. Il est donc maintenant calmé et va bientôt rentrer, il pourra alors s'expliquer et sera innocenté. Car oui il était forcément quelque part.
Et Delph ne pensait pas si bien dire, car elle entend alors des pas dans les escaliers. Rien qu'au son elle sait qu'ils ne sont pas ceux d'un énième policier mais bien ceux de son amoureux, elle pourrait les reconnaître entre mille. Elle le connaît si bien, que même le bruit de ses pas est familier pour elle.
Elle aimerait lui crier de fuir, mais sa raison lui rappelle que cela n'est pas nécessaire. S'il part il sera alors un fugitif, mais s'il reste, il pourra s'expliquer, donner son alibi et être innocenté. Delph reste donc calme et attend qu'il pénètre dans leur petit appartement.
Mais même si elle le connaît par cœur, quand Léandre passe le pas de la porte, Delph est surprise. Léandre est allé chez le coiffeur pour éclaircir ses cheveux, il a voulu être beau et peut-être que cela était même pour reconquérir sa petite amie ce qui réchauffe le cœur de Delph dans ces moments douloureux. Leurs regards se croisent et Delph rencontre alors la stupéfaction de Léandre.
— Delph que se passe... N'a même pas le temps de finir Léandre.
— Léandre Mica, je vous arrête pour le meurtre d'Arthur Carrius.
— Hein ? Comment ? Non c'est impossible. S'insurge le pauvre accusé.
Bertrand serre alors avec violence les menottes autour des poignets de Léandre et vient lui dire à l'oreille.
— Garde ta salive mon garçon, ton ADN a été retrouvé sur la scène du crime. Tu es fait, peu importe ce que tu diras tu iras en prison.
Le regard paniqué, Léandre cherche du réconfort dans celui de Delph mais elle ne peut lui offrir que la même réaction. Elle non plus ne comprend pas, mais à l'incompréhension se mêle aussi la surprise.
Bertrand a-t-il parlé d'ADN ? Comment cela peut-il être possible ? Léandre et Arthur ne se fréquentaient pas, ils ont certes eu une conversation hier mais il y aurait pu y avoir un échange d'ADN à ce moment ? Ils ont juste eu une seul contact, quand Arthur a donné son téléphone, mais c'est tout. En dehors de ça, ils se tenaient à plus d'un mètre l'un de l'autre, cela semble donc peu probable pour Delph.
Donc comment la police a-t-elle pu en trouver ? D'où peut bien venir cet ADN ? Et surtout, comment s'en sortir avec une preuve réputée si solide ? Car oui, il faut que Léandre s'en sorte, Delph sait au fond d'elle-même qu'il ne peut pas être coupable. Tout cela n'est donc qu'une erreur, une terrible erreur.
C'est donc pleine de désespoir que Delph voit celui qu'elle aime partir, escorté par de nombreux policiers qui poussent le pauvre animal comme s'il n'était que du bétail.
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Allumette
ActionCommencez ce roman policier par la fin. Et voyons si cela vous aidera à démasquer le ou les coupables. «Cette personne vient de mourir. Pour la seconde fois.» Intrigant non ? Et pourtant ici pas de magie ni zombie. Pourrez-vous résoudre ce mystère...
